BRYCE CANYON, LAKE POWELL, MONUMENT VALLEY ET … QUAND HERVÉ NOUS A LÂCHÉ….

Après Zion, nous avons fait le magnifique parc de Bryce Canyon. Un de mes préférés. Ses cheminées de fées sont absolument sublimes et tellement poétiques. Nous nous sommes rendus sur un point de vue en faisant une mini balade pour admirer le coucher du soleil sur les hoodoos (c’est comme cela qu’on appelle les cheminées de fées). Magnifique. Le lendemain, nous nous sommes levés assez tôt pour faire une jolie randonnée au milieu des hoodoos. Certaines ont hérité d’un nom à cause de leur forme particulière. Nous croisons assez peu de personnes sur la partie la plus éloignée de la randonnée et nous apprécions. Après la foule de Zion, un peu de calme fait du bien! Sur la fin de la boucle, il y a évidemment plus de monde car les premières hoodoos sont accessibles facilement. Les enfants, après avoir rempli leur livret, passent prêter serment et récupérer leur badge ainsi qu’un joli autocollant car, pendant la randonnée, ils avaient réussi à trouver 3 marques dissimulées sur le parcours, une façon ludique d’encourager les gens à se bouger un peu au lieu de regarder le Canyon depuis le bord en se faisant déposer par la navette.

Nous sommes partis en milieu de journée pour rejoindre le lac Powell. Il est un peu trop tard pour louer des kayaks alors nous allons jusqu’à une plage aménagée au bord du lac pour nous baigner. Il fait vraiment très chaud et cette baignade est la bienvenue. Le soir, nous dormons sur une aire de camping-cars gratuite qui surplombe le lac.

Le lendemain, nous allons chez le loueur à la première heure afin de profiter de nos kayaks. Le ciel est un peu couvert, ce qui nous protège du soleil. Nous pagayons pendant une éternité. Je fais d’abord équipe avec Téva mais nos deux caractères de sauvage ont du mal à s’accorder et nous mettons un certain temps à nous entendre et à caler nos coups de pagaie en cadence. C’est un peu la soupe à la grimace mais nous finissons par trouver un terrain d’entente. A mi-parcours, nous changeons les équipes et je récupère Malie dans mon kayak. J’ai plus de facilité à m’entendre avec elle vu qu’elle ne pagaie que 5 minutes avant de décréter qu’il fallait qu’elle récupère. Au moins, j’ai pu ramer à ma guise! Nous accostons sur une petite plage déserte pour pique-niquer. Il fait bien plus chaud sur la terre ferme que sur l’eau. Nous nous baignons puis, comme nous sommes allés assez loin sur le lac, Nico propose me propose de monter avec lui et de tracter les enfants. Nous les laissons se baigner en plein milieu du lac puis, alors qu’ils remontent à bord, je vois que le ciel s’assombrit. Je demande innocemment à Nico s’il ne pense pas qu’il va pleuvoir. Réponse : « Noooooonnnnnnn », franc et sans hésitation. Bon, s’il le dit… Quelques minutes plus tard, nous commençons à sentir quelques gouttes. Le ciel est maintenant noir et le vent se met à souffler. Nous sommes encore bien loin du loueur et loin aussi de la berge. Nico, qui est d’habitude décontracté en toutes circonstances, ne plaisante pas et demande à tout le monde de pagayer sans s’arrêter. Le vent souffle très fort et nous avançons face aux vagues. J’ai l’impression d’être dans un mauvais cauchemar en pleine tempête. J’ai l’impression que nous n’atteindrons jamais le bord mais à force de pagayer, nous finissons par arriver près d’une berge. Le vent est trop fort pour qu’on puisse continuer à pagayer. Nico descend et tire les bateaux jusqu’à ce qu’on puisse ramer à nouveau. Avec les enfants nous finissons à pieds et Nico ramène les bateaux au loueur tant bien que mal. Téva y a mis toutes ses forces et a pagayé sans s’arrêter jusqu’au bout. Lui et moi avons eu vraiment peur. Malie ne s’est pas bien rendu compte des conditions difficiles. Quant à Nico, sans aller jusqu’à avoir peur, il a craint que nous nous retrouvions pris dans un orage. Une heure à peine plus tard, il n’y a avait plus le moindre souffle de vent et le lac était redevenu aussi calme qu’une mer d’huile… Bref, plus de peur que de mal mais je ne suis pas prête d’oublier mon passage sur le lac Powell, magnifique lac artificiel qui a nécessité 17 années pour être rempli. Après cet épisode riche en émotion, nous sommes allés à l’office de tourisme du lac pour admirer l’immense barrage et récupérer deux badges de ranger junior de plus. Nous passons ensuite la nuit dans un décor de western à deux pas du lac et assistons à un magnifique coucher de soleil.

