CLAP DE FIN POUR LA FAMILY ON THE ROAD

J’ai repoussé l’écriture de cet article jusqu’au dernier moment, comme pour l’empêcher d’arriver. C’est donc dans le terminal de Toronto, en attente de notre dernier vol direction Barcelone, que je m’apprête à relater une dernière fois nos aventures.

Après avoir quitté le parc national de Jasper, nous avons pris la route pour nous rapprocher de Vancouver. Nous avons roulé toute la journée et passé la nuit « en sauvage » au bord d’une rivière.

Mais avant d’arriver à Vancouver, nous avons fait une escale à Whistler, LE spot de VTT de renommée internationale. Quand nous sommes arrivés, nous avons eu la surprise de constater que se tenait une grande compétition rassemblant tous les meilleurs riders du moment : la Crankworks. Résultat : beaucoup, beaucoup de monde et une ambiance semblable à celle du Roc d’Azur. Tout le monde (homme, femme, enfant) est à vélo et il y a des stands partout. Nous croiserons même certains grands noms du VTT français. Dans de telles conditions, difficile pour mes trois riders d’imaginer ne pas faire de vélo ! Après avoir tourné dans plusieurs magasins, Nico finit par trouver des vélos à un prix raisonnable. Les enfants sont évidemment ravis. Il y a une super pumping track (une piste aménagée avec des bosses) en libre accès. Des jeunes de tout âge s’y amusent et Téva et Malie se joignent à eux. Au bout de 200 tours de piste, Nico leur propose de les emmener sur des chemins, près du Lost Lake. Je les rejoins à pieds puis chacun repart de son côté. Après le tour de vélo, retour à la pumping track. Ils en profitent jusqu’à ce qu’il soit temps de rendre les vélos. Nous passons la nuit près de Whistler en compagnie d’autres vans et camions, encore une fois au bord d’une rivière. Les journées suivantes à Whistler se sont déroulées à peu près de la même façon. VTT, balade dans la ville, VTT, pique-nique, VTT,… vous suivez? Nous avons quand même pris le temps (bon d’accord, il pleuvait et ils ne pouvaient pas faire de vélo) de poser devant les anneaux Olympiques car, en plus d’être une station réputée pour le VTT, Whistler a également accueilli les Jeux Olympiques d’hiver en 2010. Bref, je crois que nos trois riders se sont vraiment régalés à Whistler. Seul regret, les épreuves n’étaient pas vraiment accessibles et nous n’avons pas vu grand chose hormis les arrivées des riders. En revanche, nous avons suivi quelques épreuves sur internet depuis notre maison de Vancouver et les enfants étaient tout fier d’avoir « ridé » au même endroit que « Pompon » (Myriam Nicole), championne française qui est dans le même club de VTT qu’eux.

Après Whistler, nous avons fait escale à Squamish où nous sommes allés voir une belle cascade avant de faire une randonnée difficile avec beaucoup de dénivelé. Il y avait de grandes marches, des échelles et même des chaînes pour grimper mais le point de vue valait en valait . Une partie du secteur était bouclée car la veille avait eu lieu un acte de sabotage : quelqu’un avait sectionné le câble retenant les télécabines installées depuis 3 ans et qui ne servent qu’à monter les touristes jusqu’au point de vue. Sans doute quelqu’un opposé à ces télécabines… Pas de victimes heureusement mais un gros manque à gagner pour la ville je suppose. Le soir, nous avons passé notre dernière nuit avec Hervé dans un petit camping fréquenté par les grimpeurs du coin. Les enfants ont pu faire de la slack et Malie a partagé une petite séance de yoga avec moi. Une dernière soirée sympathique avant d’investir la maison de Faith. Nous sommes déjà un peu nostalgiques de notre vie de nomades et même si Hervé nous en a fait voir de toutes les couleurs, nous y avons quand même passé de très bons moments.

Chez Faith, il nous a fallu vider le camion entièrement. Ce ne fut pas une mince affaire car même en seulement deux mois, nous avons accumulé pas mal de choses! Mais tout le monde s’y est mis. Nico lui a offert un bon nettoyage pendant que je le bichonnais pour le présenter sous son meilleur jour. Nous n’avions qu’une seule touche : un couple de jeunes mariés intéressé par Hervé pour voyager comme nous l’avons fait. Nous avions convenu que seul Nico irait à Seattle (vendre un véhicule américain au Canada étant particulièrement compliqué, nous avons opté pour une ville américaine frontalière) et rentrerait en bus une fois Hervé vendu. Nous avons eu beaucoup de chance. Le couple a craqué sur Hervé et l’a acheté de suite, presque sans discuter. Nico a ainsi pu rentrer le soir même. C’était le meilleur scénario possible pour nous. Presque inespéré…

Hervé vendu, il ne nous restait plus qu’à profiter de Vancouver et de ses environs.

Nous ne sommes pas vraiment fans de grandes villes mais nous ne pouvions pas passer à côté de la visite de Vancouver. Toute la journée nous avons sillonné les rues du centre ville à pieds. Nous avons commencé par le quartier de Chinatown et sa fameuse porte impériale. Puis nous nous sommes promenés dans le vieux centre-ville et avons admiré le mécanisme d’une vieille horloge à vapeur. Comme nous n’avions pas envie de nous charger pour marcher toute la journée, nous n’avions pas pris le pique-nique et à l’heure du déjeuner nous nous sommes rabattus sur un bon vieux McDo, option de loin la moins chère. Nous avions déjà remarqué que les québécois évitaient scrupuleusement tout recours à l’anglais, mais là, cela nous a fait franchement sourire : alors que je déballais mon MacPoulet, Nico engloutissait son Quart de Livre! Trop drôle !

Nous avons poursuivi notre découverte de la ville par Canada Place, un bâtiment en forme de bateau depuis lequel nous avions une belle vue sur les montagnes et qui abritaient de jolis totems. Puis tout le monde a posé devant le fameux chaudron Olympique, foyer de la flamme lors des jeux de 2010. Enfin, nous nous sommes régalés d’une bonne glace sur la plage avant de prendre le chemin du retour. Vancouver est une jolie ville où il fait bon flâner.

Comme nous étions tous un peu fatigués, nous avons ralentis le rythme et espacé les visites. Mais nous sommes tout de même allés jusqu’à Hope, petite ville tranquille où se tenait le grand concours de … sculpture à la tronçonneuse ! Franchement bluffant tous ces bûcherons capables de donner vie à de simples troncs grâce à leurs tronçonneuses. Impressionnant. Les sculptures étaient ensuite vendue aux enchères à bon prix. Après l’art des bûcherons, nous avons apprécié celui des ouvriers qui ont creusés des tunnels à travers la montagne pour permettre au train de relier un côté du Canada à l’autre. Même si aujourd’hui les rails ont été retirés, les lieux ont quelque chose de magique et auraient d’ailleurs servis de décor à un film de Rambo (sans doute un chef-d’œuvre du cinéma, …).

Pour nos derniers jours, nous nous sommes contentés d’aller à la plage et de faire nos sacs, ce qui ne ce fit pas sans difficultés vu tout ce que nous avons accumulé au fil du voyage. Pépé Pierre a intérêt à vider son coffre!

Alors voilà, le voyage se termine là mais pas notre histoire. Ce que nous avons vécu, personne jamais ne pourra nous l’enlever. Nous rentrons «allégés » de quelques deniers mais riches d’expériences, de rencontres et de moments partagés. Le retour à la réalité va être dur, d’autant plus dur que notre petit chien nous a quitté 15 jours avant notre retour. C’est dur de savoir que nous ne le reverrons pas. Dur aussi de savoir que nous allons inévitablement retomber dans cette routine que je trouvais autrefois rassurante, même si elle sera forcément différente. Mais nous nous consolons en nous disant que nous allons retrouver nos proches. Nous aurons de belles histoires à nous raconter, à VOUS raconter, même si vous savez presque déjà tout.

Encore une fois, merci du fond du cœur pour tous vos messages, vos encouragements et votre soutien. C’était bon de savoir qu’à l’autre bout de la planète vous suiviez nos aventures. C’était toujours un plaisir de découvrir vos commentaires.

Merci aussi à tous ceux qui nous accueillis à bras ouverts, invités à leur table ou à découvrir les merveilles de leurs pays alors qu’ils ne nous connaissaient même pas. C’est ça aussi qui fait la beauté de notre aventure.

Je vous dis à très bientôt.

Et pour la dernière fois, c’est avec beaucoup d’émotion que je vous dis : PORTEZ VOUS BIEN.

Si vous pensez que le Canada c’est des sapins et des lacs… vous avez raison !

Nous avons quitté le parc de Banff momentanément pour visiter le parc voisin de Yoho. Nous sommes partis assez tôt car nous devions vidanger les eaux usées et faire le plein d’eau avant d’aller au lac Emeraude, où il est encore recommandé d’arriver de bonne heure pour espérer avoir une place. Nous trouvons, comme souvent, une aire de vidange gratuite et nous vidangeons alors que les enfants dorment encore. Avant de nous rendre au lac, nous passons par le centre des visiteurs pour récupérer les fameux livrets d’explorateurs puis nous nous rendons au lac. Quand nous y arrivons, il ne reste qu’une seule place, juste pour nous. Nico descend prendre quelques photos pendant que les enfants se réveillent en douceur. Après le petit déjeuner, nous entreprenons de faire le tour du lac, vert émeraude, comme son nom l’indique. Comme ses cousins de Banff, lui aussi a une couleur fabuleuse et on ne se lasse pas de le prendre en photo. La balade de 6 km ne présente aucune difficulté et permet d’apprécier le lac sous différents angles de vue. Puis, dans l’après-midi, nous descendons tout au bout du parc pour aller voir la cascade Wapta. Il s’agit d’une cascade large de 150 mètres, ce qui est plutôt rare. Il y a peu de monde et nous prenons notre temps. Nous sommes obligés de sortir du parc pour passer la nuit et nous en profitons pour faire une machine et quelques courses mais le coût de la vie aux abords du lac est élevé et nous nous contentons du minimum. Nous passons la nuit sur un parking de station service. Ce n’est pas glamour mais c’est gratuit. Nous avons plus de mal à trouver des endroits gratuits pour dormir au Canada, contrairement aux Etats-Unis où l’Etat met de nombreux terrains à disposition des campeurs. En revanche, il existe davantage de solutions assez bon marché pour dormir dans les parcs. Du coup, l’un dans l’autre, ça se compense un peu.

