Entre villes et déserts …

De retour pour des nouvelles fraîches (dans tous les sens du terme) après avoir passé quelques jours complètement coupés du monde.

Nous revenons en effet d’un séjour de quatre jours dans le désert qui fut absolument épique mais j’y reviendrai dans un prochain article.

Pour l’heure, je vous propose un petit résumé de nos péripéties dans les villes de Sucre, Potosí et Tupiza.

Pour éviter un trajet en bus long et pénible, nous avons pris un vol interne. Une petite escale à Cochabamba et nous voilà à Sucre. Arrivée de nuit, mais nous ne sommes pas inquiets. Nous trouvons un chauffeur de taxi qui nous nous amène à l’adresse que nous lui indiquons. L’aéroport est plutôt loin de la ville et nous arrivons à Sucre vers 22h30. Seul problème : il n’y a aucun hôtel à l’adresse indiquée. Le numéro de téléphone indiqué par Booking ne semble pas être attribué et la galère commence. Pendant près d’une demie heure Nico et le chauffeur de taxi ont cherché partout, demandé à toutes les personnes qu’ils croisaient s’ils connaissaient notre hôtel. Sans succès. Les enfants s’étaient endormis dans le taxi et ne se sont rendus compte de rien. Finalement, un local plus dégourdi que les autres a réussi à trouver le bon numéro de téléphone et notre adorable chauffeur de taxi a pu téléphoner au propriétaire. En fait, il ne s’agissait pas d’un hôtel mais d’une chambre chez un particulier située dans une petite ruelle et le propriétaire qui n’avait vraisemblablement pas compris le message que je lui avais envoyé sur Booking pour prévenir de notre arrivée tardive ne nous attendez pas. Le comble, c’est que Nico avait frappé à la bonne porte mais que personne ne lui avait ouvert. Bref, un long moment d’inquiétude avant de finalement trouver notre chambre d’hôte. La chambre est froide et ne possède que trois lits. Je me sacrifie et propose de dormir sur un de nos matelas gonflables à même le sol mais il fait tellement froid que je n’arrive pas à m’endormir. J’essaie alors de trouver une petite place dans un des lits occupés par Nico et les enfants mais ce n’est pas chose facile. Téva dort en zigzag et Nico occupe la totalité de son petit lit. J’arrive péniblement à me glisser à côté de Malie, dans le trou qui sépare le lit du mur. Nuit horrible, cela va sans dire. Pour elle comme pour moi car je me rends compte au petit matin qu’elle n’est pas très couverte et qu’elle aussi a eu froid. Comme le petit déjeuner n’est pas compris, Nico nous propose d’aller le prendre dans un clocher qu’il a repéré sur TripAdvisor. Nous commençons à nous y rendre à pieds mais c’est loin, tout le monde est fatigué et nous n’arrivons pas à trouver notre chemin. Nous optons donc pour un taxi avant que la situation ne tourne au vinaigre et nous finissons par arriver à destination. Le petit déjeuner est hors de prix à mon sens mais il est excellent et je dois bien avouer que c’était plutôt plaisant de prendre son café tout en haut d’un clocher. Ce n’est pas chose courante et la vue sur la ville est des plus sympathiques.

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Nous nous sommes ensuite promenés dans la ville. Les enfants sont montés au sommet d’une mini Tour Eiffel taggée dans tous les sens et se sont amusés dans un énorme parc pour enfants pendant plus d’une heure. Ils ne voulaient plus en repartir. L’après-midi nous avons visité un petit musée qui nous en a appris un peu plus sur les traditions vestimentaires ainsi que sur l’évolution de la vie des Boliviens.

Le lendemain nous nous sommes rendus au marché sous une pluie battante pour nous équiper en vue de notre séjour en altitude. Il ne faisait vraiment pas chaud. Nous avons trouvé des leggings en pilou pilou (Sylvain, tu pourras y faire ton marché!) et Nico s’est approvisionné en feuilles de coca, réputées pour lutter contre le mal des montagnes. Vu la tronche et l’état des dents des gars qui passent leurs journées à en mâcher, je ne suis pas persuadée du côté inoffensif de la chose et je n’ai nullement l’intention de m’y essayer. Nous nous offrons un jus de fruits frais au marché et nous avalons un sandwich dans le bus qui nous amène sur le site où des empreintes de dinosaures ont été découvertes il y a quelques années. Le temps n’est vraiment pas de la partie mais la visite est très intéressante : documentaire, reproduction de dinosaures taille réelle et observation des empreintes de dinosaures. Absolument fascinant quand on s’imagine ces créatures d’un autre temps.

Il est ensuite temps de quitter la jolie ville de Sucre pour la ville de plus de 100000 habitants la plus haute du monde : Potosí. Il n’y a plus de place dans le bus du coup nous nous faisons emmener par un mini bus que nous partageons avec d’autres personnes. Nous arrivons en milieu de matinée à notre hôtel. Nous prenons un petit déjeuner sur le pouce dans la cour intérieure bien ensoleillée puis nous nous baladons dans la ville, située à 4000 mètres d’altitude. Les enfants semblent bien s’acclimater alors que les grands ont un peu mal au crâne. Mais aucun de nous n’a souffert de difficultés respiratoires. C’était un test pour voir comment la famille supportait l’altitude en vue de notre périple prochain dans le désert. Le soir nous avons savouré une pizza au « salame » puis en sortant du restaurant nous avons eu la chance de tomber sur une grande manifestation. Apparemment l’université de la ville fêtait son anniversaire et de nombreuses fanfares d’universités venues de tout le pays ont défilé dans les rues de la ville. Nous avons même eu droit à un feu d’artifice. Nous avons passé un bon moment. En revanche il a fait tellement froid la nuit que nous avons dormi tout habillés!

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Le lendemain, nous avons pris notre petit déjeuner sur la place principale de la ville avant de faire la visite du musée de la monnaie. Il faut savoir que la montagne de Potosí est exploitée depuis des siècles pour l’argent qu’elle contient et que cet argent a fait la richesse de la couronne espagnole. Les mines sont toujours exploitées et peuvent se visiter mais nous avons préféré nous abstenir car la visite de nous semblait pas adaptée pour les enfants. Déjà parce que des gens y travaillent toujours mais aussi parce que c’est profond et que cela peut entraîner des difficultés à respirer ainsi que des crises de claustrophobie. En revanche, la visite guidée du musée nous a paru toute indiquée. Nous avons eu beaucoup de chance car nous avons eu droit à une visite guidée en français particulièrement instructive accompagnés de deux autres touristes français quand les groupes suivants comptaient une vingtaine de touristes se déplaçant à la queue leu leu et se pressant autour du guide pour tenter d’entendre et de comprendre les explications. La visite a beaucoup plu à notre petite famille et je la recommande à ceux qui souhaiteraient visiter la ville.

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Nous avons ensuite récupéré les sacs laissés à l’hôtel puis nous avons pris un bus pour Tupiza. Installés aux premières loges d’un bus panoramique, nous avons occupé les 5 heures de trajet à jouer aux journalistes et à interviewer les enfants au sujet du voyage. J’essaierai d’en faire un petit montage et de les mettre sur le site.

A Tupiza, nous avons opté pour un hôtel confortable sachant que nous allions y passer quelques nuits et nous avons bien fait. La chambre était grande, les lits confortables, la douche chaude (un luxe quand on voyage!), et le petit déjeuner bon et copieux. Pour la première fois depuis notre séjour en Bolivie, nous nous sommes essayé à l' »almuerzo » local. Il s’agit d’un déjeuner composé d’une entrée de crudités, une soupe, un plat principal avec viande, légumes et féculents et un fruit. Le tout pour 13 Bolivianos par personne, c’est à dire un peu moins de 2€. Que demande le peuple? C’était bon, copieux et pas cher et nous y sommes retournés deux fois. L’autre midi, nous avons acheté à manger sur le marché. Personne n’a été malade et nous choisissions notre nourriture avec soin mais nous prenons confiance et osons davantage manger comme les locaux (dans la mesure du raisonnable bien sûr !).

Nous avons passé un très bon séjour à Tupiza. Les enfants ont pu travailler dans de bonnes conditions et nous avons fait trois belles randonnées. Le premier jour, nous avons exploré un désert digne des plus grands westerns qui nous a mené jusqu’à la porte du Diable puis jusqu’au Canyon del Inca. Nous avons croisé beaucoup d’apprentis cowboys qui faisaient la randonnée à cheval accompagnés d’un guide ainsi que plusieurs personnes en 4×4, mais pas d’autres courageux à pieds ! Les paysages étaient vraiment à couper le souffle. Des montagnes, de la terre rouge, des cactus, le tout sous un soleil de plomb et un magnifique ciel bleu. La balade nous a même offert quelques jolis spécimens de minéraux.