Notre prochaine étape nous emmène jusqu’à Monument Valley, paysage de western par excellence qui a d’ailleurs servi de lieu de tournage pour bon nombre de films. Nous y arrivons en début d’après-midi. Nous apprenons en arrivant que nous ne pouvons pas nous promener à pieds dans le parc (en pleine réserve indienne et entièrement gérée par les Navajos) car il fait trop chaud et nous ne pouvons pas non plus faire le tour des différentes formations avec notre camping-car car seules les voitures y sont autorisées. Nous n’avons pas d’autre choix que de faire le tour en prenant un 4×4. C’est assez cher mais le tour vaut complètement le coup et nous comprenons pourquoi l’accès à la route est interdit aux camping-cars. La route est toute cabossée et ça secoue fort dans le 4×4. Les formations rocheuses sont plus belles les unes que les autres.

Après le tour, nous mangeons dans le camping-car avant d’assister au coucher du soleil sur les célèbres mitaines vues tant de fois dans les westerns.

Nous passons la nuit sur un parking avec vue sur Monument Valley.

Le lendemain nous nous levons car nous avons prévu de faire la petite randonnée que nous n’avions pas pu faire la veille pour cause de chaleur. Mais Hervé en avait décidé autrement. A peine partis, nous entendons que le camion fait un drôle de bruit : clac, clac, clac, clac, clac. Nico s’arrête dès qu’il le peut sur le bas côté et là, le camion ne redémarre plus. HS. Cela marquera le début d’une longue journée de galère. Nous sommes en pleine réserve Navajo, au milieu de nulle part. Comme notre opérateur téléphonique ne couvrait pas la région, nous n’avions aucun moyen de téléphoner. Nous avons arrêté une première voiture assez rapidement. Une famille de touristes californiens. L’homme appelle un garage que nous avions repéré sur mapsme et qui se trouve à 7 miles de nous. Le garagiste lui répond qu’il est occupé mais qu’il va venir dans deux à trois heures. Trois heures plus tard, toujours personne. Nous arrêtons une autre voiture pour rappeler le garage qui répond qu’il est trop occupé et qu’il ne viendra pas. Nous venons de perdre 3 heures. Le jeune indien qui vient de s’arrêter nous dit que son grand-père est mécano et qu’il va aller le chercher. Pendant que nous attendons, un autre indien s’arrête et téléphone à notre assurance qui nous envoie une dépanneuse. Pendant ce temps là le jeune est revenu avec son grand-père et celui-ci pense qu’il n’y a pas assez d’huile. Nico se fait donc emmener à une station service pour acheter de l’huile et remet de l’huile dans le moteur. Entre-temps un autre couple d’indiens s’arrête et nous prête ses pinces pour essayer de faire redémarrer Hervé. A force de charger la batterie, Hervé redémarre mais fait toujours un bruit infernal. Et quelques secondes après, une pièce tombe carrément du moteur. Les indiens nous disent que le camion est mort et qu’il n’y a plus rien à faire. Ils repartent et nous attendons toujours la dépanneuse. Comme nous avons encore besoin d’appeler, nous arrêtons une autre voiture. Un jeune couple qui nous avait vu en passant le matin s’arrête. L’homme nous conseille de faire remorquer le camion dans l’autre direction car nous y trouverons une plus grande ville et aurons plus de chances de faire réparer Hervé là-bas. Il appelle un garage qu’il connaît et nous garantit que quelqu’un va venir nous remorquer. Il nous laisse son numéro et prend le nôtre en nous souhaitant bonne chance pour la suite. Nous annulons la première dépanneuse qui n’était même pas encore partie et nous attendons deux heures de plus sur le bord de la route. Quand la dépanneuse arrive enfin, il est 18h00. Nous sommes sur le bas côté depuis 8h30 du matin, et la journée n’est pas finie. Le gars met une bonne demie heure à attacher le camion puis nous montons tous dans la remorqueuse et c’est parti pour deux heures de route. Quand nous arrivons à Blanding, il est 20h30. Pendant l’attente, nous avions préparé nos sacs de façon à ne rien laisser dans le camion. Le garagiste qui nous a remorqué nous dépose dans un motel, le « moins cher de la ville » à 100$ la nuit et nous allons manger un hamburger dans un diner à 5 minutes à pieds. L’heure n’est pas à la rigolade. Nous évaluons notre différentes options : faire réparer Hervé, abandonner Hervé et continuer avec une voiture de location et des échanges de maison dans la mesure du possible, ou rentrer à la maison. Quelle que soit l’option, c’est un gros coup dur.