Le lendemain, nous faisons le plein d’essence et de propane puis nous retraversons le parc de Yoho en ne manquant pas de nous arrêter à l’office de tourisme pour que les enfants récupèrent leur médaillon. Cette fois-ci; on leur fait prêter serment en français et ils se prennent au jeu. Ils en sont déjà à trois pendentifs et comptent bien en récolter un quatrième dans le parc de Jasper, notre prochaine étape. Mais avant d’atteindre ce parc, nous passons une dernière journée dans le parc de Banff, à la découverte des lacs Bow et Peyto qui bordent l’impressionnante route des Glaciers. Sur le trajet, Téva nous dit qu’il a vu un petit ours sur le bord de la route et quelques kilomètres plus loin, de nombreux véhicules sont arrêtés sur le bas-côte, signe qu’il y a certainement des animaux sauvages non loin de là. Et en effet, nous avons vu une maman ours et ses deux petits oursons se régaler de baies juste au bord de la route. Si les oursons étaient trop mignons, la maman ours ne faisait pas rigoler. Elle était vraiment massive et paraissait puissante. Cette fois-ci, j’ai apprécié le spectacle… depuis le camping-car! Pas question pour les enfants ni pour moi de sortir car ils étaient vraiment très près. Nico, toujours intrépide a immortalisé le moment en prenant quelques clichés. La route des glaciers est littéralement bordée de glaciers. C’est un peu comme si nous étions en haute montagne sauf qu’on passe au pied des glaciers en voiture! Et il y en a énormément. Au lac Bow, nous faisons une randonnée facile mais assez longue qui nous conduit au pied d’une jolie cascade. Le temps est très changeant est nous passons du vent au soleil puis à la pluie. Mais nous ne prenons que quelques gouttes, pas de quoi nous décourager. Puis nous allons observer le lac Peyto depuis un belvédère prévu à cet effet et accessible en 10 minutes seulement par un chemin goudronné. Une fois de plus, le lac est superbe et se termine de surcroit au pied d’un glacier. Nous n’avons ensuite que quelques kilomètres à faire pour rejoindre le parking d’un hôtel à l’intérieur du parc qui autorise les camping-cars à y passer la nuit. Juste à côté de nous, un couple de grand-parents passent la nuit dans un minuscule pick-up encore plus pourri que le nôtre, ce qui ne manque pas de nous faire sourire en nous demandant si nous serons capable de faire la même chose à leur âge. Mais le clou de la soirée fut quand un énorme camping-car a débarqué avec à son bord … 10 enfants et leurs parents. Au vu de leur tenue (chemise, pantalon en tissu épais et bretelles pour les garçons, robe noire qui arrive à la cheville et fichu sur la tête pour les filles) nous pensons qu’il s’agit d’une famille de Amish et nous hallucinons quand nous les voyons descendre du camping-car! Les enfants n’en revenaient pas!

Après avoir passé une nuit tranquille, nous avons emprunté la magnifique route des glaciers. Nous sommes allés jusqu’au champ de glace où nous avons garé Hervé sur le parking réservé aux camping-cars, au pied du glacier Athabasca. Le fond de l’air est frais (la-hi-oh, la-hi-oh) et il y a du vent. Du coup, après avoir pris notre petit-déjeuner, nous avons ressorti les bonnets et les gants puis nous nous sommes aventurés jusqu’au front du glacier. Des marqueurs jalonnent le parcours jusqu’au glacier, témoin de son recul au fil des décennies. Rien qu’entre notre naissance et aujourd’hui, le glacier a reculé de plusieurs centaines de mètres. C’est impressionnant! A ce rythme-là, nos petits enfants ne trouveront plus rien là où se tenait autrefois une majestueux glacier. De retour, nous nous arrêtons au centre pour les visiteurs du champ de glace et nous y visionnons un joli film sur le glacier. Une exposition ludique et bien faite nous en apprend également plus sur la vie des glaciers. L’après-midi, nous faisons une courte randonnée que Nico terminera en courant pendant que les enfants complèteront leur livret sur la promenade des glaciers. Nous tâchons de revenir assez tôt sur le parking des camping-cars car nous ne sommes jamais sûrs de trouver de la place mais nous trouvons facilement de quoi nous garer et nous y passons la nuit.

Une nuit bien fraîche car nous sommes au plus haut du parc de Jasper, au pied du glacier. Nous poursuivons notre promenade des glaciers et nous nous arrêtons aux chutes Sunwapta. Il suffit de faire quelques mètres pour admirer les chutes supérieures Nous empruntons ensuite un sentier qui nous conduit à trois autres chutes. C’est toujours impressionnant de voir la puissance de l’eau à l’oeuvre. Bien que nous soyons dimanche, nous sommes seuls sur la balade, ce qui est appréciable car rare! Les parcs de Banff et Jasper sont très populaires au Canada et par conséquent très fréquentés. A tel point que de nombreux campings sont pleins. Nous en avons justement repéré un sur la carte qui fonctionne selon le système du « premier arrivé, premier servi » et qui ne coûte pas plus cher que l’aire sur laquelle nous avons passé la nuit d’avant. Comme le parc est grand, nous essayons d’optimiser les déplacements et de ne pas revenir sur nos pas. Nous tentons donc notre chance. Il est un peu plus de 11 heures du matin quand nous arrivons. Il reste deux emplacements à l’entrée du parking. Nous envoyons les enfants en mission pour qu’ils gardent une des places pendant que nous faisons le tour du camping pour voir s’il y a d’autres emplacements. Rien! Tout est plein! Quand nous revenons, une voiture prend une des deux places et nous prenons l’autre, trop heureux d’avoir un emplacement. Du coup, nous payons pour deux nuits car nous ne sommes pas très loin de Jasper et nous allons rayonner à partir du camping. Après avoir payé, nous allons voir les majestueuses chutes d’Athabasca, très courues des touristes car immédiatement accessibles depuis le parking. Une fois encore, nous profitons du spectacle que nous offre la nature, impériale, comme toujours. Après le déjeuner, nous vidangeons et faisons le plein d’eau (nous n’avons pas un gros réservoir et il faut passer pas la case « dumping » assez fréquemment). Puis nous randonnons sur la boucle des « 5 lacs » qui nous promène autour de … 5 lacs, tous plus beaux les uns que les autres. Nous prenons des milliers de photos qu’il faudra trier un jour ou l’autre puis direction le camping. Travail, jeux et BBQ seront au programme de la soirée, un peu gâchée par la présence de vilains moustiques.

La journée suivante fut un peu en demi-teinte. Les enfants (et moi!) avons dormis jusqu’à 10 heures! Ça fait du bien pour une fois de ne pas avoir à se presser le matin pour libérer l’emplacement. Nous avons pris notre temps et nous nous sommes ensuite rendus au lac Pyramid. Malheureusement, la randonnée que j’avais choisie s’est révélée un peu décevante. Empruntant la plupart du temps un chemin sur lequel passent les chevaux, le sentier boueux nous a tout de même menés jusqu’à un beau point de vue sur les lacs Patricia et Pyramid. Au retour, nous nous sommes trompés de chemin et avons du faire un gros détour dans un décor moyen avant de retrouver le bon sentier. Nous avons terminé la randonnée en longeant le lac mais aussi … la route. Bref, la description alléchante du prospectus nous a induit en erreur et nous n’avons pas tellement apprécié la randonné. Ou bien nous devenons difficiles. Nous avons vu tellement de belles choses qu’une balade ordinaire nous paraît moyenne… L’après-midi, nous nous sommes promenés dans la ville de Jasper et nous avons fait quelques achats. Nous nous sommes également fait un petit plaisir en nous offrant une délicieuse glace.

Pour notre avant dernière journée dans la parc de Jasper, nous avons eu de la pluie toute la journée. C’est vraiment la première fois que nous ne pouvons rien faire à cause du temps. Pour nous occuper, nous nous sommes rendus au musée de la ville qui explique très bien l’histoire de la région. Puis nous avons rapidement établi le campement sur une aire de camping-cars où nous avons fait travailler les enfants. Enfin, pour achever cette journée de pause forcée, toute la famille a regardé un petit dessin animé. On a connu pire…

Le lendemain, le temps plus clément nous a permis de randonner autour du lac Maligne. Nous trouvons que les lacs sont bien plus beaux dans le parc de Banff. Selon nous, l’intérêt principal de Jasper réside surtout dans ses glaciers et ses cascades. Un dernier arrêt pour vidanger, un autre à l’office du tourisme pour récupérer les fameux médaillons d’explorateurs (les derniers) et nous quittons le parc national de Jasper.

Tout a un goût de dernière fois : derniers médaillons, dernier parc national, dernière semaine dans le camping-car (nous avons réservé une maison pour notre dernière semaine à Vancouver, le temps de vendre Hervé). A l’heure où certains entament à peine leurs vacances, notre formidable périple touche à sa fin et les émotions se bousculent. Entre nostalgie de cette aventure extraordinaire et impatience de retrouver les uns et les autres, nous tâcherons de profiter de ces deux dernières semaines avec la même fougue et la même envie qui nous habitent depuis le début du voyage.