Le lendemain, nous avons voulu aller au Canyon del Duende, situé dans le même périmètre mais ni le chauffeur de taxi, ni la gérante de l’hôtel ne savaient vraiment où c’était et ils nous ont donné de mauvaises indications. Comme ce sont des locaux nous leur avons fait confiance et nous avons donc suivi les pas des chevaux (ça c’est de l’indication!) au lieu de suivre le chemin indiqué par maps.me (super application au passage pour les voyageurs, qui permet de charger des cartes au préalable et ne nécessite pas de connexion internet une fois la carte chargée, super précise et permettant même de suivre un itinéraire). Évidemment on s’est perdu et on n’a jamais atteint le Canyon del Duende mais nous avons quand même fait une belle balade, accompagnés d’un chien errant qui nous a tenu compagnie tout au long de l’après-midi. Il était adorable, s’assurait que tout le monde suivait et les enfants voulaient l’adopter. Nous lui avions même donné un nom : Boli (original!). Mais à peine revenus au départ, Boli nous a faussé compagnie pour suivre un autre couple…

Le dernier jour, nous avons suivi la carte et nous nous sommes fait déposés au bon endroit. La balade est un peu différente des autres jours. Il y a moins de cactus et plus de montagne de part et d’autre du sentier. Nous arrivons facilement au Canyon. Nous y avons trouvé de l’eau et de belles parois rocheuses se rétrécissant jusqu’à empêcher toute progression. Nous nous sommes arrêtés un moment avant de faire demi tour. Téva avait creusé un circuit pour faire une course de petits bateaux de bois comme nous avons l’habitude d’en faire dans les Alpes. Toute la famille s’est prêtée au jeu puis nous sommes repartis. Le retour fut plus long que l’aller car il nous était impossible d’appeler un tuk-tuk de là où nous étions. Nous avons marché longtemps sur la piste puis nous avons fini par tomber sur un bus qui nous a conduit directement au centre de la ville où nous avons savouré une fois de plus un délicieux almuerzo.

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Nous prenons beaucoup de plaisir en Bolivie. Les gens sont gentils, les villes paisibles et les paysages magnifiques. Mais il ne fait pas chaud et je suis bien contente d’avoir pris l’équipement complet : bonnet, gants et surtout doudoune ! Nico était sceptique au départ et un peu moqueur mais lui aussi est bien content d’avoir pris une doudoune et il s’est même acheté … un bonnet! Quand je pense qu’il en a déjà 15 en France et qu’il s’est bien moqué de moi quand j’ai mis le mien dans mon sac…

Voilà, c’est tout pour le moment. Je vous raconterai nos quatre jours dans le désert dans notre prochain article et d’ici là, portez-vous bien!

Bienvenue en Bolivie

Notre passage en Bolivie s’est fait tout en douceur. Aucun soucis avec les bagages, passage de la sécurité nickel (mon angoisse à chaque fois, vu la quantité d’objets électroniques que nous transportons), passage de l’immigration sans problème (autre angoisse depuis le coup du Costa Rica), vol à l’heure qui est même arrivé en avance. Un gars de l’hôtel était censé nous attendre à l’aéroport pour nous transporter mais comme nous sommes arrivés en avance, nous nous sommes ratés. Nous avons donc pris un taxi qui nous a amené directement à notre hôtel. Presque trop facile en comparaison de notre arrivée en Inde où il avait fallu batailler avec le chauffeur qui faisait semblant de ne pas comprendre où nous voulions aller et qui essayer de nous emmener à l’hôtel de son pote. Bref, des « good vibes » dès notre arrivée.

La ville de Santa Cruz est une très grande ville, très développée à la périphérie mais qui a conservé un fonctionnement d’antan en son centre. Le premier jour, nous avons visité la ville : grande place centrale et très animée le matin et zoo l’après-midi. Sur la place centrale, des reproductions de tableaux côtoient des fresques colorées représentants les instruments traditionnels du pays. De l’autre côté de la place, une grande église, des joueurs d’échecs, des vendeurs de café ambulants et … des pigeons! Des centaines de pigeons nourris pas les passants et qui font le bonheur des plus petits. À cette occasion, nous avons joué les vrais de vrais et nous avons tenté un café sur la place. Très chaud, très sucré mais très bon. Et nous n’avons même pas été malades. Des déglingos on vous dit!

La visite du zoo l’après-midi m’a brisé le cœur. Je ne suis pas particulièrement branchée « animaux  » mais voir toutes ces bêtes dans leurs cages m’a fait monter les larmes aux yeux. Quand on a eu la chance de les voir en liberté, c’est un de déchirement de les voir derrière les barreaux. Alors pourquoi avoir visité le zoo me direz-vous ? Et bien, nous voulions pouvoir mettre un nom sur certains animaux vus dans la nature. De plus, même si je ne suis pas fière de notre visite, cela nous a donné l’occasion de voir des Jaguars, des boas, des anacondas et autres bestioles avec lesquelles je préférerai ne pas tomber nez à nez en randonnée.

Le lendemain, nous avons fait travailler les enfants et nous nous sommes rendus sur le marché en fin d’après-midi. Et comme je vous le disais plus haut, on retrouve un fonctionnement à l’ancienne dans la vieille ville. Les échoppes sont organisées en quartiers : le quartier des culottes, le quartier du plastique, celui des fournitures scolaires et celui des anniversaires. En effet, toute une rue est dédiée à l’organisation des anniversaire. Apparemment, les parents mettent le paquet pour leurs rejetons : gâteaux géants et figurines Disney reproduites sur polystyrène, piñatas en veux-tu, en voilà et tintoyes (merdouilles pour ceux qui ne sont pas du pais) en plastiques à tire larigot ! Avec nos pauvres nappes en papiers colorées nous sommes tout simplement ridicules! Nous avons ainsi déambulé au gré de nos envies, nous rappelant par la même occasion les villes asiatiques.

Nous sommes ensuite partis pour la ville de Samaipata. Le gérant de notre auberge nous a indiqué sur la carte à quel endroit on pouvait pendre un taxi partagé pour y aller. Ça n’avait pas l’air loin sur la carte mais avec nos énormes sacs à dos (23 kilos pour Nico et 20 pour moi, plus les « moyens sacs à dos d’une douzaine de kilos, plus le sac de bouffe, plus les sacs à dos des enfants) cela m’a semblé une éternité. Nico, têtu, n’a pas voulu acheter de valise au Panama mais m’a dégoté tout fier de lui un petit charriot pour traîner mon sac. Ce charriot s’est avéré tellement pratique car l’heure qu’il est, nous nous en sommes déjà séparés. C’était encore pire que de porter nos sacs.

À l’auberge, le patron nous dit que les tentes que nous avions réservées ne sont pas disponibles et nous nous voyons upgradés dans une chambre avec salle de bain privative. Comme il n’y a qu’un seul lit pour les enfants, Téva a dormi sur son matelas gonflable (contente de ne pas le charrier pour rien), et ne soyez pas désolés pour lui parce lui était ravi !

Nous avons visité les vestiges Incas du « Fuerte » composés d’une énorme roche gravée et de ruines de maisons et bâtiments. Le rocher sur lesquels on pouvait observer des gravures de pumas et de serpents avait une fonction religieuse. De nombreux temples entouraient le rocher à l’époque. Nous avons pu observer des niches dans lesquelles les Incas conservaient les momies de leurs morts ainsi que des statues de leurs dieux et déesses. Aux alentours du rocher, les fondations des maisons et bâtiments administratifs nous ont permis d’en savoir plus sur la civilisation Inca. Les maisons étaient traditionnellement tournées vers un patio commun, les murs étaient faits de pierres et de boue, on cultivait les champs et l’on s’échangeait ses biens sur la place commune. Un énorme trou de plus de 16 mètres avait été creusé à l’époque mais on ne sait pas exactement pourquoi ; il pouvait s’agir d’une citerne d’eau, d’un passage sous-terrain, ou encore d’une prison. Charmant… Les enfants se sont montrés attentifs et intéressés par la visite que nous avons complété par un petit tour au musée de la ville consacré au Fuerte. On y trouve des poteries trouvées sur le site ainsi qu’une maquette présentant une reconstitution du site à l’époque des Incas (15eme siècle).