Le lendemain, nous passons la matinée au garage et après plusieurs coups de fils et de nombreuses hésitations, nous décidons de faire réparer Hervé. Nous en avons pour autant que l’achat du camion lui-même mais c’est encore ce qui nous reviendra le moins cher, en espérant qu’on pourra le revendre. Il faut encore le remorquer dans une autre ville car le garage qui nous l’a remorqué ne peut pas le réparer. L’après-midi, Nico fait du stop pour aller louer une voiture (il n’y a pas de loueur avant Moab, située à 80 miles de nous!). Il a eu de la chance car quelqu’un l’a emmené jusqu’au bout. Pendant ce temps nous restions en contact et je m’occupais de réserver une voiture et de trouver un logement avec home exchange. Mission accomplie : Nico a réussi à récupérer la voiture et nous avons une maison à Moab grâce à nos points pour la semaine. Nous avons de la chance dans notre malheur et nous gardons espoir…

La suite? Encore des récits de parcs nationaux et l’hypothétique réparation de Hervé… Mais tout cela, ce sera pour le prochain épisode.

A très bientôt. Et d’ici-là, portez vous bien.

CHAUD DEVANT

Moi qui me plaignais d’avoir froid sur la côte Californienne, j’ai été servie! Quelle chaleur en arrivant à Las Vegas, ville située en plein désert du Nevada et où, il faut bien l’admettre, il n’y a pas grand chose à faire en pleine après-midi en famille. Il faisait une chaleur presque insupportable. Nous avons laissé Hervé sur un parking de centre commercial et nous avons entrepris de remonter le Strip (rue principale où se trouvent tous les hôtels et les casinos). Nous avons commencé par la visite de Venise. La reproduction fidèle des bâtiments est assez bluffante et l’on s’y croirait, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Les murs et les plafonds des bâtiments sont richement décorés et ornés de peintures telles qu’on pourrait en trouver en Italie. Nous avons rapidement compris que contrairement à nous les gens restaient au frais et dépensaient leurs sous au casino. Après l’Italie, direction la Grèce. Nous avons fait escale au célèbre Caesar’s Palace où avons assisté à un spectacle de statues animées. Ce n’était pas fantastique mais c’était gratuit, au frais et au cœur d’une galerie marchande transformée en ville romaine. Puis direction Paris et sa Tour Eiffel. Encore une fois, l’illusion est presque parfaite et la galerie marchande nous plonge en pleine capitale. Nous avons ensuite poussé jusqu’au magasin M&Ms pour faire une petite surprise aux enfants, épatés de voir des dizaines de tubes géants remplis de M&Ms de toutes les couleurs. Chaque gourmand est reparti avec son petit sachet et s’applique à le faire durer le plus possible… Nous avons mangé un morceau avant d’assister au spectacle son et lumières des jets d’eau du basin de l’hôtel Belargia au coucher du soleil. Très poétique. Nous avons enchaîné avec celui de l’explosion volcanique donné par l’hôtel Miracle à la nuit tombée. Impressionnant ! Nous avons bien senti la chaleur des flammes! Puis un dernier petit spectacle avant de regagnent notre camion. Nous avons passé la nuit à deux pas du Luxor, en compagnie d’autres « bouseux » comme nous sur un parking de la ville. Je n’ai pas particulièrement apprécié Las Vegas mais il faut reconnaître que c’est une ville vraiment particulièrement, une sorte de Disneyland géant pour grands enfants. Et de toute façon, nous avions besoin de faire une étape avant d’atteindre le parc national du Grand Canyon. J’ai eu du mal à supporter la chaleur et cela m’a un peu inquiétée pour la suite des événements car je me suis demandée comment nous allions pouvoir randonner par une telle chaleur.