A très bientôt pour la suite de nos aventures canadiennes. D’ici là, portez-vous bien.

PS : la vidéo de la semaine 2 est montée mais la connexion est trop faible pour que je puisse la charger. Il faudra attendre encore un peu…

DERNIER PAYS DE NOTRE PERIPLE : LE CANADA

Le passage de la frontière fut une simple formalité. A chaque fois, je stresse pour rien. J’ai du être une immigrée clandestine dans une autre vie. Mais dans celle-ci, j’ai un passeport français et ça aide beaucoup. Un simple tampon plus tard et nous voilà au Canada. Les paysages ressemblent encore à ceux des Etats-Unis mais ici, tout est écrit dans les deux langues, en français et en anglais, et de nombreuses personnes parlent français.

Nous avons commencé par nous rapprocher de Calgary où nous avons passé pas mal de temps à régler de petits soucis. Tout d’abord, il nous a fallu remplacer un lanterneau, arraché par le vent sur la route. Nous avons trouvé un magasin de camping-cars accessoiriste et Nico a brillamment remplacé le lanterneau. Il nous a fallu ensuite acheter une carte SIM pour nos téléphones, ce qui ne s’est pas fait sans mal. Le premier opérateur ne proposait pas de cartes prépayées, le second n’en vendait qu’aux canadiens et le troisième enfin a bien voulu nous en vendre une mais il a quand même fallu qu’on fournisse une adresse sur place. Nous avons fourni celle de notre futur logement à Vancouver. Puis il a fallu faire aussi une grosse machine. Bref, quand le linge fut enfin sec, il n’était pas loin de 19h30. Personne n’avait envie d’aller en ville, du coup nous avons opté pour un de nos chers parkings de Walmart, bien pratiques pour dépanner. Le lendemain, nous n’avons vraiment pas envie d’aller visiter la ville de Calgary (à tort peut-être) et après avoir fait les courses, nous sommes partis pour le parc national de Banff. Le parc est immense et il est collé à d’autres parcs nationaux. Comme il est interdit de faire du camping sauvage dans les parcs, il va nous être compliqué de trouver des endroits pour la nuit et nous allons être obligés de faire quelques nuits en camping ou sur des parkings payants. Mais bon, vu qu’on n’a payé qu’une seule nuit aux Etats-Unis et que l’essence est un peu plus chère que chez l’oncle Sam, nous nous disons qu’il vaut peut-être mieux en passer par là plutôt que de faire des kilomètres pour trouver un spot.

Pour notre première après-midi dans le parc, j’ai fait une belle boulette. Nico était au téléphone pour réserver un camping et pendant qu’il donnait nos informations, nous nous faisions dévorer par les moustiques. Je suis donc rapidement retournée seule au camion pour prendre la bombe anti-moustique. Là-dessus, Nico arrive pour me demander ma carte de crédit, ce que je m’empresse de lui donner. Il finit la réservation et je lui demande s’il a récupéré les clefs du camion. Réponse de sa part : non. Je regarde alors par la vitre et vois le trousseau de clefs sur le tableau de bord. Evidemment, j’avais verrouillé toutes les portes. GLOUPS! Je n’en menais pas large et commençais déjà à envisager les difficultés à venir. Grâce à internet, nous trouvons le numéro d’un serrurier. Celui-ci ne répond pas. Nico s’y rend donc en courant pendant que je cherche une solution sur place avec les enfants. Nico me téléphone pour me dire qu’il y en aura pour 180$ de serrurier. Pas question! Il faut qu’on trouve une solution. En mode McGyver, je tords un porte-clefs avec lequel je parviens à crocheter la serrure d’un des coffres. Avec Téva nous vidons tout et à l’aide d’un couteau, je retire toutes les agrafes qui maintiennent le haut et le côté de la banquette-lit des enfants. Mais je m’aperçois alors que tout vissé donc impossible à ouvrir. En revanche, un des panneaux est en bois tout fin, facile à arracher. Nico fait péter le panneau et on envoie Malie se faufiler à l’intérieur pour enfin nous ouvrir et récupérer les clefs! Mission accomplie! Je n’en menais vraiment pas large… Heureusement, tout le monde s’y est mis. Bref, deux heures perdues sur le parking et un panneau arraché plus tard, nous partons à la découverte de Banff. Nous passons d’abord à l’office de tourisme pour avoir des infos et … récupérer encore d’autres livrets! Ici, il s’agit de livrets d’explorateurs, avec encore un badge à récolter. Et en plus, le livret est écrit en français et les enfants vont pouvoir être autonomes pour le remplir.

Nous passons notre première nuit sur un parking de la ville de Canmore, juste à la sortie du parc. C’est autorisé et nous sommes loin d’être les seuls. Seule contrainte : il faut être partis avant 7 heures du matin.

Les enfants restent au lit pendant que nous quittons le parking pour le parc de Banff où nous nous garons sur le parking des sources chaudes. Nous y prenons notre petit déjeuner avant de nous mettre en route pour une randonnée de 11 km avec 700 mètres de dénivelé positif. Nous faisons une partie de la randonnée avec une famille de français en vacances ici. Nous sommes presque les seuls, l’avantage de commencer tôt sa journée. On peut également atteindre le sommet en prenant un télécabine et quand nous arrivons en haut, il y a beaucoup de monde. Nous avons une belle vue sur la vallée et de nombreuses explications sur le parc. Les enfants complètent leurs livrets et nous redescendons au parking. Sur la fin de la randonnée, nous rencontrons la pluie, mais pour une fois, nous avions regardé la météo et pris nos k-ways. Nous déjeunons au camion puis pour récupérer de nos efforts, nous nous offrons une entrée aux bains chauds. Après tout, on a économisé 180$ de serrurier! Les bains portent bien leur nom car l’eau est très chaude, presque trop mais nous en profitons pour nous relaxer. J’ai décidément un problème avec les clés car j’avais également égaré celle de notre casier. Elle m’attendais sagement au porte-manteau de la douche…

Le soir, nous sommes retournés sur notre petit parking et nous avons fait un petit tour rapide dans la ville de Canmore.

Le lendemain, nous avons perdu un peu de temps. Un jeune couple de Québécois nous avait conseillé d’aller voir des lacs tout prêts de Canmore mais non seulement, nous n’avons rien trouvé à y faire mais en plus, le camion fait un drôle de bruit qui ne nous dit rien qui vaille. Après avoir pris le petit déjeuner dans le froid, nous décidons d’aller dans le parc de Banff pour faire d’autres lacs. Nous nous arrêtons d’abord au lac Johnson, superbe petit lac où nous pique-niquons. Puis nous faisons une petite balade le long du lac de Minnewanka avant de prendre possession de notre emplacement de camping à 42 $ la nuit. Je l’ai encore en travers de la gorge mais on a profité de notre emplacement au maximum. J’ai coupé (massacré serait plus juste) les cheveux de Nico, fait travailler les enfants, avancé sur le blog, puis les enfants et Nico ont fait un feu et nous nous sommes régalés de saucisses et de chamallows grillés.

Nous avons passé une bonne nuit et dormi jusqu’à 9h30! Tout le monde en avait besoin. Pancakes au petit déjeuner puis vidange du camion et plein d’eau. Nous avions prévu de faire le canyon Johnston mais Hervé fait encore ce bruit bizarre. Du coup, après un bref arrêt au superbe lac Two Jack, nous sortons une fois de plus du parc et nous nous rendons dans un premier garage qui nous renvoie sur un autre garage qui s’occupe des camping-cars. Nous tombons sur un gars sympathique qui comprend de suite que nous n’avons plus de liquide de direction. Il nous refait le plein et miracle, plus de bruit. Depuis que nous avons fait changer le moteur, nous sommes un peu paranos avec Hervé. En fin de compte, ce n’était pas grand chose mais il fallait mieux le faire voir. Après ce passage par la case garage, nous retournons au parc pour faire la balade que nous avions prévu de faire. Il s’agit d’une promenade le long d’un canyon. La balade est assez spectaculaire car nous marchons sur une passerelle accrochée à la paroi du canyon. Nous avons pu admirer deux jolies cascades mais il y avait énormément de monde car c’est un sentier familial accessible au plus grand nombre. En revanche, pour la suite de la randonnée, de niveau intermédiaire, il y avait nettement moins de monde. Nous avons vraiment l’impression que les gens viennent dans ce parc pour faire tout ce qui est accessible facilement mais pas vraiment pour randonner. Nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre mais nous avons eu une belle surprise car nous sommes arrivés dans un paysages magnifique parsemé « d’encriers », de charmantes petites sources naturelles. Malheureusement, nous ne sommes pas restés longtemps car de nombreux taons nous ont gâchés ce moment et nous ont forcé à rebrousser chemin. En revenant au camion, une autre mauvaise surprise nous attendait : un des pneus était franchement dégonflé. Par chance nous trouvons une station service dans laquelle nous avons pu regonfler le pneu et comme il avait l’air de tenir, nous avons repris la route jusqu’à un grand parking qui sert d’aire d’appoint pour camping-cars. C’est juste un parking et nous sommes tous les uns à côté des autres mais il est au départ des navettes pour le lac Louise, il y a de la place et il ne coûte « que » 10,80$.