Outre le site inca, nous avons fait une belle randonnée accompagnée de notre guide Inès. Pourtant, ça partait mal. Alors qu’on nous avait assuré la veille que notre guide parlerait anglais, il s’est avéré qu’elle ne parlait qu’espagnol. En plus, le chauffeur avait l’air d’avoir 16 ans, pas super rassurant. Au final, tout le monde a apprécié la journée. Inès s’est montrée patiente et très pédagogue. Les enfants l’ont adorée. En plus de nous guider à travers le parc national d’Amborro, elle nous a donné beaucoup d’explications sur les vertus des différentes plantes médicinales que nous avons rencontrées sur notre chemin, nous a fourni des précisions sur la façon de vivre des Boliviens et nous a pris en photos des milliers de fois! Nous avons passé l’après-midi dans un canyon que nous avons atteint moyennent trois passages de rivière à pieds pour le plus grand bonheur des enfants. Téva s’en est donné à cœur joie et a enchaîné les sauts dans l’eau en compagnies de trois jeunes locaux. Tout le monde fut ravi de sa journée. Notre guide était super et notre chauffeur s’en est bien tiré pour quelqu’un qui n’avait pas l’âge de passer son permis !

Samaipata est une petite ville charmante dans laquelle nous avons pris beaucoup de plaisir à flâner. Ses petites ruelles lui donnent un air de village de western et nous nous sommes régalés de faire nos courses au marché. Les enfants étaient tout surpris de voir qu’on nous vendait les œufs dans des sachets en plastique et les pâtes en vrac. Cette fois-ci la cuisine était tellement précaire que nous étions les seuls à nous en servir. Il faisait plutôt frais le soir et nous supportions aisément un T-shift à manches longues voire une petite polaire, surtout après une bonne douche froide, sempiternel lot des backpackers.

Pour rejoindre la ville de Sucre, nous avons opté pour un trajet en avion, un peu plus cher certes mais tellement moins long et plus sécuritaire. Et notre trajet pour retourner à l’aéroport de Santa Cruz nous a donné raison. Le chauffeur conduisait comme un c*nn*rd (je vous laisse replacer les voyelles) et les enfants ont été malades tout le trajet. Mais l’univers l’a puni et il est tombé en panne. Il n’a pas pu finir sa course et nous sommes montés dans un autre taxi qui nous a emmené directement à l’aéroport. Quand on pense qu’il y a dix heures de bus pour aller à Sucre sur une mauvaise route, on se dit que l’avion, en fait, c’est bien.

Voilà pour nos premiers jours en Bolivie. Le pays nous plaît beaucoup. Les gens sont sympas et les paysages magnifiques. Et encore, nous n’avons pas vu les beaux endroits pour le moment. Tout le monde va bien et profite de chaque moment du voyage, même si la famille et les proches nous manquent.

À très bientôt pour de nouvelles aventures.

Et d’ici là, portez-vous bien.

SANTA CATALINA OU L’ART DE NE RIEN FAIRE

Car croyez-moi, ne rien faire, c’est tout en art. Mais si vous allez à Santa Catalina et que vous ne surfez pas, il n’y à rien d’autre à faire que ne rien faire.

Santa Catalina c’est une rue, une plage, un vendeur de fruits et légumes. Point barre. Complètement perdu au fin fond du Panama, ce minuscule village invite au repos. En arrivant là-bas, je me suis demandée pourquoi les gens faisaient l’effort de faire une halte ici (c’est pas tout près quand même) s’ils ne surfaient pas. Et puis j’ai fini par comprendre. Ils viennent ici pour se détendre, pour profiter d’une eau à 27 degrés et d’une plage de sable fin. Pour faire la sieste dans un hamac à l’ombre d’un palmier. Bref, pour se la couler douce les doigts de pieds en éventail. Pas vraiment ma conception du voyage. Au risque de paraître pourrie gâtée (et je le suis, la vie m’a donné plus souvent qu’à mon tour), j’ai eu PEUR de m’ennuyer! Aucun de nous quatre n’apprécie réellement de se dorer les fesses au soleil et de passer ses journées à ne rien faire. Mais j’y ai vu là aussi une occasion de faire une pause dans notre course folle à travers le continent américain et de prendre le temps de se reconnecter à soi-même. Pas de connexion internet, pas de youtube, instagram ou autre facebook pour venir nous assister. Oui, nous assister. Car je me suis rendue compte avec effroi que j’étais totalement assistée par mon téléphone. Je me suis sentie incapable de faire quoi que ce soit sans suivre un tutoriel sur youtube. Incapable de cuisiner, de faire une séance de yoga, ni même de dessiner! Mais tout cela ne rime à rien. Depuis quand ai-je besoin qu’une bonne femme m’explique comment faire cuire des oeufs aux plats? Depuis quand ai-je besoin qu’on me guide dans ma salutation au soleil? Depuis quand ai-je besoin qu’on me dise comment dessiner une fleur? NONSENSE! Ce séjour a été l’occasion pour moi de me reconnecter à moi-même, d’apprendre à me faire confiance et de puiser dans ma créativité. Et qu’est-ce que ça fait du bien!

Outre mes petites élucubrations sur la condition humaine, nous avons évidemment profité des lieux et nous n’avons pas exactement RIEN fait, loin de là!

Notre hébergement était sympa. Nous avions une grande chambre avec deux grands lits et une salle de bain privative que nous partagions avec … une énorme tarentule! Le petit déjeuner était compris et tous les matins, la « muchacha » nous apportait des pancakes et des fruits frais sur la terrasse. Il y a pire dans la vie! Deux petits bémols cependant : la configuration des lieux et son emplacement. Il n’a avait pas de tables et de chaises à proprement parler et c’était un peu difficile de faire travailler les enfants dans de bonnes conditions. Quand à l’emplacement, l’hôtel était un peu éloigné du spot de surf. Environ 25 minutes à pieds. Ce n’est pas le bout du monde, mais à certaines heures de la journée, c’était parfois un peu difficile. Nous avons fait le plein de fruits et de légumes (de toute façon, il n’y avait rien d’autre!) et Nico et Téva ont beaucoup surfé. Nico a ridé les vagues de La Punta, réputées pour être particulièrement difficiles. 20 minutes de rame avant d’arriver sur le spot où des vagues de 5 mètres de haut vous attendent au tournant. Il n’a pas fait le malin mais ne s’est pas non plus démonté. En tous cas, il avait l’air content de sa session. Téva s’est contenté de vagues plus petites faites pour les débutants. Comme nous y étions au moment de l’équinoxe de printemps (ou d’automne, c’est selon!) nous avons observé de forts coefficients. Les enfants étaient impressionnés de voir à quel point la mer pouvait monter ou au contraire se retirer.

Mais je n’ai pas été tout à fait honnête dans mon introduction. Les moldus (les non-surfeurs quoi) qui ne viennent pas pour le surf, viennent pour la plongée.

En effet, Santa Catalina est le point de départ privilégié pour l’île de Coiba, réserve naturelle maritime réputée pour la beauté de ses fonds marins. Nous sommes donc partis toute une journée en bateau avec d’autres touristes pour plonger dans cette réserve naturelle. Nous avons fait trois plongées au cours desquelles, le guide ne s’est absolument pas soucié des enfants. Heureusement qu’ils avaient déjà plongé avec nous. Ils étaient d’ailleurs plus à l’aise que certains adultes. Nous avons eu la chance de voir une quinzaine de dauphins depuis le bateau. Sous l’eau, nous avons traversé des bancs de poissons multicolores et nous avons pu observer de nombreux poissons que nous n’avions pas vu à Bocas Del Toro. Les algues, les coraux et les anémones étaient également différents. Nous avons eu la chance de voir deux requins ainsi qu’une tortue sous l’eau (nous avons vu d’autres à la surface au retour). Les enfants n’ont même pas eu peur! Par contre, nous nous sommes tous fait méchamment piqué par des méduses lors de notre deuxième plongée, ce qui a un peu gâché notre plaisir. Nous avons pique-niqué sur une île paradisiaque, l’île qu’on dessinait quand on était gosse, avec son sable jaune, son eau turquoise et ses palmiers verts. La même. Celle des cartes postales… Nous avons trouvé cette île magnifique. Un vrai petit bijou. Nous sommes rentrés enchantés de cette sortie, même si le guide nous pressait un peu lors des différentes plongées. Les enfants s’en sont très bien sortis.