Nous sommes arrivés au Grand Canyon en fin de journée et là, j’ai pris une claque. J’aime bien ne pas savoir à l’avance ce que je vais voir pour avoir la surprise. Et quelle surprise. Nous sommes allés à pieds au point de vue le plus proche. J’ai été impressionnée par la paysage qui s’étalait sous les yeux à perte de vue. Le Grand Canyon est définitivement une œuvre d’art de la nature à côté de laquelle on se sent tout petit. Nous avons fait nos premières photos puis nous avons mangé sur le parking car nous voulions assister à la projection sur les étoiles qui avait lieu en début de soirée. Le thème était « notre place dans l’univers ». Les enfants ont bien accroché et l’animation s’est poursuivie par une nuit d’observation des étoiles. Une soixantaine de passionnés avait installé leur télescopes, dont certains étaient énormes, et invitait le public à observer les astres tout en donnant des explications. Super initiative mais malheureusement il y avait beaucoup de monde donc nous ne sommes pas restés longtemps.

Le lendemain, nous avons fait le Rim Trail qui surplombe et qui longe le Grand Canyon. La balade se fait sur un sentier bétonné mais offre de fabuleux points de vue. Une partie du chemin nous propose de remonter depuis aujourd’hui jusqu’à la naissance de la Terre tout en proposant des explications sur la formation du Canyon ainsi que des échantillons de roches à observer et à toucher. Très pédagogique, cela nous a permis de bien comprendre la formation du Canyon. Nous sommes également passés par un musée géologique qui a beaucoup intéressé les enfants, soucieux de bien remplir leur livret dans l’espoir de recevoir leur badge de Ranger Junior. Je ne savais pas qu’il y avait de tels livrets avant mais il semblerait qu’il y en ait dans tous les parcs nationaux. Ils sont très bien faits et rendent les enfants acteurs de leur visite. C’est parfait. Nous sommes allés jusqu’à Hopi point puis nous avons pris une navette pour rentrer au centre des visiteurs où nous avons visionné une vidéo sur le Grand Canyon. La descente dans le canyon, ce sera pour le lendemain. Je stresse car je ne sais pas si je vais être capable de remonter en un seul morceau ! Je me fais aussi du souci par rapport aux enfants et à la chaleur.

Pour notre randonnée dans le Grand Canyon, le Bright Angel’s trail (on va voir des anges si on n’arrive pas à remonter??!), nous nous levons à 5h30 pour un départ à 6h30. Il fait déjà chaud mais c’est supportable et il n’y a pas grand monde sur la rando. Des aires de repos jalonnent le parcours où l’on peut faire le plein d’eau et récupérer à l’ombre. Nous avons pris notre petit déjeuner lors de la première (après avoir parcouru 1,5 miles) puis nous avons fait une autre pause à 3 miles avant d’atteindre Indians Garden, étape située à 4,5 miles du départ. Nous nous sommes installés à l’ombre dans l’oasis qu’offre cette étape. Les enfants ont rempli leurs carnets de Rangers pendant que Nico se rendait jusqu’à Plateau point, situé à 1,5 miles d’Indians Garden. Quand il revient, il me convainc de m’y rendre à mon tour accompagnée de Téva. Le chemin n’est pas difficile. C’est tout plat mais c’est en plein soleil et cela rajoute 5 km aller-retour aux 7,5 que nous avons fait et 7,5 qu’il nous reste à faire. Avec Téva, nous souffrons un peu de la chaleur et nous trouvons que le point de vue est bien loin mais nos efforts ont été récompensés car la vue sur la rivière du Colorado valait le détour. Et nous sommes contents d’avoir fait ce bout de chemin tous les deux. Ce fut l’occasion de discuter entre mère et fils, ce qui n’arrive pas assez souvent à mon goût. Ensuite, toujours à l’ombre de l’oasis, nous avons déjeuné. Puis Nico, insatiable et têtu a voulu aller « toucher la rivière », ce qui est formellement déconseillé au cours d’une seule journée. Il s’est donc rajouté un bon 10 km aller-retour, en pleine chaleur et en montée sur le retour. Même si j’admire la performance sportive, je ne peux pas m’empêcher de trouver cela imprudent pour rester polie. Mais bon, il fallait absolument qu’il aille plus loin que lors de sa dernière visite du Grand Canyon quand il avait 14 ans. Je pense que je n’ai pas les bonnes hormones et/ou membres pour comprendre…