Pour nous rendre au lac Louise, nous avons pris une navette. Une demie-heure de queue et 12 $ plus tard, nous avons pris place dans un authentique « school bus », comme les écoliers canadiens. Le lac Louise est fidèle à sa réputation. Il s’agit en effet d’un lac à l’eau d’un bleu-vert magnifique, au pied d’un glacier. Royal. Il y a énormément de touristes aux abords du lac mais comme nous l’avons déjà constaté, dès que l’on s’éloigne un peu il y a déjà nettement moins de monde. Nous empruntons un sentier qui nous mène d’abord au lac Mirror, puis au lac Agnès, deux petits lacs sympathiques puis nous prolongeons de 5 km pour atteindre la plaine des six glaciers. Il pleuviote mais rien de bien méchant et nous avons même droit à une accalmie le temps de manger. Après le déjeuner, Nico avait prévu de prolonger un peu la balade en solo en faisant un petit footing mais il pleut à nouveau et avec les enfants nous n’avons vraiment pas envie d’attendre dans le froid et sous la pluie. Toute la famille reprend donc le chemin du retour qui nous permet de longer le lac sur toute sa longueur. Superbe! Le soleil est revenu et nous nous arrêtons sur un banc pour que les enfants complètent leurs livrets d’explorateur avant de reprendre la navette pour le parking où nous avons laissé Hervé et où nous allons passer une deuxième nuit.

Pour vous rendre au lac Moraine, vous avez deux options : payer 28$ de navette ou vous lever à 5 heures du matin pour tenter de trouver une place. Nous avons choisi la deuxième option. Les enfants encore endormis, nous avons roulé jusqu’au lac pour nous rendre compte avec effroi que même à 5h45 du matin, le parking était plein. Scène complètement surréaliste! Nico a quand même réussi à se garer sur le bas côté mais très en pente puis est allé prendre des photos du lac au lever du soleil pendant que les enfants dormaient encore. Puis, très enthousiaste il revient nous chercher et nous allons à notre tour découvrir le lac. Et quel lac! Le plus beau que nous ayons vu, et de loin. Personnellement je le trouve encore plus beau que le lac Louise. Sa couleur est tout simplement irréelle, à couper le souffle. Il y a beaucoup moins de monde qu’au lever du soleil car les gens viennent ici très tôt pour prendre des photos puis repartent aussitôt. Nous sommes donc presque seuls et nous prenons notre temps. Puis, la faim se fait sentir et nous retournons au camion pour prendre un petit déjeuner. Nous réalisons alors que des places se sont libérées sur le parking officiel et Nico y déplace Hervé. Nous avons eu de la chance sur ce coup-là. Après le petit-déjeuner, nous faisons une petite randonnée jusqu’au sympathique lac Consolation où les enfants suivent un stage de « bouquetins » (pour ceux qui ne connaissent pas, cela consiste à sauter de rocher en rocher le plus vite possible) sous la houlette de Nico pendant que je fais quelques étirements au bord du lac. Après la pause déjeuner, nous faisons cette fois-ci une courte balade le long du lac, l’occasion pour nous de l’admirer sous toutes ses coutures. Puis Nico part faire son footing pendant que je fais travailler les enfants. Après avoir bien profité de l’extraordinaire lac Moraine, nous nous rendons au village du lac Louise afin que les enfants fassent valider leurs livrets d’explorateur. On n’est loin du protocole américain. La personne à l’accueil regarde à peine les livrets et remet à chaque enfant une espèce de médaillon sans qu’ils ne prêtent serment. Même si cette dernière partie ne leur manque pas, ils sont un peu déçus de ne pas avoir de badge et les livrets les intéressent moins. Ceci étant dit, quand on leur a demandé s’ils voulaient quand même faire ceux des autres parcs, ils ont répondu oui sans hésiter. Cela ne doit pas être si mal après tout… Nous retournons ensuite sur notre parking habituel pour la troisième nuit consécutive.

Demain, nous quittons le parc de Banff momentanément pour le parc voisin de Yoho.

J’avais de grosses attentes concernant le Canada et je ne suis pas déçue. Les paysages, qui rappellent un peu ceux des Alpes, sont magnifiques et les gens sont très sympas. Seul regret (surtout pour Nico), ne pas avoir nos vélos, kayaks et stand up paddles. Du coup, nous devons nous « contenter » de randonner (ce qui me satisfait pleinement) quand certains (comprenez Nico) aimerait faire du vélo ou du kayak. Enfin, il y a pire dans la vie! Et je vous invite vraiment à venir découvrir ce pays fantastique.

La connexion se faisant rare dans les parcs nationaux, je n’ai pas toujours le loisir de répondre à vos commentaires mais je peux les lire et comme d’habitude, ils nous font toujours plaisir. Bises à tous. A très bientôt pour plus de nouvelles et d’ici-là, portez-vous bien.

Et en bonus, la vidéo de notre première semaine au Canada. Enjoy!

DE LA RÉSURRECTION D’HERVÉ, DE L’AUTHENTIQUE COWBOY ET DU BISON

Avant toute chose, quelques nouvelles d’Hervé. Nous l’avons récupéré, non sans mal, en pleine forme et nous avons pu continuer notre périple sur les routes américaines au volant de notre bolide.

Pendant que le camion était en réparation, nous en avons profité pour visiter Maob et ses environs. Le premier jour, avant de récupérer la maison, nous avons fait une jolie balade qui menait jusqu’à une belle arche mais une partie du chemin était complètement à découvert et nous avons souffert de la chaleur.

Le lendemain, nous nous sommes lancés à la découverte de Canyonlands. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une terre de Canyons. Bien que les paysages soient magnifiques, nous n’avons plus l’effet de surprise que nous avions eu en découvrant Grand Canyon et ce parc suscite un peu moins l’intérêt des enfants. Mais ils apprécient quand même les différents points de vue.

Le jour d’après, Nico s’est loué un VTT et nous avons fait une journée « off » avec les enfants. Je les ai fait travailler, ils ont lu et joué et nous avons regardé un épisode de la célèbre série « Docteur Quinn, femme médecin », parfait pour se rendre un peu compte des conditions de vie de l’époque. Nico a fait plusieurs boucles le matin puis il nous a rejoint pour le déjeuner avant de repartir dans l’après-midi. Je le suivais sur mon téléphone grâce à une application ce qui me permettait de savoir où il était et si tout allait bien. On ne sait jamais ce qui peut arriver, surtout quand on roule seul dans un endroit inconnu. Même si son postérieur s’est souvenu de la sortie pendant quelques jours (pas de cuissard, ouch!!), notre passionné de VTT s’est régalé et aurait bien remis ça si cela n’avait pas été si cher.

Après cette journée au calme, nous avons visité une partie de Arches Park. Nous y sommes arrivés vers 3 heures de l’après-midi pour éviter le monde et la chaleur. Raté. Même s’il n’y a pas grand monde, il fait une chaleur décourageante. Nous faisons les points de vue faciles puis nous formons deux équipes. Malie, encore un peu malade reste avec son papa et je pars à la découverte de Delicate Arch en compagnie de Téva. La randonnée est assez facile mais il fait très chaud. Nos efforts furent récompensés car nous avons eu droit à une belle lumière sur cette arche magnifique. De plus, il n’y avait pas grand monde et nous avons pu en profiter pour faire des photos. J’aime bien marcher avec mon fiston. C’est l’occasion de discuter un peu avec lui car d’ordinaire, il n’est pas très causant. Il faut dire que sa sœur cause pour deux ! Puis à notre retour, Nico a fait la randonnée en courant pendant que j’emmenais les enfants admirer de magnifiques petroglyphes et visiter une cabane de pionniers.

Nous avons ensuite passé deux nuits à Durango, chez Kent Ford et Shawna, amis de longue date de la famille Salamé. Kent avait déjà hébergé la famille il y a 23 ans lors de leur périple dans l’ouest américain et avait également accueilli Sylvain (le frère de Nico) il y a une dizaine d’années. Et nous voilà 23 ans plus tard sur la même terrasse face à la rivière, mais cette fois-ci, le père de famille c’est Nico, accompagné de ses enfants et sa femme… Une fois encore, nous avons été très bien reçus. VTT, kayak, stand up paddle, piscine, pancakes et burgers de bisons, nous avons été gâtés. Nous avions fait envoyer les papiers du camion par les Jorda chez Kent et Shawna et ils sont arrivés en même temps que nous. Perfect timing.

Après ce court mais très agréable séjour, nous avons visité le parc national de Mesa Verde, situé sur notre route. Avec ce parc, nous sommes partis à la rencontre des indiens, les vrais et nous avons pu approcher leurs habitats de l’époque. D’abord les maisons creusées dans la terre (les « pit houses »), puis hors du sol, mélange de terre et de pierres, avant d’aller s’installer sous les falaises et d’y construire des bâtiments à plusieurs étages. Nul ne sait exactement pourquoi ils ont subitement quitté le site mais les villages encore en construction furent abandonnés au début des années 1300. Le diorama du musée nous a permis d’appréhender la vie de l’époque et la visite en général fut très instructive et nous a plongé au cœur des anciens villages indiens. Les enfants ont apprécié le parc et je pense qu’ils en garderont de bons souvenirs.

Pour notre dernière journée à Moab, nous sommes retournés à Arches Park où nous avons fait une très belle randonnée. Il y a un plus de monde que la dernière fois mais il fait moins chaud.

Quelques miles et quelques arches plus tard, nous quittons le parc direction Montecillo pour récupérer Hervé. Le propriétaire du garage nous avait donné rendez-vous à 6 heures. Nous sommes arrivés à 6h05 et avons trouvé porte close. Nous avions convenu que si le camion n’était pas prêt nous pourrions passer la nuit sur le parking du garage. C’est donc ce que nous avons fait, ne sachant pas trop ou en était le camion.