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Après Santa Catalina, changement total de décor. Nous avons échangé notre maison contre un appartement du côté de Chame. Nous le pressentions mais cela s’est définitivement confirmé : pas d’échange quand nous n’avons pas de véhicule, à moins que le logement soit situé au centre d’une ville. C’est trop compliqué pour se déplacer. L’appartement était situé dans une résidence privée abritant un club de golf. Grand standing, deux piscines, une salle de jeux, une salle de sport et … une voiturette pour aller sur les cours de golf et sur une plage privée! Nous avons totalement halluciné! A mon avis cela ne va pas se représenter de sitôt! Seul hic : nous sommes coupés de tout. Impossible de faire des courses ou d’aller sur un spot de surf. Du coup, nous avons loué une voiture. Nous en avons profité pour faire un tour à Punta Chame, coin complètement paumé et spot de planche à voile par excellence. Nous sommes également allés à la Vallée d’Anton, où nous avons vu de belles cascades, un marché coloré, des arbres carrés et des gravures sur pierre datant de l’ère pré-colombienne. Bref, nous avons renoué avec nos vieilles habitudes et nous avons fait 36000 choses au lieu de nous prélasser dans la piscine. Il y avait même un sauna et je n’ai même pas pris le temps d’y aller. Comme quoi, on n’apprend rien de ses erreurs… En tous cas, pas du premier coup.

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Nous achevons notre périple panaméen à Panama City, la capitale. Notre hôtel est sympa et dispose également d’une piscine (de laquelle nous avons pris le temps de profiter! Les leçons finissent peut-être par rentrer!). Nous sommes en plein quartier d’affaires au milieu des tours. Même si les villes ne sont pas ce que l’on préfère, c’est toujours intéressant de séjourner dans une capitale. Nous avons fait quelques emplettes car les vêtements sont vraiment bon marché. Les Américains viennent faire leurs courses ici et repartent avec des valises pleines.

Nous avons consacré une journée à la visite du vieux centre de la ville ainsi qu’aux écluses du Canal. Casco Viejo, c’est ainsi que se nomme ce quartier est un lieu où il fait bon flâner. Les vieux immeubles aux couleurs défraîchies donnent une vague idée de ce à quoi la ville ressemblait alors. Nous avons également vu de magnifiques églises dans lesquelles nous avons allumé des bougies pour les gens qui nous l’avait demandé. C’est un quartier où il fait bon flâner et bien aménagé pour les touristes. De nombreux panneaux signalent les bâtiments importants et donnent des informations. La balade nous a également offert une vue sur la ville moderne et ses gratte-ciels. Vraiment à faire si vous allez un jour à Panama City.

Après cela, nous avons réussi à acheter une carte de bus et à prendre les bons bus pour aller jusqu’aux écluses (le challenge fait aussi partie du plaisir de voyager avec les locaux!). Là-bas, nous avons cassé la tirelire pour voir un film en IMAX 3D sur le canal du Panama. Le billet n’était pas donné mais d’après moi, ça valait totalement le coup. Nous avions l’impression d’être tour à tour à bord d’un cargo passant les écluses, au coeur de la forêt ou encore plongés sur le chantier au début du 20ème siècle. Nico s’est montré moins emballé mais a quand même apprécié. Les enfants ont beaucoup aimé aussi. En face du cinéma, se trouve le centre des visiteurs qui abrite un musée et qui se trouve juste au dessus des écluses, nous laissant tout le loisir d’admirer les cargos qui passent. Ce canal est vraiment un chef d’oeuvre, preuve que les hommes sont aussi capables du meilleur. Nous avons vu plusieurs bateaux passer les énormes écluses leur permettant d’atteindre ensuite le lac et de traverser le Panama. Le musée est très bien fait et a beaucoup plu aux enfants.

Pour notre dernier jour dans la capitale, nous avons décidé de nous promener dans une réserve naturelle située au coeur de la ville. Nous avons eu le chance d’y voir des tortues, des singes et un paresseux avec son bébé. C’était vraiment marrant de le voir se déplacer à deux à l’heure! Exactement comme dans le dessin animé zootopie, pour ceux qui connaissent. La balade nous a également offert un beau point de vue sur la ville. Au retour, nous avons renoncé à utiliser le crédit de notre carte de bus et nous avons pris un taxi pour rentrer au plus vite (20 minutes contre 1h30 à l’aller). A peine arrivés, les enfants se sont jetés dans la piscine et y sont encore à l’heure où je termine cet article!

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Voilà, le Panama c’est fini. Ce pays a apporté son lot d’émerveillements mais aussi de déceptions. Nous n’avons pas toujours fait les bons choix mais c’est en forgeant que l’on devient forgeron, n’est-ce pas? En tous cas, c’est la destination parfaite pour les vacances de février par exemple. Des plages idylliques, des villages en altitude, une capitale ultra-moderne… Il y en a pour tous les goûts.

Les conditions de voyage vont se durcir encore un peu plus avec notre arrivée en Bolivie, qui, j’en suis sure, nous réserve de belles surprises.

A très bientôt, et d’ici là, portez-vous bien.

Du sable, du quetzal et du volcan… Yes, please!

Bocas del Toro suite et fin

Nous avons passé deux très belles journées sur l’archipel avant de rejoindre le continent.

Nous avons loués des kayaks (oui, encore!) et cette fois j’ai enfin compris pourquoi autant de personnes aimaient faire des balades sur ce genre d’embarcations, ce qui était auparavant totalement incompréhensible pour moi. Je n’ai jamais compris pourquoi quelqu’un voudrait de son plein gré louer un kayak pour aller se balader. Mais pour une fois, je dois reconnaître que j’ai pris du plaisir (oui, vous avez bien lu) à naviguer. Cette fois-ci, pas de vent, peu de houle, un bateau léger, agréable, qui va droit tout seul (pourquoi personne ne m’avait dit avant que ça existait ?), que pour moi (pas d’enfant qui ne pagaie pas à transporter…). Bref, je crois que les conditions étaient réunies. J’ai passé un très bon moment sur l’eau. Téva avait également un kayak pour lui tout seul mais s’est fait allègrement tracter par Nico une bonne partie de la journée. Quand à princesse Malie, ben les princesses ne pagaient pas, c’est bien connu. Elle s’est fait promener la plupart du temps sur le bateau de son papa et a fait un bout de chemin sur le mien (vu que c’était presque trop facile de naviguer avec ce bateau, il fallait que j’ajoute un peu de piment à la promenade!).

Nous nous sommes arrêtés en chemin pour plonger. C’était la première fois que Malie plongeait avec un masque et un tuba. Passées les premiers minutes un peu délicates pendant lesquelles il faut accepter d’avoir le nez pris dans le masquer et de respirer par la bouche grâce au tuba, tout le monde s’est jeté à l’eau, au sens propre comme au sens figuré. Pour cette première expérience de plongée en famille, nous sommes restés à peu près une demie heure sous l’eau. En ressortant, on pouvait lire la joie et la fierté dans les yeux des enfants. « Maman, c’était comme dans Némo! ». Tu m’étonne John! Des algues de toutes formes, des coraux, des anémones de mer, des oursins géants et bien sûr des poissons en veux-tu en voilà ! Des gros, des petits, des rayés, des blancs, des noirs, des multicolores ! Chacun avait son préféré. Il y avait même Polochon, le poisson de la petite sirène ! Les enfants étaient ravis et ça faisait plaisir à voir. Ils ne parlaient que de recommencer. Nous avons ensuite continué notre promenade marine, passant ainsi devant un vieux village coupé du monde. Nous nous sommes arrêtés quelques mètres plus loin dans une cabane sur pilotis pour pique-niquer mais la pause fut de courte durée dans des guêpes y avaient également trouvé refuge à en juger par les dizaines d’essaims disséminés aux quatre coins de la cabane. Nous nous sommes ensuite engagés sur un bras de rivière qui serpentait dans la mangrove. Il y avait tout juste la place en largeur pour une embarcation et les milliers de racines caractéristiques de la mangrove qui se jetaient à l’eau conféraient aux lieux une ambiance toute particulière. Nous étions des Indianas Jones des temps modernes, nous nous imaginions attaqués par la végétation, seuls au monde au fin fond de la jungle. Et seuls au monde, nous l’étions! Nous n’avons croisé personne de la journée. Nous avons été obligés de rebrousser chemin, la rivière étant devenue trop étroite. Nous avons ainsi quitté ce décor à la fois mystique et oppressant pour retrouver l’océan et son ciel dégagé. Quelques mètres plus loin, nous nous sommes une fois de plus mis à l’eau pour observer d’énormes étoiles de mer. Mais les enfants voulaient absolument retourner au premier spot de plongée. Ils ont manifesté tellement d’enthousiasme que nous y sommes retournés. Cette fois ci, nous avons plongé une heure. Les enfants se sont très bien débrouillés, d’autant plus qu’ils n’avaient pas de palmes. Ils étaient ravis de leur journée et ça faisait plaisir à voir.