Après s’être suffisamment reposés et comme le ciel était un peu nuageux (nous protégeant ainsi un peu du soleil), nous avons entrepris de remonter tout ce que nous avions descendu. Il y avait autant de dénivelé que pour le Canyon de la Colca, sauf que ce n’était pas de nuit, à la fraîche, mais en pleine après-midi et que nous avions déjà bien marché avant. Nous avons fait le plein d’eau et nous nous sommes mis en route. Une fois de plus, les enfants ont très bien marché. Personnellement, j’ai eu du mal dans le dernier tiers de la remontée. J’avais tellement chaud que boire me donnait la nausée et je pense que je n’avais pas assez mangé. J’avançais péniblement mais après une petite collation j’ai retrouvé un peu d’énergie et je suis finalement arrivée en haut. 15 km pour Malie, 20 pour Téva et moi, 30 pour Nico, je pense que pour chacun de nous, c’était la randonnée la plus longue et la plus difficile mais nous en gardons tous un super souvenir et nous sommes fiers de l’avoir fait. Nous avons ainsi pu admirer les différentes couches qui composent les roches du canyon et au fur et à mesure que nous nous enfoncions dans le canyon, nous remontions dans le temps (à l’échelle géologique). Les enfants ont ainsi pu approcher ce qu’ils avaient observé de loin la veille et étudié dans leurs livrets et au musée. Cela restera un très beau souvenir de notre aventure. Nous avons achevé notre journée par un magnifique coucher de soleil sur le Canyon.

Le lendemain, nous sommes allés voir cette merveille de la nature une dernière fois. Les enfants ont récupéré leur premier badge de Ranger Junior puis nous avons vidangé Hervé et nous avons levé le camp. Au total, nous avons passé 4 jours et 3 nuits dans le parc national du Grand Canyon. Nous avions trouvé un super coin pour dormir dans la forêt juste à la sortie du parc et nous avons même pu faire des feux. Téva était ravi.

Les parcs s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Nous avons ensuite mis le cap vers le parc national de Zion. Le premier soir nous avons fait une toute petite balade pour voir des bassins naturels et une petite cascade mais tout était presque à sec et la moitié du chemin s’était effondrée et était donc inaccessible. Nous avons trouvé qu’il y avait beaucoup de monde mais nous nous sommes dit que c’était certainement parce que la promenade était très facile.

Pour que les enfants puissent valider leur livret et obtenir leur badge, il fallait qu’ils assistent à un atelier animé par un ranger. Nous avons opté pour l’atelier du soir qui portait encore une fois sur les planètes et en attendant que cela commence, nous avons voulu manger un morceau. Alors que nous approchions du comptoir du snack, une jeune fille nous annonce que c’était fermé mais nous donne une portion de frites qui n’avait pas été vendue. Tout content, nous nous apprêtions à ressortir quand une autre serveuse nous donne une autre portion de frites! Nous faisons le plein de sauces et allons nous installer quand une famille à qui on avait également donné des frites nous propose une troisième portion car ils en avait trop ! Impeccable! Une fois de plus, nous avons eu de la chance. La conférence a un peu moins intéressé les enfants car ils avaient entendu plus ou moins la même chose la dernière fois mais ils ont quand même appris l’importance d’avoir une nuit noire pour les animaux et la difficulté des citadins pour voir les étoiles à cause de la pollution « lumineuse » générée par tous les éclairages.