Le lendemain, le boss nous dit qu’il est presque prêt mais qu’il y a encore des petites choses à faire dessus. Il y en a soit disant pour deux heures. J’emmène les enfants au skate parc d’à côte et quand je reviens deux heures plus tard, le camion n’est toujours pas prêt. Apparemment, ils n’arrivent pas à remettre la climatisation cabine. Comme la voiture doit être restituée avant midi à Moab, je prends les enfants avec moi et je ramène la voiture. A partir de là, nous sommes à pieds, à une heure de route de Nico. Nous nous rendons en marchant jusqu’au McDo sous un soleil de plomb et nous mangeons là-bas. Nico me tient au courant régulièrement et les nouvelles ne sont pas bonnes. Il y a encore un problème mais ils ne savent pas d’où ça vient. Nous restons encore au McDo et au moment où je demande aux enfants de lire un peu, nous réalisons qu’une des kindles est restée dans la voiture de location. Nous refaisons l’aller-retour en pleine chaleur. Il fait 41 degrés ! La kindle récupérée, nous nous réfugions une fois de plus chez Ronald. Nico tarde à donner des nouvelles puis finalement, au dernier moment, Hervé est enfin prêt ! Yes!! Nico nous rejoint enfin à Moab et c’est reparti!

Le jour d’après est un jour de transfert où nous roulons toute la journée pour arriver à Jackson Hole où nous allons assister à une authentique soirée rodéo. Des cowboys, des vrais, ont tenté de dompter taureaux et chevaux sauvages sous nos yeux ébahis! Comme on dit vulgairement, il faut en avoir dans le pantalon pour faire une chose pareille ! C’était franchement impressionnant. Nous avons eu droit au défilé des drapeaux du Wyoming et des Etats-Unis suivi de l’hymne national chanté par une Castafiore et repris par tout le stade, debout, chapeaux et casquettes à la main. Nous avons pu à ce moment-la ressentir pleinement l’attachement des américains à leur drapeau et à leur hymne. Les épreuves se sont succédées puis lors d’une pause, le présentateur a appelé tous les enfants de moins de 12 ans à venir dans l’arène. Malie, courageuse mais pas téméraire, s’est abstenue, mais Téva, toujours partant a rejoint les autres au centre de la piste, sans savoir ce qui l’attendait. Après, un petit échauffement, des cowboys ont lâché trois pauvres moutons affublés de bandanas. Et là, la centaine d’enfants rassemblés dans l’arène s’est mise à courir après ces moutons pour attraper les bandanas! Les trois premiers ont été récompensés mais tout le monde est reparti avec un petit cadeau. La soirée s’est terminée avec les cowgirls qui rivalisaient entre elles pour effectuer un parcours à cheval le plus rapidement possible. Bref, nous en avons pris plein les yeux car c’est très loin de notre univers et très impressionnant. Nous avons passé une excellente soirée.

Enfin, nous avons visité le parc national du Yellowstone, douzième et ultime parc que nous visiterons aux USA, complètement différent des parcs précédents.

Il s’agit de l’endroit sur terre où l’on trouve la plus grande concentration de geysers. Nous n’avons pas fait de randonnées à proprement parler car on ne peut pas marcher directement à même le sol à côté des sources et des geysers, et des passerelles en bois ont été aménagées à cet effet.

Le premier jour, nous avons commencé par un petit tour pour découvrir de petits geysers endormis ainsi que des sources aux eaux transparentes. Puis nous avons pique-niquer devant Old Faithful, le geyser le plus populaire du parc, en attendant son éruption programmée tout en écoutant les explications d’un ranger. Ce geyser, quand il entre en activité, projette de l’eau à une quarantaine de mètres avec beaucoup de puissance mais d’après le ranger, c’est loin d’être le plus impressionnant du parc. Nous partons ensuite faire un tour très populaire au milieu de nombreux geysers et sources chaudes. Il y a beaucoup de monde mais un orage de grêle vide la passerelle et nous nous retrouvons quasiment tous seuls. Au bout de la promenade se trouve la « morning glory spring », un bassin aux couleurs fantastiques. Nous revenons vers 15h30 devant Grand Geyser, car son éruption est prévue autour de 4h15 avec une fenêtre de 45 minutes. Au final nous avons attendus jusqu’à 4h45 mais le spectacle valait le coup. Grand Geyser projette de l’eau à 60 mètres de haut à la façon d’un feu d’artifice pendant 10 bonnes minutes et juste en face de lui, l’éruption de Castle Geyser donne vraiment l’impression d’assister à une éruption volcanique. Superbe. Nous avons achevé la journée par un petit film sur les animaux du parc puis une dernière fois Old Faithful Geyser. En parlant d’animaux, nous avons vu un bison de tout prêt, au bord du chemin. C’est un animal absolument massif et on n’a pas vraiment envie de la déranger! Plus tard, en rentrant, nous en avons vu d’autres sur le bord de la route, ainsi que des wapitis et un ours noir. Cette fois-ci, il était bien loin de nous!

Le deuxième jour, nous avons exploré une autre partie du parc. Les enfants sont allés récupérer leur 10ème badge de ranger junior et nous avons ensuite admiré les terrasses calcaires du parc avant de dire au revoir à Yellowstone, parc hors du commun. Le soir, nous nous sommes installés sur une aire de camping gratuite à côté d’une rivière et nous avons rencontré un couple sympathique qui vivait dans leur bus et avec qui nous avons passé la soirée. En étant en camping-car, nous rencontrons peu de monde car nous sommes un peu repliés sur nous-mêmes et ce genre de rencontres avec les locaux nous manque, même si les gens, quand ils entendent que nous parlons français, nous interpellent assez souvent.

Notre séjour aux Etats-Unis touche à sa fin. Nous avons vécu de très belles aventures ici et avons été éblouis par la beauté des paysages, et la réparation d’Hervé n’est déjà plus qu’un mauvais souvenir.

Direction le Canada, où nous devrions trouver un peu de fraîcheur.

Bon été à tous. A très bientôt et d’ici la, portez-vous bien.

BRYCE CANYON, LAKE POWELL, MONUMENT VALLEY ET … QUAND HERVÉ NOUS A LÂCHÉ….

Après Zion, nous avons fait le magnifique parc de Bryce Canyon. Un de mes préférés. Ses cheminées de fées sont absolument sublimes et tellement poétiques. Nous nous sommes rendus sur un point de vue en faisant une mini balade pour admirer le coucher du soleil sur les hoodoos (c’est comme cela qu’on appelle les cheminées de fées). Magnifique. Le lendemain, nous nous sommes levés assez tôt pour faire une jolie randonnée au milieu des hoodoos. Certaines ont hérité d’un nom à cause de leur forme particulière. Nous croisons assez peu de personnes sur la partie la plus éloignée de la randonnée et nous apprécions. Après la foule de Zion, un peu de calme fait du bien! Sur la fin de la boucle, il y a évidemment plus de monde car les premières hoodoos sont accessibles facilement. Les enfants, après avoir rempli leur livret, passent prêter serment et récupérer leur badge ainsi qu’un joli autocollant car, pendant la randonnée, ils avaient réussi à trouver 3 marques dissimulées sur le parcours, une façon ludique d’encourager les gens à se bouger un peu au lieu de regarder le Canyon depuis le bord en se faisant déposer par la navette.

Nous sommes partis en milieu de journée pour rejoindre le lac Powell. Il est un peu trop tard pour louer des kayaks alors nous allons jusqu’à une plage aménagée au bord du lac pour nous baigner. Il fait vraiment très chaud et cette baignade est la bienvenue. Le soir, nous dormons sur une aire de camping-cars gratuite qui surplombe le lac.

Le lendemain, nous allons chez le loueur à la première heure afin de profiter de nos kayaks. Le ciel est un peu couvert, ce qui nous protège du soleil. Nous pagayons pendant une éternité. Je fais d’abord équipe avec Téva mais nos deux caractères de sauvage ont du mal à s’accorder et nous mettons un certain temps à nous entendre et à caler nos coups de pagaie en cadence. C’est un peu la soupe à la grimace mais nous finissons par trouver un terrain d’entente. A mi-parcours, nous changeons les équipes et je récupère Malie dans mon kayak. J’ai plus de facilité à m’entendre avec elle vu qu’elle ne pagaie que 5 minutes avant de décréter qu’il fallait qu’elle récupère. Au moins, j’ai pu ramer à ma guise! Nous accostons sur une petite plage déserte pour pique-niquer. Il fait bien plus chaud sur la terre ferme que sur l’eau. Nous nous baignons puis, comme nous sommes allés assez loin sur le lac, Nico propose me propose de monter avec lui et de tracter les enfants. Nous les laissons se baigner en plein milieu du lac puis, alors qu’ils remontent à bord, je vois que le ciel s’assombrit. Je demande innocemment à Nico s’il ne pense pas qu’il va pleuvoir. Réponse : « Noooooonnnnnnn », franc et sans hésitation. Bon, s’il le dit… Quelques minutes plus tard, nous commençons à sentir quelques gouttes. Le ciel est maintenant noir et le vent se met à souffler. Nous sommes encore bien loin du loueur et loin aussi de la berge. Nico, qui est d’habitude décontracté en toutes circonstances, ne plaisante pas et demande à tout le monde de pagayer sans s’arrêter. Le vent souffle très fort et nous avançons face aux vagues. J’ai l’impression d’être dans un mauvais cauchemar en pleine tempête. J’ai l’impression que nous n’atteindrons jamais le bord mais à force de pagayer, nous finissons par arriver près d’une berge. Le vent est trop fort pour qu’on puisse continuer à pagayer. Nico descend et tire les bateaux jusqu’à ce qu’on puisse ramer à nouveau. Avec les enfants nous finissons à pieds et Nico ramène les bateaux au loueur tant bien que mal. Téva y a mis toutes ses forces et a pagayé sans s’arrêter jusqu’au bout. Lui et moi avons eu vraiment peur. Malie ne s’est pas bien rendu compte des conditions difficiles. Quant à Nico, sans aller jusqu’à avoir peur, il a craint que nous nous retrouvions pris dans un orage. Une heure à peine plus tard, il n’y a avait plus le moindre souffle de vent et le lac était redevenu aussi calme qu’une mer d’huile… Bref, plus de peur que de mal mais je ne suis pas prête d’oublier mon passage sur le lac Powell, magnifique lac artificiel qui a nécessité 17 années pour être rempli. Après cet épisode riche en émotion, nous sommes allés à l’office de tourisme du lac pour admirer l’immense barrage et récupérer deux badges de ranger junior de plus. Nous passons ensuite la nuit dans un décor de western à deux pas du lac et assistons à un magnifique coucher de soleil.