Le lendemain, nous sommes allés sur l’île principale pour aller à la plage. Nous ne trouvons pas de bus pour nous emmener à playa Paunch alors nous prenons une navette. À peine arrivés sur le spot nous tombons sur la famille chilienne que nous avions rencontrée lors de notre transfert vers le Panama. Un papa surfeur, une maman et ses deux filles (4 et 9 ans), tous blonds aux yeux bleus ! Pas du tout typés chiliens! Les deux papas surfeurs (qui en plus de leur passion pour le surf partagent le même prénom) ont fait une session ensemble pendant que les mamans et les enfants enchaînaient les parties de UNO, LE jeu universel par excellence. Puis Isabel (la maman) nous a appris à faire des bracelets. Les enfants avaient déjà repéré ses talents dans la navette qui nous emmenait vers le Panama et bavaient sur ses créations (pour être honnête, je partageais leur admiration) et c’est avec joie qu’ils ont accepté sa proposition. Ils ont très vite appris comment faire et ont réalisé de très jolis bracelets. Il ne me reste plus qu’à trouver du fil coloré ici et à moi les heures de tranquillité ! En tous cas, petits comme grands, nous avons passé un bon moment et qui sait, peut-être nous retrouverons nous un jour quelque part.

Le lendemain nous avons quitté l’archipel de Bocas del Toro pour nous rendre à Dolega, une petite ville près de Boquete.

Nous avons pris une navette privée qui nous a déposé devant la porte de la maison. La dame chez qui nous séjournons est très accueillante. Elle m’a de suite proposé de m’emmener faire des courses dans la ville d’à côté car nous sommes dans un quartier un peu isolé. La vie est beaucoup moins chère qu’au Costa Rica et elle m’expliquait que les costariciens venaient acheter leurs vêtements ici. C’est une avocate qui habite une belle maison dans uns résidence assez chic et très calme. Elle vit avec son fils Alejandro qui a douze ans et qui passe tout son temps à jouer à Fornight. Assez désolant. Nous vivons donc à leurs côtés ce qui m’oblige à prendre sur moi et à aller vers les autres. De toute façon, je n’ai pas eu le choix : le trajet en voiture ne m’a pas laissé d’autre alternative que de m’ouvrir à discussion. Ce n’est pas si facile que ça de déambuler chez des étrangers, utiliser leur salon, leur cuisine, fouiller dans les tiroirs et les placards pour trouver les ustensiles dont on a besoin. Mais c’est un bon exercice. Et Reneyra sait nous mettre à l’aise. C’est toujours intéressant de pouvoir discuter avec les habitants et cette cohabitation nous en offre une belle opportunité.

Nous avons pris un bus pour aller à Boquete. Arrivés sur place, nous avons réservé l’ascension du mont Baru en 4×4 pour les enfants et moi. Le départ est fixé à 3h45 du matin. Quant à Nico, il fera l’ascension à pieds et va devoir marcher toute la nuit : départ à 23h30 pour lui.

Puis sur les conseils de la fille de l’agence, nous avons pris une navette pour faire la Pipeline Trail, une petite rando facile et familiale qui mène à une cascade et au cours de laquelle nous avons une chance de voir le fameux quetzal. Dans la navette qui nous amenait au départ, nous avons rencontré deux américains qui venaient pour la même chose que nous.

Nous avons avancé prudemment, en silence, en levant la tête à chaque bruissement d’ailes, plein d’espoir mais en même temps sceptiques. Il était déjà tard et ce n’était peut être pas le meilleur moment pour en voir. Au bout de 2 kilomètres, un panneau indiquait « habitat naturel du quetzal » et en effet, c’est à peine quelques mètres plus tard que nous avons eu la chance de le voir. Un guide était en train de le montrer à une touriste et nous avons ainsi pu profiter du spectacle. Les Américains nous ont rejoints pour observer cet animal majestueux. Au bout d’un moment tous les touristes sont partis et il ne restait que les Américains et nous. Nous avons eu la chance de le voir sous toutes les coutures car il s’est déplacé à plusieurs reprises. Nous avons également pu observer la femelle. Ils étaient relativement près de nous, parfaitement visibles à l’œil nu et une merveille à observer aux jumelles. C’est un oiseau aux couleurs extraordinaires avec une magnifique queue. Nous avons passé près d’une heure à les l’observer. Les enfants ont pris plein de photos et sont restés patients et silencieux, conscients de la chance que nous avions. Quand nous nous sommes remis en route, tout le monde avait le sourire. Nous avions envie d’arrêter tout le monde pour dire : « je l’ai vu! ». Un super moment en famille. Nous avons pique-niqué à la cascade puis nous avons rebroussé chemin. A peine arrivé au point de départ, nous avons encore eu de la chance car une navette est arrivée aussitôt. Le retour fut assez hallucinant. Chaque fois qu’il voyait quelqu’un au bord de la route, le chauffeur s’arrêtait pour le faire monter. Nous avons fini à 22 dans une navette qui comptait une douzaine de place, tous les uns sur les autres. Chaque fois on se disait « cette fois ci on est vraiment plein » et chaque fois d’autres personnes montaient! À la dure ! Ça fait des souvenir et ça fait partie du voyage à part entière.

La ville de Boquete est une petite ville sympathique et agréable. Les femmes et les petites filles portent pour la plupart de belles tuniques en couleur avec des gains coordonnés. Les gens sont très bruns, assez petits, mats de peau et aux yeux très noirs et un peu en amande. Très différents des costariciens.

Le jour d’après, nous avons fait un tour à David, la deuxième plus grande ville du Panamá mais la chaleur étouffante aura eu raison de notre bonne volonté et nous nous sommes réfugiés chez Reneyra où nous en avons profité pour faire travailler les enfants.

Mardi 12 mars, nous sommes retournés à Boquete. Le matin, nous avons fait le marché « du mardi », lieu de rencontre des Américains qui vivent dans le coin et vaste fumisterie. Il s’agit là d’un marché pour touristes tenus par des expats. Puis nous avons fait le marché municipal. Au lieu des étals traditionnels, chaque marchant a son box en dur. Sur les conseils d’un chauffeur de taxi nous avons acheté deux barres de Dulce. Je ne sais pas trop ce que c’est mais c’est extrêmement sucré et seul Nico a réussi à l’avaler. Nous avons également fait quelques boutiques mais tout est très cher.

L’après-midi, nous avons fait la randonnée des 3 cascades, une randonnée avec des passages plutôt engagés qui comme son nom l’indique mène à 3 cascades. Nous n’avons pas été déçus du spectacle mais notre progression a été rendue difficile par la pluie. Il pleuvait énormément et nous avons dû en découdre avec la boue. Mais ça valait totalement le coup. Pour revenir sur Boquete, nous nous sommes fait embarqués à l’arrière d’un pickup. Je vous laisse imaginer la joie des enfants ! En plus nous avons vu trois magnifiques arc-en-ciels qui décrivaient des arcs de cercles parfaits. Encore une merveille de la nature. Nous avons mangé assez tôt le soir et nous avons essayé de dormir le plus tôt possible car le lendemain nous attendait l’ascension du volcan baru.

Nico est parti à 11 heures du soir et a marché toute la nuit pour gravir les 14 km et 2500 mètres de dénivelé qui le séparait du sommet. Avec les enfants, nous nous sommes levés à 3 heures du matin et nous avons pris un 4×4 jusqu’en haut du volcan. Ça secouait fort et seuls les conducteurs aguerris peuvent monter jusqu’en haut. Nous sommes arrivés au sommet à 5h30 du matin, de nuit. Nous sommes sortis une première fois de la voiture pour voir les lumières des villes de part et d’autre du volcan. Le ciel était dégagé et rempli d’étoiles. Nous avons vu la grande ourse… dans l’autre sens! Il faisait très froid et il y avait beaucoup de vent. C’était dur pour les enfants. Nous sommes ensuite retournés à la voiture pour attendre le lever du soleil. Nico, de son côté est arrivé à proximité du sommet vers 3 heures du matin. Il s’est abrité dans une cabane avec d’autres randonneurs et s’est réchauffé auprès d’un feu. Je l’ai retrouvé vers 6 heures, sautillant comme un cabris (il avait étonnamment encore de l’énergie !) : « c’est maintenant! Il faut y aller! ». Nous sommes vite sortis de la voiture et nous avons escaladé une centaine de mètres avant d’arriver au point le plus haut. Nous avons enroulé Malie dans des couvertures car il ne faisait vraiment pas chaud. Et nous avons attendu tous ensemble, sur le toit du monde, le lever du soleil. Un moment fort en émotion surtout pour les adultes, les enfants ne réalisant pas vraiment la beauté du paysage et la situation exceptionnelle dans laquelle nous nous trouvions : au sommet d’un volcan à 3475 mètres d’altitude, l’océan Pacifique d’un côté, l’océan Atlantique de l’autre et une lumière naturelle de fou! Scène incroyable. Je crois que je ne jamais vu un lever de soleil aussi beau de ma vie. J’ai fait quelques photos puis j’ai redescendu les enfants à la voiture car ils avaient froid. Le petit déjeuner nous attendait et nous avons pu nous réchauffer avec une boisson chaude. Nico nous a ensuite rejoint puis chacun est reparti, le sportif à pieds, le commun des mortels en 4×4. Quel souvenir ! Boquete restera un moment fort de notre voyage.