Le lendemain, nous avons fait la balade des « Narrows ». Nous avons commencé par faire la queue pour prendre la navette. Il y a définitivement beaucoup de monde dans ce parc et tout le monde descend au même arrêt que nous pour faire la même balade. Il s’agit de se promener en marchant dans la rivière. Il y a un monde fou et personnellement, je ne prends pas énormément de plaisir à avancer à contre-courant à la queue leu leu. Nous avons parfois de l’eau jusqu’aux hanches et le courant est assez fort. J’avance péniblement en pestant dans ma barbe alors que Nico et les enfants se régalent. Après la pause déjeuner, ils poursuivent d’ailleurs tous les trois pendant que je lis au bord de la rivière puis ils reviennent me chercher et nous rentrons ensemble par le même chemin qu’à l’aller. Rafraîchissant mais cela ne me laissera pas un souvenir impérissable. Nous passons la nuit dans la forêt à proximité du parc et le lendemain nous nous lançons à l’assaut de la célèbre Angels Landing, une rando dont le sommet est si étroit que seuls les anges peuvent y atterrir (encore une histoire d’anges…). Le début de la randonnée est bétonné et mène à un plateau d’où part une ascension difficile jusqu’au sommet. Il y a encore une fois beaucoup de monde. Il faut se tenir à des chaînes et même escalader pour arriver au sommet. Ça tire sur les cuisses et il fait chaud mais la vue valait bien tous ces efforts et nous sommes tous contents d’avoir fait cette randonnée. Le parc de Zion est sympathique mais petit et notre plaisir a été un peu gâché par la foule, essentiellement des Américains qui faisaient le pont pour la fête nationale qui avait lieu le 4 juillet.

Voilà pour l’instant. Nous avons ensuite exploré le magnifique parc de Bryce Canyon ainsi que le lac Powell, mais ça, ce sera pour la prochaine fois.

Bise à tous et d’ici là, portez-vous bien.

PS : nous ne sommes pas du tout concernés par les séismes récents car nous sommes en ce moment en Arizona (un État dans lequel Harry zona…), loin de la Californie.

IF YOU’RE GOING TO SAN FRAN-CISCO…

Tu trouveras effectivement plein de choses à faire!

Avant d’arriver à San Francisco, nous avons fait le plein d’essence, les courses, une machine, la vidange des eaux usées et le plein d’eau. Prêts pour tenir quelques jours.

Nous nous sommes garés sur un parking gratuit tout au nord de la ville avec vue sur le Golden Gate Bridge. Nous avons marché jusqu’à un premier point de vue pour faire quelques photos et pique-niquer. Le pont est vraiment tel qu’on se le représente, rouge et majestueux. Nous avions également vue sur la célèbre prison d’Alcatraz qui compta parmi ses prisonniers le non moins célèbre Al Capone.

Ensuite nous avons pris un bus qui nous a déposé en plein China Town. Comme dans tous les quartiers chinois à l’étranger j’imagine, on a vraiment l’impression d’être en Asie. Tout est écrit en Chinois, les gens parlent Chinois et il n’y a que des Chinois! Les rues sont décorées de lanternes rouges et l’entrée dans le quartier est annoncée par une imposante « porte du dragon » telle qu’on peut en voir en Chine. Nous avons flâné dans le quartier et avons fait quelques emplettes car tout comme en Chine, ici c’est moins cher!

Après avoir partagé un cappuccino, nous avons décidé de prendre le fameux et mythique funiculaire. C’était sympa, surtout que les rues montent beaucoup, mais très cher pour une si petite balade. Mais aucun regret. Je voulais de toute façon absolument monter dedans et cela nous a rapproché de notre prochain lieu de visite : la Coit Tower (prononcez-le comme vous le voulez…). Cette haute tour nous offre une vue imprenable sur la ville.

Ensuite, nous nous sommes rendus à pieds dans la baie. Nous avons déambulé sur le Pier 39 où les lions de mer nous ont offert un joli spectacle avant que ce ne soit Téva qui nous offre un spectacle. En effet, ce dernier fut choisi pour être le partenaire de l’artiste qui se produisait. Il s’agissait d’un jongleur acrobate et Téva devait le seconder et lui envoyer ses quilles de jonglage par exemple. Mais comme Téva ne comprenait pas tout, cela donnait des échanges assez drôles. Il s’est montré à la hauteur une fois de plus et il a été bien récompensé car l’acrobate lui a donné 10$ pour sa participation. Ça valait le coup de faire rire un peu le public de ses maladresses! Évidemment, Malicha aurait bien aimé être choisie … Après cela, nous sommes remontés à pieds jusqu’au parking en longeant la côte. Comme nous avions le droit d’y rester jusqu’à 22h, nous en avons profité jusqu’au bout. Nous avons mangé et pris notre douche, puis, comme nous commençons à en avoir l’habitude, nous nous sommes préparés pour la nuit avant de nous glisser en mode infiltrés sur un parking entre deux autoroutes. Pour nous, ce n’était l’histoire que d’une nuit, mais il est clair que pour beaucoup de personnes, il s’agissait de l’endroit où ils passaient régulièrement la nuit, et pour certains dans leur voiture. La crise touche tout le monde et en dormant « en sauvage » dans les villes, nous la côtoyons ce près. De plus en plus ce gens vivent dans leur camion pour ceux « qui ont de la chance » d’en avoir un, voire dans leur voiture et galèrent tous les soirs pour trouver un endroit où passer la nuit.