Notre prochaine étape nous emmène jusqu’à Monument Valley, paysage de western par excellence qui a d’ailleurs servi de lieu de tournage pour bon nombre de films. Nous y arrivons en début d’après-midi. Nous apprenons en arrivant que nous ne pouvons pas nous promener à pieds dans le parc (en pleine réserve indienne et entièrement gérée par les Navajos) car il fait trop chaud et nous ne pouvons pas non plus faire le tour des différentes formations avec notre camping-car car seules les voitures y sont autorisées. Nous n’avons pas d’autre choix que de faire le tour en prenant un 4×4. C’est assez cher mais le tour vaut complètement le coup et nous comprenons pourquoi l’accès à la route est interdit aux camping-cars. La route est toute cabossée et ça secoue fort dans le 4×4. Les formations rocheuses sont plus belles les unes que les autres.

Après le tour, nous mangeons dans le camping-car avant d’assister au coucher du soleil sur les célèbres mitaines vues tant de fois dans les westerns.

Nous passons la nuit sur un parking avec vue sur Monument Valley.

Le lendemain nous nous levons car nous avons prévu de faire la petite randonnée que nous n’avions pas pu faire la veille pour cause de chaleur. Mais Hervé en avait décidé autrement. A peine partis, nous entendons que le camion fait un drôle de bruit : clac, clac, clac, clac, clac. Nico s’arrête dès qu’il le peut sur le bas côté et là, le camion ne redémarre plus. HS. Cela marquera le début d’une longue journée de galère. Nous sommes en pleine réserve Navajo, au milieu de nulle part. Comme notre opérateur téléphonique ne couvrait pas la région, nous n’avions aucun moyen de téléphoner. Nous avons arrêté une première voiture assez rapidement. Une famille de touristes californiens. L’homme appelle un garage que nous avions repéré sur mapsme et qui se trouve à 7 miles de nous. Le garagiste lui répond qu’il est occupé mais qu’il va venir dans deux à trois heures. Trois heures plus tard, toujours personne. Nous arrêtons une autre voiture pour rappeler le garage qui répond qu’il est trop occupé et qu’il ne viendra pas. Nous venons de perdre 3 heures. Le jeune indien qui vient de s’arrêter nous dit que son grand-père est mécano et qu’il va aller le chercher. Pendant que nous attendons, un autre indien s’arrête et téléphone à notre assurance qui nous envoie une dépanneuse. Pendant ce temps là le jeune est revenu avec son grand-père et celui-ci pense qu’il n’y a pas assez d’huile. Nico se fait donc emmener à une station service pour acheter de l’huile et remet de l’huile dans le moteur. Entre-temps un autre couple d’indiens s’arrête et nous prête ses pinces pour essayer de faire redémarrer Hervé. A force de charger la batterie, Hervé redémarre mais fait toujours un bruit infernal. Et quelques secondes après, une pièce tombe carrément du moteur. Les indiens nous disent que le camion est mort et qu’il n’y a plus rien à faire. Ils repartent et nous attendons toujours la dépanneuse. Comme nous avons encore besoin d’appeler, nous arrêtons une autre voiture. Un jeune couple qui nous avait vu en passant le matin s’arrête. L’homme nous conseille de faire remorquer le camion dans l’autre direction car nous y trouverons une plus grande ville et aurons plus de chances de faire réparer Hervé là-bas. Il appelle un garage qu’il connaît et nous garantit que quelqu’un va venir nous remorquer. Il nous laisse son numéro et prend le nôtre en nous souhaitant bonne chance pour la suite. Nous annulons la première dépanneuse qui n’était même pas encore partie et nous attendons deux heures de plus sur le bord de la route. Quand la dépanneuse arrive enfin, il est 18h00. Nous sommes sur le bas côté depuis 8h30 du matin, et la journée n’est pas finie. Le gars met une bonne demie heure à attacher le camion puis nous montons tous dans la remorqueuse et c’est parti pour deux heures de route. Quand nous arrivons à Blanding, il est 20h30. Pendant l’attente, nous avions préparé nos sacs de façon à ne rien laisser dans le camion. Le garagiste qui nous a remorqué nous dépose dans un motel, le « moins cher de la ville » à 100$ la nuit et nous allons manger un hamburger dans un diner à 5 minutes à pieds. L’heure n’est pas à la rigolade. Nous évaluons notre différentes options : faire réparer Hervé, abandonner Hervé et continuer avec une voiture de location et des échanges de maison dans la mesure du possible, ou rentrer à la maison. Quelle que soit l’option, c’est un gros coup dur.

Le lendemain, nous passons la matinée au garage et après plusieurs coups de fils et de nombreuses hésitations, nous décidons de faire réparer Hervé. Nous en avons pour autant que l’achat du camion lui-même mais c’est encore ce qui nous reviendra le moins cher, en espérant qu’on pourra le revendre. Il faut encore le remorquer dans une autre ville car le garage qui nous l’a remorqué ne peut pas le réparer. L’après-midi, Nico fait du stop pour aller louer une voiture (il n’y a pas de loueur avant Moab, située à 80 miles de nous!). Il a eu de la chance car quelqu’un l’a emmené jusqu’au bout. Pendant ce temps nous restions en contact et je m’occupais de réserver une voiture et de trouver un logement avec home exchange. Mission accomplie : Nico a réussi à récupérer la voiture et nous avons une maison à Moab grâce à nos points pour la semaine. Nous avons de la chance dans notre malheur et nous gardons espoir…

La suite? Encore des récits de parcs nationaux et l’hypothétique réparation de Hervé… Mais tout cela, ce sera pour le prochain épisode.

A très bientôt. Et d’ici-là, portez vous bien.

CHAUD DEVANT

Moi qui me plaignais d’avoir froid sur la côte Californienne, j’ai été servie! Quelle chaleur en arrivant à Las Vegas, ville située en plein désert du Nevada et où, il faut bien l’admettre, il n’y a pas grand chose à faire en pleine après-midi en famille. Il faisait une chaleur presque insupportable. Nous avons laissé Hervé sur un parking de centre commercial et nous avons entrepris de remonter le Strip (rue principale où se trouvent tous les hôtels et les casinos). Nous avons commencé par la visite de Venise. La reproduction fidèle des bâtiments est assez bluffante et l’on s’y croirait, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Les murs et les plafonds des bâtiments sont richement décorés et ornés de peintures telles qu’on pourrait en trouver en Italie. Nous avons rapidement compris que contrairement à nous les gens restaient au frais et dépensaient leurs sous au casino. Après l’Italie, direction la Grèce. Nous avons fait escale au célèbre Caesar’s Palace où avons assisté à un spectacle de statues animées. Ce n’était pas fantastique mais c’était gratuit, au frais et au cœur d’une galerie marchande transformée en ville romaine. Puis direction Paris et sa Tour Eiffel. Encore une fois, l’illusion est presque parfaite et la galerie marchande nous plonge en pleine capitale. Nous avons ensuite poussé jusqu’au magasin M&Ms pour faire une petite surprise aux enfants, épatés de voir des dizaines de tubes géants remplis de M&Ms de toutes les couleurs. Chaque gourmand est reparti avec son petit sachet et s’applique à le faire durer le plus possible… Nous avons mangé un morceau avant d’assister au spectacle son et lumières des jets d’eau du basin de l’hôtel Belargia au coucher du soleil. Très poétique. Nous avons enchaîné avec celui de l’explosion volcanique donné par l’hôtel Miracle à la nuit tombée. Impressionnant ! Nous avons bien senti la chaleur des flammes! Puis un dernier petit spectacle avant de regagnent notre camion. Nous avons passé la nuit à deux pas du Luxor, en compagnie d’autres « bouseux » comme nous sur un parking de la ville. Je n’ai pas particulièrement apprécié Las Vegas mais il faut reconnaître que c’est une ville vraiment particulièrement, une sorte de Disneyland géant pour grands enfants. Et de toute façon, nous avions besoin de faire une étape avant d’atteindre le parc national du Grand Canyon. J’ai eu du mal à supporter la chaleur et cela m’a un peu inquiétée pour la suite des événements car je me suis demandée comment nous allions pouvoir randonner par une telle chaleur.

Nous sommes arrivés au Grand Canyon en fin de journée et là, j’ai pris une claque. J’aime bien ne pas savoir à l’avance ce que je vais voir pour avoir la surprise. Et quelle surprise. Nous sommes allés à pieds au point de vue le plus proche. J’ai été impressionnée par la paysage qui s’étalait sous les yeux à perte de vue. Le Grand Canyon est définitivement une œuvre d’art de la nature à côté de laquelle on se sent tout petit. Nous avons fait nos premières photos puis nous avons mangé sur le parking car nous voulions assister à la projection sur les étoiles qui avait lieu en début de soirée. Le thème était « notre place dans l’univers ». Les enfants ont bien accroché et l’animation s’est poursuivie par une nuit d’observation des étoiles. Une soixantaine de passionnés avait installé leur télescopes, dont certains étaient énormes, et invitait le public à observer les astres tout en donnant des explications. Super initiative mais malheureusement il y avait beaucoup de monde donc nous ne sommes pas restés longtemps.