Prochaine étape : Santa Catalina avec au programme plage et surf. On va pouvoir souffler un peu car mine de rien, les temps calmes sont rares.

À très bientôt.

D’ici là, portez-vous bien.

BYE BYE COSTA RICA, WELCOME TO PANAMA!

Vendredi 1er mars
Après avoir petit déjeuné, nous sommes allés à vélo jusqu’au centre du village. J’ai patienté pendant des heures au distributeur automatique, tout ça pour rien car arrivé juste avant mon tour, il n’y avait plus de billets. Grrr.Nous avons acheté nos billets de bus pour Manzanillo et nous avons sagement attendu que ce dernier arrive. Malie s’est occupée en remplissant son carnet pendant que les garçons scrutaient l’océan. Le bus est enfin arrivé avec 30 minutes de retard. J’aime bien voyager en bus. Je ne sais pas pourquoi, je trouve ça reposant et dépaysant. Arrivés à Manzanilo après 25 minutes de trajet, nous nous dirigeons vers la réserve. Les lieux sont superbes. Les plages sont idylliques et nous cheminons au cœur d’une végétation luxuriante. Le seul hic : la boue ! Il a beaucoup plu cette nuit et les nuits précédentes et la boue rend notre progression difficile. Mais ça en valait totalement la peine. Après la pause déjeuner, nous nous sommes baignés et les gars ont même plongé. Ils ont vu des poissons bien sûr mais ont aussi trouvé des étoiles de mer.
Nous nous sommes dépêchés pour prendre le bus du retour (que nous avons eu à 2 minutes près) et la journée s’est poursuivie par une session de surf pour les enfants. J’ai encore fait chou blanc au distributeur. Ça commence à m’inquiéter. Les enfants se sont régalés dans l’eau une fois de plus. Quelques courses pour le soir puis nous rentrons.

Samedi 2 mars
Ce matin, en se levant, Téva s’est plaint de son ventre. Et ça n’a pas manqué : malade. J’avais prévu d’aller à un cours de yoga 🧘‍♀️ et je pensais qu’après lui avoir donné un smecta ça irait mieux et donc je suis quand même partie à mon cours de yoga. J’avais lu auparavant d’excellentes critiques sur TripAdvisor et les tarifs étaient raisonnables : 12 dollars le cours. Je me rends donc au cours en laissant Téva avec Nico et Malie. Après quelques minutes à vélo, je trouve facilement l’endroit. C’est un lieu absolument merveilleux, propice au calme et à la méditation. Un lieu parfait pour pratiquer le yoga et se ressourcer. J’ai vraiment beaucoup apprécié cet endroit magique. De plus le cours proposé ne m’a pas déçu. J’ai suivi un cours de yoga ashtanga avec une très bonne prof. Vraiment super. Et pour couronner le tout, ça ne m’a coûté que 2 dollars. La fille de l’accueil s’est emmêlé les pinceaux quand je lui ai demandé de payer en colónes et m’a demandé seulement 1200 colónes. Sur le coup, je n’ai même pas réalisé… Un cadeau imprévu ! Ça m’a fait beaucoup de bien car les occasions de pratiquer se font rares. J’ai fini par m’acheter un tapis de yoga car à même le sol, la pratique était trop désagréable. Je ne sais pas si je reviendrai un jour dans cet endroit mais j’aimerais beaucoup y faire une retraite de yoga ou pourquoi pas une formation de prof de yoga pour compléter celle que j’ai déjà.
Sur le chemin du retour, j’ai fait la queue pendant 20 minutes au distributeur et j’ai enfin obtenu mes précieux dollars! Je suis rassurée car nous en avions besoin pour payer les taxes à la frontière.
C’est un Téva tout patraque que j’ai retrouvé en rentrant de mon cours. Nico est allé à la plage avec Malie pendant que je veillais mon petit malade. Malie, comme un grande, a pris mon vélo et s’est chargée de la liste des courses. Téva s’est beaucoup reposé mais son état ne s’était toujours pas amélioré à la mi-journée. En début d’après midi, Nico est parti surfer. Les enfants ont regardé un dessin animé (Téva n’étant pas en état de faire quoi que ce soit) puis Malie est repartie à la plage avec son père. Ils ont apparemment passé un très bon moment père / fille, moment trop rare car Malie a tendance à rechercher ma compagnie alors que Téva préférera naturellement celle de Nico. Du coup, on essaie de se ménager au maximum des moments avec chacun d’eux.
Téva a fini par s’endormir et ne s’est réveillé que quand on a couché sa sœur. Apparemment il n’a plus mal au ventre, ce qui est déjà pas mal.

Dimanche 3 mars
À mon grand soulagement, Téva s’est réveillé reposé et en forme. Il avait repris des couleurs et a savouré son petit déjeuner. J’ai fait travailler les enfants puis nous sommes allés à la plage. Pas question pour Téva de se baigner pour l’instant. Il restera donc sur la plage avec Nico pendant que Malie et moi faisons les folles dans l’eau : portée de Dirty Dancing ( spéciale dédicace pour ma pt’ite caille), acrobaties et sirènes 🧜‍♀️, je suis ressortie au bout d’une heure épuisée. C’est que ça a de l’énergie ces petites choses-là. Quelques dernières courses puis nous rentrons manger. Encore une petite session de travail puis nous reportons à la plage. Cette fois-ci, nous nous rendons à la plage de Cocles, le spot de surf de Nico de ces derniers jours. C’est un peu loin et la baignade est difficile mais c’est joli. Au moment d’enfourcher nos vélos pour prendre le chemin du retour, c’est la déconvenue : nos deux vélos sont à plat ! Nous devons faire le trajet retour à pieds en poussant nos montures rebelles. C’est long! Arrivés dans le village, nous nous arrêtons dans un bar pour trinquer une dernière fois au Costa Rica. Comme le veut notre tradition de voyageurs radins, nous avons gardé nos dernières colónes pour tout dépenser le dernier soir. Il ne reste pas grand chose mais nous nous payons un coup à boire et quelques babioles qui viendront alourdir nos sacs déjà chargés.

Demain, c’est le grand départ pour le Panama. Nous n’avons pas vu le temps passé! Nous avons du mal à réaliser que nous avons déjà passé un mois à l’étranger, à des milliers de kilomètres de nos quotidiens de fonctionnaires bien rangés.

Lundi 4 et mardi 5 mars

Pour notre passage au Panama, nous avons fait appel à une compagnie qui prenait en charge le passage de la frontière et le transfert vers les îles de Bocas del Toro. Nous avons d’abord pris une navette pendant un peu moins d’une demie heure avant d’arriver à la frontière. Là, nous avons été débarqués : la frontière se passe à pieds ! On vous fait d’abord passer par une guitoune qui vend des cartes SIM et des cacahuètes pour vous acquitter de votre taxe de sortie. C’est un peu surréaliste! Pendant ce temps, vos bagages sont déchargés. Puis nous passer ensuite à la douane Costa Ricaine pour faire tamponner vos passeports. Bye bye Costa Rica. Vous traversez ensuite un long pont et de l’autre côté, on vous fait zigzaguer entre une multitude de petites boutiques « duty free » toutes plus décrépies les unes que les autres. Finalement M. IKEA n’a rien inventé. Et enfin, au milieu de ces bâtiments pour certains quasi en ruine, vous tombez sur la douane panaméenne, équipée de détecteur d’empreintes et de trombines dernier cri. Il faut le voir pour le croire ! Pour pouvoir entrer au Panama, il faut impérativement fournir des billets d’avion prouvant que vous quittez le pays, ce que nous avions fort heureusement. Un tampon et un bienvenido plus tard, vous voilà officiellement au Panama. Facile! Une autre navette et nos bagages nous attendaient de l’autre côté.
Nous avons ensuite roulé pendant près d’une heure avant d’arriver sous la pluie à l’embarcadère. Nous y avons pris un bateau pendant une vingtaine de minutes direction les îles de Bocas del Toro. Arrivés sur place, nous avons du prendre un autre bateau qui nous a emmenés sur l’île de Bastimentos, juste en face à quelques minutes à peine. Le conducteur a eu la gentillesse de nous déposer quasiment en face de l’hôtel. Plusieurs dizaines de marches et les statues des rois mages nous ont accueillis (et aussi un gars à la réception au français impeccable). La chambre que nous avions réservée étant prise nous avons été « upgradés » pour la nuit et jour nous sommes vus attribuer une chambre avec salle de bain privative. Le luxe!
Nous avons fait un petit tour sur l’île. L’ambiance y est très cool. On sent qu’on est dans les Caraïbes. Il y a beaucoup de couleurs, des odeurs de cuisine, des poules en liberté, des enfants qui jouent avec des bouts de bois et des rubans (Nini, le Héri est arrivé jusque là-bas! Trop drôle 😄 !) et des femmes aux cheveux incroyables : couleurs vives, tresses ou chignons, de véritables œuvres d’art. Nous achetons 3 bricoles pour le repas du soir dans une épicerie hors de prix et nous rentrons ensuite à l’hôtel.
Le lendemain, Nico est allé courir pendant que je faisais travailler les enfants puis nous avons dû changer de chambre. La nouvelle chambre est plus spacieuse mais c’est sanitaires communs, tels que c’était initialement prévu.
En fin de matinée, nous sommes allés à Bocas Town pour retirer des sous. Nous avons mangé de supers bons tacos dans un petit restaurant sympa puis étant donné l’heure tardive nous sommes allés à la plage la plus proche. Elle n’a rien de fantastique mais ça nous a permis de nous baigner. Avant de repartir sur notre île, nous avons fait des courses pour 5 jours : 100 dollars pour un sac de courses. Encore plus cher qu’au Costa Rica. Peut être parce qu’on est sur une île.