Le lendemain, nous nous sommes trouvés une petite place près du Golden Gate Park et nous avons marché jusqu’à l’Académie des Sciences de Californie, ce qui nous a valu une réduction sur le prix de l’entrée (pas donnée, du coup c’était toujours ça de pris). Il s’agit en fait d’un énorme musée interactif dans lequel nous avons passé quasiment toute la journée. L’intérieur est incroyable : forêt tropicale, aquarium et planétarium ont fait le bonheur des petits comme des grands. Même Nico qui n’aime pas les musées a apprécié la visite et n’a commencé à montrer quelques signes d’impatience que vers 16h. C’est vous dire si c’était bien. La forêt tropicale nous a replongé au cœur du Costa Rica, l’aquarium nous a emmené à la rencontre d’espèces sous-marines surprenantes et nous nous sommes retrouvés à milles lieux sous la mer dans le planétarium (qui diffusait non pas un film sur les planètes mais un film sur le corail) qui fut fatal à Nico (digestion + fauteuil en position semi-allongée = sieste). Après la visite du musée nous nous sommes rapprochés du Golden Gate Bridge pour prendre quelques photos puis nous l’avons traversé pour prendre ENCORE des photos de l’autre côté. Nous avons passé la nuit sur une aire de repos juste au pied du pont et n’avons pas été dérangés.

Puis nous avons fait la route vers le parc du Yosemite. Grâce à une excellente application dénichée par Nico, nous nous sommes posés juste avant l’entrée du parc pour passer la nuit. Nous ne sommes pas les seuls. Le spot est au bord d’une rivière et vraiment à la limite avec le parc.

Enfin, nous sommes partis à la découverte du mythique parc national du Yosemite, dont l’accès, contrairement à ce que plusieurs personnes nous avaient dit, n’est pas du tout soumis à un tirage au sort. En fait, seule la randonnée du Demi-dome se fait sur tirage au sort car elle est limitée à 300 personnes par jour. Mais de toute façon, nous n’avions pas l’intention de la faire.

Nous avons investi dans le pass annuel qui permet de rentrer dans plus de 400 parcs nationaux car cela devenait rentable dès le 3ème parc (et on va en faire un paquet…).

Le premier jour, nous avons commencé par la cascade du voile de la mariée, très jolie et très accessible. Puis nous avons fait « tunnel view » qui offre une vue imprenable sur la vallée. Ensuite nous avons enchaîné avec Taft point, une petite randonnée facile pour se mettre en jambes pour le lendemain. La randonnée se termine au dessus de falaises gigantesques, avec vues impressionnantes. Un couple de mariés et leurs invités se font d’ailleurs prendre en photo devant ce paysage à couper le souffle. Nous avons même la chance d’assister à une traversée de high-line (slack tendue entre deux falaises). Impressionnant! Au retour, nous nous sommes retrouvés coincés dans les bouchons. Il y a beaucoup de monde car nous étions samedi. Nous n’avons presque plus d’essence du coup nous ressortons du parc pour faire le plein et nous avons décidé de ne pas y retourner pour la journée car le circuit est à sens unique et nous n’avons pas envie de retrouvés encore coincés. Du coup, nous nous faisons encore quelques points de vue avant de sortir et nous quittons le parc. Nous passons encore la nuit au même endroit sans soucis.