Le lendemain, nous avons fait le Rim Trail qui surplombe et qui longe le Grand Canyon. La balade se fait sur un sentier bétonné mais offre de fabuleux points de vue. Une partie du chemin nous propose de remonter depuis aujourd’hui jusqu’à la naissance de la Terre tout en proposant des explications sur la formation du Canyon ainsi que des échantillons de roches à observer et à toucher. Très pédagogique, cela nous a permis de bien comprendre la formation du Canyon. Nous sommes également passés par un musée géologique qui a beaucoup intéressé les enfants, soucieux de bien remplir leur livret dans l’espoir de recevoir leur badge de Ranger Junior. Je ne savais pas qu’il y avait de tels livrets avant mais il semblerait qu’il y en ait dans tous les parcs nationaux. Ils sont très bien faits et rendent les enfants acteurs de leur visite. C’est parfait. Nous sommes allés jusqu’à Hopi point puis nous avons pris une navette pour rentrer au centre des visiteurs où nous avons visionné une vidéo sur le Grand Canyon. La descente dans le canyon, ce sera pour le lendemain. Je stresse car je ne sais pas si je vais être capable de remonter en un seul morceau ! Je me fais aussi du souci par rapport aux enfants et à la chaleur.

Pour notre randonnée dans le Grand Canyon, le Bright Angel’s trail (on va voir des anges si on n’arrive pas à remonter??!), nous nous levons à 5h30 pour un départ à 6h30. Il fait déjà chaud mais c’est supportable et il n’y a pas grand monde sur la rando. Des aires de repos jalonnent le parcours où l’on peut faire le plein d’eau et récupérer à l’ombre. Nous avons pris notre petit déjeuner lors de la première (après avoir parcouru 1,5 miles) puis nous avons fait une autre pause à 3 miles avant d’atteindre Indians Garden, étape située à 4,5 miles du départ. Nous nous sommes installés à l’ombre dans l’oasis qu’offre cette étape. Les enfants ont rempli leurs carnets de Rangers pendant que Nico se rendait jusqu’à Plateau point, situé à 1,5 miles d’Indians Garden. Quand il revient, il me convainc de m’y rendre à mon tour accompagnée de Téva. Le chemin n’est pas difficile. C’est tout plat mais c’est en plein soleil et cela rajoute 5 km aller-retour aux 7,5 que nous avons fait et 7,5 qu’il nous reste à faire. Avec Téva, nous souffrons un peu de la chaleur et nous trouvons que le point de vue est bien loin mais nos efforts ont été récompensés car la vue sur la rivière du Colorado valait le détour. Et nous sommes contents d’avoir fait ce bout de chemin tous les deux. Ce fut l’occasion de discuter entre mère et fils, ce qui n’arrive pas assez souvent à mon goût. Ensuite, toujours à l’ombre de l’oasis, nous avons déjeuné. Puis Nico, insatiable et têtu a voulu aller « toucher la rivière », ce qui est formellement déconseillé au cours d’une seule journée. Il s’est donc rajouté un bon 10 km aller-retour, en pleine chaleur et en montée sur le retour. Même si j’admire la performance sportive, je ne peux pas m’empêcher de trouver cela imprudent pour rester polie. Mais bon, il fallait absolument qu’il aille plus loin que lors de sa dernière visite du Grand Canyon quand il avait 14 ans. Je pense que je n’ai pas les bonnes hormones et/ou membres pour comprendre…

Après s’être suffisamment reposés et comme le ciel était un peu nuageux (nous protégeant ainsi un peu du soleil), nous avons entrepris de remonter tout ce que nous avions descendu. Il y avait autant de dénivelé que pour le Canyon de la Colca, sauf que ce n’était pas de nuit, à la fraîche, mais en pleine après-midi et que nous avions déjà bien marché avant. Nous avons fait le plein d’eau et nous nous sommes mis en route. Une fois de plus, les enfants ont très bien marché. Personnellement, j’ai eu du mal dans le dernier tiers de la remontée. J’avais tellement chaud que boire me donnait la nausée et je pense que je n’avais pas assez mangé. J’avançais péniblement mais après une petite collation j’ai retrouvé un peu d’énergie et je suis finalement arrivée en haut. 15 km pour Malie, 20 pour Téva et moi, 30 pour Nico, je pense que pour chacun de nous, c’était la randonnée la plus longue et la plus difficile mais nous en gardons tous un super souvenir et nous sommes fiers de l’avoir fait. Nous avons ainsi pu admirer les différentes couches qui composent les roches du canyon et au fur et à mesure que nous nous enfoncions dans le canyon, nous remontions dans le temps (à l’échelle géologique). Les enfants ont ainsi pu approcher ce qu’ils avaient observé de loin la veille et étudié dans leurs livrets et au musée. Cela restera un très beau souvenir de notre aventure. Nous avons achevé notre journée par un magnifique coucher de soleil sur le Canyon.

Le lendemain, nous sommes allés voir cette merveille de la nature une dernière fois. Les enfants ont récupéré leur premier badge de Ranger Junior puis nous avons vidangé Hervé et nous avons levé le camp. Au total, nous avons passé 4 jours et 3 nuits dans le parc national du Grand Canyon. Nous avions trouvé un super coin pour dormir dans la forêt juste à la sortie du parc et nous avons même pu faire des feux. Téva était ravi.

Les parcs s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Nous avons ensuite mis le cap vers le parc national de Zion. Le premier soir nous avons fait une toute petite balade pour voir des bassins naturels et une petite cascade mais tout était presque à sec et la moitié du chemin s’était effondrée et était donc inaccessible. Nous avons trouvé qu’il y avait beaucoup de monde mais nous nous sommes dit que c’était certainement parce que la promenade était très facile.

Pour que les enfants puissent valider leur livret et obtenir leur badge, il fallait qu’ils assistent à un atelier animé par un ranger. Nous avons opté pour l’atelier du soir qui portait encore une fois sur les planètes et en attendant que cela commence, nous avons voulu manger un morceau. Alors que nous approchions du comptoir du snack, une jeune fille nous annonce que c’était fermé mais nous donne une portion de frites qui n’avait pas été vendue. Tout content, nous nous apprêtions à ressortir quand une autre serveuse nous donne une autre portion de frites! Nous faisons le plein de sauces et allons nous installer quand une famille à qui on avait également donné des frites nous propose une troisième portion car ils en avait trop ! Impeccable! Une fois de plus, nous avons eu de la chance. La conférence a un peu moins intéressé les enfants car ils avaient entendu plus ou moins la même chose la dernière fois mais ils ont quand même appris l’importance d’avoir une nuit noire pour les animaux et la difficulté des citadins pour voir les étoiles à cause de la pollution « lumineuse » générée par tous les éclairages.

Le lendemain, nous avons fait la balade des « Narrows ». Nous avons commencé par faire la queue pour prendre la navette. Il y a définitivement beaucoup de monde dans ce parc et tout le monde descend au même arrêt que nous pour faire la même balade. Il s’agit de se promener en marchant dans la rivière. Il y a un monde fou et personnellement, je ne prends pas énormément de plaisir à avancer à contre-courant à la queue leu leu. Nous avons parfois de l’eau jusqu’aux hanches et le courant est assez fort. J’avance péniblement en pestant dans ma barbe alors que Nico et les enfants se régalent. Après la pause déjeuner, ils poursuivent d’ailleurs tous les trois pendant que je lis au bord de la rivière puis ils reviennent me chercher et nous rentrons ensemble par le même chemin qu’à l’aller. Rafraîchissant mais cela ne me laissera pas un souvenir impérissable. Nous passons la nuit dans la forêt à proximité du parc et le lendemain nous nous lançons à l’assaut de la célèbre Angels Landing, une rando dont le sommet est si étroit que seuls les anges peuvent y atterrir (encore une histoire d’anges…). Le début de la randonnée est bétonné et mène à un plateau d’où part une ascension difficile jusqu’au sommet. Il y a encore une fois beaucoup de monde. Il faut se tenir à des chaînes et même escalader pour arriver au sommet. Ça tire sur les cuisses et il fait chaud mais la vue valait bien tous ces efforts et nous sommes tous contents d’avoir fait cette randonnée. Le parc de Zion est sympathique mais petit et notre plaisir a été un peu gâché par la foule, essentiellement des Américains qui faisaient le pont pour la fête nationale qui avait lieu le 4 juillet.

Voilà pour l’instant. Nous avons ensuite exploré le magnifique parc de Bryce Canyon ainsi que le lac Powell, mais ça, ce sera pour la prochaine fois.

Bise à tous et d’ici là, portez-vous bien.

PS : nous ne sommes pas du tout concernés par les séismes récents car nous sommes en ce moment en Arizona (un État dans lequel Harry zona…), loin de la Californie.

IF YOU’RE GOING TO SAN FRAN-CISCO…

Tu trouveras effectivement plein de choses à faire!

Avant d’arriver à San Francisco, nous avons fait le plein d’essence, les courses, une machine, la vidange des eaux usées et le plein d’eau. Prêts pour tenir quelques jours.

Nous nous sommes garés sur un parking gratuit tout au nord de la ville avec vue sur le Golden Gate Bridge. Nous avons marché jusqu’à un premier point de vue pour faire quelques photos et pique-niquer. Le pont est vraiment tel qu’on se le représente, rouge et majestueux. Nous avions également vue sur la célèbre prison d’Alcatraz qui compta parmi ses prisonniers le non moins célèbre Al Capone.

Ensuite nous avons pris un bus qui nous a déposé en plein China Town. Comme dans tous les quartiers chinois à l’étranger j’imagine, on a vraiment l’impression d’être en Asie. Tout est écrit en Chinois, les gens parlent Chinois et il n’y a que des Chinois! Les rues sont décorées de lanternes rouges et l’entrée dans le quartier est annoncée par une imposante « porte du dragon » telle qu’on peut en voir en Chine. Nous avons flâné dans le quartier et avons fait quelques emplettes car tout comme en Chine, ici c’est moins cher!