Mercredi 6 mars et jeudi 7 mars
Nous sommes partis en balade jusqu’à la plage de Red Frog beach.
20 minutes de marche sur un chemin ombragé jusqu’à Wizard Beach. Jusque là tout va bien. Il nous fallait marcher encore environ 20 minutes pour atteindre la plage de red frog beach. Au début nous avons suivi un chemin qui longeait plus ou moins la mer puis nous sommes arrivés à une intersection : à droite, un VRAI chemin qui semblait s’enfoncer dans les terres, à gauche, pas de chemin. Nous avions commencé à emprunter le chemin de droite (le VRAI) quand au bout de 100 mètres à peine je vois Jean-Michel explorateur s’agiter :  « C’est pas ici, c’est pas possible, on s’éloigne trop de la mer. Demi-tour! ». Comme toute femme, presque blonde et handicapée de l’orientation qui se respecte, je m’en suis sagement remise à la décision de mon mari (tout en pestant intérieurement, persuadée qu’on aurait du rester sur ce chemin). Je rappelle pour les nouveaux lecteurs qu’on n’en est pas à notre première affaire de chemin. C’est un épisode assez récurrent dans nos aventures. Bref, nous nous engageons donc sur le non-chemin (un peu le même principe que le non anniversaire d’Alice au pays des Merveilles : 1 SEUL anniversaire et 364 non anniversaires. Remplacez le mot anniversaire par le mot chemin et vous tenez le concept. ) Et là, ce fut une véritable galère : nous avons dû marcher dans la boue, escalader, sauter, marcher sur des troncs et des branches, quasiment ramper (je n’exagère pas) pour atteindre enfin la fameuse plage. Le seul point positif, c’est que nous avons vu des dizaines de petits grenouilles rouges à pois noirs (d’où le nom de la plage). Au moment où nous arrivions enfin sur la plage, nous avons croisé des gens qui semblaient arriver d’un VRAI chemin! Se pourrait-il qu’il s’agisse du fameux chemin qui s’écartait trop de la plage ? Vous le découvrirez bientôt (mais au fond de vous, vous avez déjà la réponse n’est-ce pas?!). Nous avons mis un temps fou pour arriver. Nous avons pique-niquer sur la très belle plage qui s’offrait à nous mais il y avait trop de vagues et de rochers pour se baigner. Aussi avons nous donc fait demi tour. Nous avons tenté un retour par le chemin d’où arrivaient les gens et nous sommes arrivés facilement en quelques minutes à peine au fameux embranchement de la discorde. J’ai essayé de prendre sur moi mais je n’ai pas pu contenir un « je te l’avais bien dit », agacée de m’être fait avoir une fois de plus. Sur le chemin du retour, nous nous sommes baignés à Wizard beach, une très belle plage à l’eau turquoise puis nous sommes rentrés à l’hôtel.

La suite au prochain épisode…

CACAO, SURF ET KOH LANTA

CHOCOLATE

Avant de quitter La Tigra, nous avons visité une plantation de cacao. Nous avons eu la chance d’avoir un guide rien que pour nous. Pour la visite d’après, il y avait au moins une vingtaine de touristes. Kévin, notre guide nous a d’abord parlé de l’histoire du chocolat avant de nous montrer les différentes étapes pour arriver à l’élaboration du ce dernier. Nous avons participé à tous les ateliers et surtout, nous en avons dégusté à volonté! Bref, une visite éducative et gourmande.

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PENINSULE DE NICOYA

Nous avons ensuite quitté La Tigra pour la péninsule de Nicoya. Ce nom a fait sourire Nico car c’est comme cela que son frère l’appelait quand il était petit. Nous avons voyagé toute la journée : route puis ferry puis piste et nous sommes enfin arrivés à l’hôtel que nous avions réservé à Santa Teresa. L’hôtel était rempli de surfeurs de tous les âges et de toutes les nationalités. L’ambiance était très zen et les gens sympas. Il y avait une petite cuisine commune et des espaces avec tables, canapés et hamacs. Dommage que ce soit si cher, parce que c’est le genre d’endroit où l’on pourrait rester facilement une dizaine de jours. Le gros point positif de cet hébergement était surtout son emplacement : à quelques mètres de la plage. Et quelle plage! LA plage des cartes postales : sable blanc, palmiers et cocotiers, et franchement pas grand monde. Nous en avons bien profité. L’eau était chaude, apparemment à 28 degrés, il n’y avait ni cailloux, ni rochers, et on pouvait marcher longtemps tout en ayant pieds. Parfait pour les enfants, contrairement à la plage d’Arugam Bay, au Sri Lanka, où la baignade était compliquée et du coup l’attente pendant que Nico surfait pas des plus plaisantes. Dès notre arrivée, Nico s’est acheté une planche de surf. C’est la même que celle qu’il a en France. Il est ravi. Nous avons également loué une petite planche en mousse pour les enfants et ils se régalés! Ils nous ont impressionnés : l’un surfait avec la planche de Nico, l’autre avec la planche de location. Au début, nous les poussions pour qu’ils partent sur les mousses et à la fait, ils ramaient pour partir tous seuls. Ils arrivent super bien à se mettre debout et ils étaient trop mignons à regarder nos bébés surfeurs. Malgré les Lycras et une épaisse couche de crème solaire indice 50, nous avons cramé et nous avons fini « vanille / fraise » comme les touristes chez nous l’été! Shame on us! Nous sommes restés trop longtemps et à une heure trop avancée de la journée dans l’eau. Du coup, tartinade de biafine pour tout le monde et surtout pour ceux qui commencent à se dégarnir et qui prennent des coups de soleil sur la tête! Mais chut… je n’ai rien dit…

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Le soir, nous avons profité de magnifiques couchers de soleil mais aussi de la super lune. Nous ne l’avons pas vu le soir-même mais le soir d’avant mais elle était déjà superbe.

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A Santa Teresa, nous avons aussi mangé dans un soda, sorte de petit restaurant. Casado pour les grands et hamburgers frites pour les petits accompagnés de délicieux batidos (milkshake aux fruits frais). Nous avons également fait un peu de shopping entre filles. Il n’y avait pas grand chose à voir mais c’était l’occasion de passer un petit moment juste avec ma doudou. Ce n’est pas toujours facile d’avoir des moments privilégiés avec l’un ou avec l’autre étant donné que nous sommes toujours tous les quatre ensemble.

Pour résumer, notre séjour à Santa Teresa était bien agréable et c’est une destination que je recommande pour nos amis surfeurs.

Nous avons fait ensuite le chemin dans l’autre sens : piste (le GPS nous ayant baladé nous avons eu droit à quelques passage de guets de fous!) puis ferry puis route jusqu’à Dominical car la presqu’île de Osa, notre destination suivante, était vraiment trop loin pour l’atteindre en une seule fois. Sur la route, nous nous sommes arrêtés au niveau du pont de Tarcoles pour admirer les dizaines de crocodiles qui se faisaient dorer au soleil ou qui jouaient les sous marins dans la rivière. Petit arrêt à Dominical pour que Jean-Michel surfeur puisse « checker le spot » (pour les non-initiés, un dictionnaire du surfeur est en préparation…) puis nous nous sommes mis en quête de notre logement pour la nuit. Une casita perdue dans la pampa. Et quand je dis perdue, c’est perdue. Nous avons eu beaucoup de mal à la trouver mais nous avons une fois de plus était très chaleureusement accueilli par « Pepe », un allemand qui vit ici depuis des années et qui aurait oeuvré en faveur de la réserve naturelle. Les enfants sont ravis car ils ont leur cabane rien que pour eux avec leur propre salle de bain. Mieux vaut aimer les bestioles car il y en avait partout. Je n’étais pas très rassurée mais j’étais loin de m’imaginer ce qui m’attendait à notre prochaine cabane.