Après avoir partagé un cappuccino, nous avons décidé de prendre le fameux et mythique funiculaire. C’était sympa, surtout que les rues montent beaucoup, mais très cher pour une si petite balade. Mais aucun regret. Je voulais de toute façon absolument monter dedans et cela nous a rapproché de notre prochain lieu de visite : la Coit Tower (prononcez-le comme vous le voulez…). Cette haute tour nous offre une vue imprenable sur la ville.

Ensuite, nous nous sommes rendus à pieds dans la baie. Nous avons déambulé sur le Pier 39 où les lions de mer nous ont offert un joli spectacle avant que ce ne soit Téva qui nous offre un spectacle. En effet, ce dernier fut choisi pour être le partenaire de l’artiste qui se produisait. Il s’agissait d’un jongleur acrobate et Téva devait le seconder et lui envoyer ses quilles de jonglage par exemple. Mais comme Téva ne comprenait pas tout, cela donnait des échanges assez drôles. Il s’est montré à la hauteur une fois de plus et il a été bien récompensé car l’acrobate lui a donné 10$ pour sa participation. Ça valait le coup de faire rire un peu le public de ses maladresses! Évidemment, Malicha aurait bien aimé être choisie … Après cela, nous sommes remontés à pieds jusqu’au parking en longeant la côte. Comme nous avions le droit d’y rester jusqu’à 22h, nous en avons profité jusqu’au bout. Nous avons mangé et pris notre douche, puis, comme nous commençons à en avoir l’habitude, nous nous sommes préparés pour la nuit avant de nous glisser en mode infiltrés sur un parking entre deux autoroutes. Pour nous, ce n’était l’histoire que d’une nuit, mais il est clair que pour beaucoup de personnes, il s’agissait de l’endroit où ils passaient régulièrement la nuit, et pour certains dans leur voiture. La crise touche tout le monde et en dormant « en sauvage » dans les villes, nous la côtoyons ce près. De plus en plus ce gens vivent dans leur camion pour ceux « qui ont de la chance » d’en avoir un, voire dans leur voiture et galèrent tous les soirs pour trouver un endroit où passer la nuit.

Le lendemain, nous nous sommes trouvés une petite place près du Golden Gate Park et nous avons marché jusqu’à l’Académie des Sciences de Californie, ce qui nous a valu une réduction sur le prix de l’entrée (pas donnée, du coup c’était toujours ça de pris). Il s’agit en fait d’un énorme musée interactif dans lequel nous avons passé quasiment toute la journée. L’intérieur est incroyable : forêt tropicale, aquarium et planétarium ont fait le bonheur des petits comme des grands. Même Nico qui n’aime pas les musées a apprécié la visite et n’a commencé à montrer quelques signes d’impatience que vers 16h. C’est vous dire si c’était bien. La forêt tropicale nous a replongé au cœur du Costa Rica, l’aquarium nous a emmené à la rencontre d’espèces sous-marines surprenantes et nous nous sommes retrouvés à milles lieux sous la mer dans le planétarium (qui diffusait non pas un film sur les planètes mais un film sur le corail) qui fut fatal à Nico (digestion + fauteuil en position semi-allongée = sieste). Après la visite du musée nous nous sommes rapprochés du Golden Gate Bridge pour prendre quelques photos puis nous l’avons traversé pour prendre ENCORE des photos de l’autre côté. Nous avons passé la nuit sur une aire de repos juste au pied du pont et n’avons pas été dérangés.

Puis nous avons fait la route vers le parc du Yosemite. Grâce à une excellente application dénichée par Nico, nous nous sommes posés juste avant l’entrée du parc pour passer la nuit. Nous ne sommes pas les seuls. Le spot est au bord d’une rivière et vraiment à la limite avec le parc.

Enfin, nous sommes partis à la découverte du mythique parc national du Yosemite, dont l’accès, contrairement à ce que plusieurs personnes nous avaient dit, n’est pas du tout soumis à un tirage au sort. En fait, seule la randonnée du Demi-dome se fait sur tirage au sort car elle est limitée à 300 personnes par jour. Mais de toute façon, nous n’avions pas l’intention de la faire.

Nous avons investi dans le pass annuel qui permet de rentrer dans plus de 400 parcs nationaux car cela devenait rentable dès le 3ème parc (et on va en faire un paquet…).

Le premier jour, nous avons commencé par la cascade du voile de la mariée, très jolie et très accessible. Puis nous avons fait « tunnel view » qui offre une vue imprenable sur la vallée. Ensuite nous avons enchaîné avec Taft point, une petite randonnée facile pour se mettre en jambes pour le lendemain. La randonnée se termine au dessus de falaises gigantesques, avec vues impressionnantes. Un couple de mariés et leurs invités se font d’ailleurs prendre en photo devant ce paysage à couper le souffle. Nous avons même la chance d’assister à une traversée de high-line (slack tendue entre deux falaises). Impressionnant! Au retour, nous nous sommes retrouvés coincés dans les bouchons. Il y a beaucoup de monde car nous étions samedi. Nous n’avons presque plus d’essence du coup nous ressortons du parc pour faire le plein et nous avons décidé de ne pas y retourner pour la journée car le circuit est à sens unique et nous n’avons pas envie de retrouvés encore coincés. Du coup, nous nous faisons encore quelques points de vue avant de sortir et nous quittons le parc. Nous passons encore la nuit au même endroit sans soucis.

Nous nous sommes montrés plus organisés pour la deuxième journée. Levés à 6h30, nous avons trouvé de justesse une place sur le parking principal, déjà plein à une heure si matinale. Nous avons pris notre petit déjeuner puis une navette qui nous a emmené au départ de notre randonnée du jour : le mist trail, rando ultra populaire d’environ 10 kilomètres au cours de laquelle nous avons vu deux superbes cascades. La première nous a complètement trempés jusqu’aux os mais nous a offert un superbe arc-en-ciel et une vue comme on en voit dans les films quand les héros se trouvent tout en haut de la cascade avant de dégringoler. La deuxième est tout aussi majestueuses et les paysages sont à couper le souffle. Et en bonus, nous avons vu deux petits ours qui s’amusaient sur le bord du chemin. Ils étaient tout mignons.

Après le mist trail, nous avons repris la navette pour aller jusqu’au lac. Les enfants s’y sont amusés un moment. Puis encore un coup de navette pour retourner jusqu’au parking. Juste à côté du parking se trouvait une aire de vidange des eaux usées. Ainsi, nous en avons profité pour vidanger et faire le plein d’eau. Nous avons ensuite passé la nuit sur une sorte d’aire de camping sauvage au milieu de la forêt. En effet, l’Etat met à disposition gratuitement des zones de forêt pour que les gens puissent y camper. Nous en avons profité pour nous poser et faire quelques bricoles au camion. Pour une fois que nous ne sommes pas au bord d’une route ou en mode infiltrés.

Nous sommes donc partis en fin de matinée direction le Sequoia national park. Une fois encore, nous dormons dans la forêt.

Les séquoias du parc sont vraiment impressionnants. Ce sont de vrais géants. La parc renferme l’arbre le plus volumineux du monde. Pour visiter le parc, nous avons laissé Hervé sur un parking et nous avons utiliser la navette mise à la disposition des visiteurs toute la journée. Nous avons enchaîné les balades et avons pu admirer des dizaines d’arbres millénaires. Lors de notre dernière balade, nous avons eu une drôle de surprise. Nous avons croisé une dame qui nous a dit de garder nos enfants près de nous car il y avait un ours dans la prairie. Nous rappelons donc les enfants qui étaient bien loin devant nous et nous marchons à la recherche de l’ours mais nous ne le voyons pas. Nico était en mode « j’ai faim. J’ai faim, j’ai faim, j’ai faim » façon cité de la peur. N’ayant pas de gencives de porc sous la main, nous nous sommes arrêtés au premier banc pour que monsieur puisse manger un petit cookie. A peine le goûter sorti, j’entends Nico qui me dit : « p*t**n, remballe tout, il est là ». L’ours était à dix mètres juste en dessous de nous ! J’ai remballé en quatrième vitesse et nous l’avons observé et suivi pendant un bon moment. Puis trouvant qu’il se rapprochait un peu trop, je suis partie devant avec les enfants. Nico nous a rejoint devant une cabane qui avait été creusée dans un tronc de séquoia puis nous continuons notre boucle. Sur le chemin en contrebas, je vois des gens qui s’agitent et nous font des signes. L’ours avait traversé la prairie et le chemin et se trouvait à nouveau juste à côté de nous. Cette fois-ci, j’ai eu vraiment peur. J’ai vu cette bête imposante se diriger vers nous et je me suis sentie vraiment vulnérable. J’ai pris les enfants et nous avons pressé le pas pour nous éloigner sans courir. J’avais le cœur qui battait, persuadée que l’ours en voulait à mes cookies! Nico, resté en arrière en a profité pour prendre des photos tout en se planquant derrières les arbres… Bref, une vraie rencontre avec la vie sauvage. Je ne m’attendais pas à en voir un de si près. Pourtant, il y a bien des panneaux partout qui signalent la présence des ours et des instructions très strictes sur le stockage de la nourriture qu’il faut absolument tenir hors de portée des ours. De même, nous avons bien saisi l’importance de marcher groupés! Les enfants, eux, n’ont pas eu peur et se sont gentiment moqués de moi. On voit bien que ce n’est pas eux qui avaient un paquet de cookies dans le dos! Dans la journée nous avions aussi vu des biches, des écureuils et des marmottes.

Les parcs sont absolument magnifiques et ce n’est que le début. Bien d’autres nous attendent. Pour l’heure, nous allons passer dans le Nevada et partir à la découverte de Las Vegas. Oh yeah!

Merci encore pour vos nombreux messages. Bises à tous et d’ici là, portez-vous bien.