Le lendemain matin, Nico est parti surfé puis nous sommes allés jusqu’à des cascades. 3 km de piste en montée et dans la chaleur mais tout le monde a bien marché. La première était une cascade d’une centaine de mètres dans laquelle la baignade était interdite et la deuxième, plus petite, offrait la possibilité de se rafraîchir. Malie n’a pas voulu se baigner, Téva et Nico en ont bien profité, quant à moi, quand j’ai vu qu’il y avait des poissons, je n’ai pas voulu y rester. Toujours courageuse quand il s’agit d’être au contact de la vie sauvage! Sur le chemin du retour, nous avons vu nos premiers aras. Bon, ils appartenaient à un restaurant, mais ils n’en avaient pas moins des couleurs magnifiques! Après cela, nous sommes partis pour la péninsule d’Osa.

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Encore beaucoup de route. A notre arrivée, il nous faut récupérer les clés à Puerto Jimenez. Le gars qui nous accueille nous donne 20 minutes pour faire des courses puis nous escorte jusqu’à la maison, enfin jusqu’à la cabane. Quand nous devons franchir un énorme guet, je comprends mieux pourquoi il voulait qu’on arrive avant la nuit. Jackie nous attend sur place pour nous faire faire le tour du propriétaire. L’équipement est rudimentaire, la douche extérieure et il n’y a pas de barrières pour fermer la mezzanine où dorment les enfants. Charmant. Il fait nuit très tôt. Nous nous dépêchons de manger (dehors, il n’y a pas de table à l’intérieur) mais nous ne pensons pas à fermer la porte du coup plein d’insectes se faufilant à l’intérieur dont d’énormes cigales. Nous luttons pour installer les moustiquaires correctement et je peux vous assurer que je ne me barricader sous les draps et sous la moustiquaire tout en imaginant des dizaines d’insectes essayant de me dévorer (sens de la mesure!). Le bruit des cigales géantes dans la moustiquaire me fait encore froid dans le dos. Mais ce n’était rien comparé à ce qui nous attendait pendant le nuit. En effet, vers 4 heures du matin, nous avons entendus des hurlements. C’était des singes hurleurs. J’avais l’impression qu’ils étaient sous ma fenêtre (en fait, ils étaient bien sous ma fenêtre). Leur hurlements sont vraiment flippants. Même s’il ne pouvait rien nous arriver, mon coeur cognait fort dans ma poitrine. Ce cinéma a duré une bonne heure.

Au petit déjeuner, un groupe de singes écureuils passent dans les bambous juste devant nous. Au secours! Qu’est-ce que je fais là? Et en plus on reste 5 jours!

Nous sommes partis en ville pour réserver la visite du parc national de Corcovado (guide obligatoire) et Nico insiste pour réserver aussi un tour de kayak (oh joie!). L’après-midi, nous profitons de notre jardin incroyable. Même si je ne suis pas fan de la vie sauvage, je dois reconnaitre que voir autant d’animaux à sa porte est tout de même extraordinaire. Nous avons eu la chance de voir le morpho (sublime papillon bleu emblème du pays), des perroquets verts, des aras, des singes écureuils et des singes hurleurs. Tout ça depuis notre terrasse. Assez unique.

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Le lendemain, nous avons rendez-vous à 5h20 du matin devant une petite boulangerie de Puerto Jimenez pour récupérer notre guide. Au premier coup d’oeil, nous avons un doute sur les compétences de ce dernier. Un vrai guide n’est-il pas censé avoir un énorme sac banane, des guides dépassant de toutes ses poches et un super téléobjectif? Le nôtre n’a rien de tout cela et nous confirme d’ailleurs dès les premiers mètres qu’il n’est pas vraiment guide mais que c’est un scientifique (geek, selon mon analyse) qui accompagne les touristes pour arrondir ses fins de mois. Nous roulons sur la piste pendant deux heures puis nous laissons notre véhicule sur un parking. Commence alors une marche d’approche de plus d’une heure et demie dont 30 minutes sur une plage (magnifique certes) en plein soleil et par une chaleur vraiment difficile à supporter. Pendant cette marche d’approche, le « guide » nous donne bien quelques informations mais nos guides précédents nous avaient déjà expliqué les mêmes choses et du coup l’effet de surprise n’y est plus. Quand nous arrivons enfin au parc national, Malie n’est pas au meilleur de sa forme. Elle a laissé beaucoup d’énergie à marcher sur la plage mais elle continue bravement. La balade dans le parc de Corcovado se révèle franchement décevante. Le parc en lui-même est très joli. Il longe une plage sauvage digne des plus belles cartes postales. Mais il fait chaud, notre guide n’a pas l’air franchement intéressé et nous ne voyons quasiment aucun animal. Nous avons payé une fortune (un prix absolument exorbitant), fait beaucoup de route, marché longtemps en pleine chaleur pour pas grand chose au final. Quand on pense qu’on a qu’à franchir la porte de notre cabane pour voir des animaux à foison, et gratuitement, ça fait un peu râler. Même topo pour le retour :marche, passage par la plage et piste. Cependant, au lieu de rentrer se reposer après une dure journée, Nico veut tester les spots locaux. Ils sont sur le chemin du retour alors je cède même si j’aurais préféré rentrer (la vie est faite de compromis…). Ce n’est pas le bon moment pour surfer mais il se met quand même à l’eau et prend quelques vagues minables. Nous ne pouvons même pas nous baigner car il y a des rochers partout. Quand nous rentrons enfin, Malie se plaint se de sentir mal. Nous la forçons à boire et à manger pour qu’elle reprenne des forces puis nous la mettons au lit. Et là, c’est le drame. Un premier vomito sur la moustiquaire, le drap du dessus, le drap housse et le tapis (elle n’aurait pas pu mieux faire) et le temps de lui monter un sac, un deuxième du haut de l’escalier sur … sa mère adorée qui lui montait un sac. Carnage. Scène apocalyptique. Il va sans dire que nous ne disposions pas d’une machine à laver et que nous avons du tout laver à la main. Trop sympa. Pendant ce temps, Téva se bidonnait sous ses draps en se repassant la scène de sa soeur dégobillant sur maman. L’accident enfin réparé, tout le monde est reparti ce coucher. Je suis d’autant plus déçue de la visite que Malie en a été malade. Mais rassurez-vous, la pauvre doudou était remise sur pied dès le lendemain.

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Le jour suivant, les enfants ont travaillé toute la matinée avec moi pendant que Nico était parti surfer. Puis l’après-midi, nous avons fait la fameuse sortie kayak. Comme vous pouvez l’imaginer, j’avais du mal à cacher mon impatience (NOT!!!). J’ai vraiment souffert à l’aller. Chacun de nous avait un enfant dans son bateau. Nico, trop heureux d’être dans un kayak s’amusait à faire des accélérations et à prendre des vagues pendant que je serrai les dents et que je ramais en silence en espérant secrètement que le supplice prendrait bientôt fin. Nous avons eu la chance de voir des dauphins tout proches de nous et la vue qu’on a de la mer sur la côte est vraiment très jolie. Nous avons longé des plages désertes de sable noir, ornées de palmiers. Puis c’est la pause (qui s’impose!). Bobby, notre guide, nous prépare un ananas. Puis nous faisons le retour par la rivière et nous naviguons au milieu de la mangrove. C’est calme. Il n’y a personne. Seulement nous et les petits oiseaux. Le guide tente de nous donner quelques explications mais nous n’arrivons pas à comprendre son anglais. Dommage. Nous assistons pour finir à un joli coucher de soleil.

Pour notre dernier jour sur la péninsule d’Osa, nous passons une bonne partie de la journée à la plage. Papa surfe, Malie lit dans son hamac et Téva et maman jouent aux Robinsons.

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Nous avons beaucoup apprécié notre séjour sur la péninsule mais si c’était à refaire, nous ne referions pas le parc de Corcovado.

Nous avons passé une nuit à San Jose pour rendre la voiture et à partir de maintenant le voyage se fait en bus. Une autre façon de voyager qui a ses avantages et ses inconvénients mais qui n’est pas sans charme…