Nous nous sommes montrés plus organisés pour la deuxième journée. Levés à 6h30, nous avons trouvé de justesse une place sur le parking principal, déjà plein à une heure si matinale. Nous avons pris notre petit déjeuner puis une navette qui nous a emmené au départ de notre randonnée du jour : le mist trail, rando ultra populaire d’environ 10 kilomètres au cours de laquelle nous avons vu deux superbes cascades. La première nous a complètement trempés jusqu’aux os mais nous a offert un superbe arc-en-ciel et une vue comme on en voit dans les films quand les héros se trouvent tout en haut de la cascade avant de dégringoler. La deuxième est tout aussi majestueuses et les paysages sont à couper le souffle. Et en bonus, nous avons vu deux petits ours qui s’amusaient sur le bord du chemin. Ils étaient tout mignons.

Après le mist trail, nous avons repris la navette pour aller jusqu’au lac. Les enfants s’y sont amusés un moment. Puis encore un coup de navette pour retourner jusqu’au parking. Juste à côté du parking se trouvait une aire de vidange des eaux usées. Ainsi, nous en avons profité pour vidanger et faire le plein d’eau. Nous avons ensuite passé la nuit sur une sorte d’aire de camping sauvage au milieu de la forêt. En effet, l’Etat met à disposition gratuitement des zones de forêt pour que les gens puissent y camper. Nous en avons profité pour nous poser et faire quelques bricoles au camion. Pour une fois que nous ne sommes pas au bord d’une route ou en mode infiltrés.

Nous sommes donc partis en fin de matinée direction le Sequoia national park. Une fois encore, nous dormons dans la forêt.

Les séquoias du parc sont vraiment impressionnants. Ce sont de vrais géants. La parc renferme l’arbre le plus volumineux du monde. Pour visiter le parc, nous avons laissé Hervé sur un parking et nous avons utiliser la navette mise à la disposition des visiteurs toute la journée. Nous avons enchaîné les balades et avons pu admirer des dizaines d’arbres millénaires. Lors de notre dernière balade, nous avons eu une drôle de surprise. Nous avons croisé une dame qui nous a dit de garder nos enfants près de nous car il y avait un ours dans la prairie. Nous rappelons donc les enfants qui étaient bien loin devant nous et nous marchons à la recherche de l’ours mais nous ne le voyons pas. Nico était en mode « j’ai faim. J’ai faim, j’ai faim, j’ai faim » façon cité de la peur. N’ayant pas de gencives de porc sous la main, nous nous sommes arrêtés au premier banc pour que monsieur puisse manger un petit cookie. A peine le goûter sorti, j’entends Nico qui me dit : « p*t**n, remballe tout, il est là ». L’ours était à dix mètres juste en dessous de nous ! J’ai remballé en quatrième vitesse et nous l’avons observé et suivi pendant un bon moment. Puis trouvant qu’il se rapprochait un peu trop, je suis partie devant avec les enfants. Nico nous a rejoint devant une cabane qui avait été creusée dans un tronc de séquoia puis nous continuons notre boucle. Sur le chemin en contrebas, je vois des gens qui s’agitent et nous font des signes. L’ours avait traversé la prairie et le chemin et se trouvait à nouveau juste à côté de nous. Cette fois-ci, j’ai eu vraiment peur. J’ai vu cette bête imposante se diriger vers nous et je me suis sentie vraiment vulnérable. J’ai pris les enfants et nous avons pressé le pas pour nous éloigner sans courir. J’avais le cœur qui battait, persuadée que l’ours en voulait à mes cookies! Nico, resté en arrière en a profité pour prendre des photos tout en se planquant derrières les arbres… Bref, une vraie rencontre avec la vie sauvage. Je ne m’attendais pas à en voir un de si près. Pourtant, il y a bien des panneaux partout qui signalent la présence des ours et des instructions très strictes sur le stockage de la nourriture qu’il faut absolument tenir hors de portée des ours. De même, nous avons bien saisi l’importance de marcher groupés! Les enfants, eux, n’ont pas eu peur et se sont gentiment moqués de moi. On voit bien que ce n’est pas eux qui avaient un paquet de cookies dans le dos! Dans la journée nous avions aussi vu des biches, des écureuils et des marmottes.

Les parcs sont absolument magnifiques et ce n’est que le début. Bien d’autres nous attendent. Pour l’heure, nous allons passer dans le Nevada et partir à la découverte de Las Vegas. Oh yeah!

Merci encore pour vos nombreux messages. Bises à tous et d’ici là, portez-vous bien.

Hervé le RV (Recreational Vehicle pour les non-initiés)

Après bien des galères, voilà à peu près une semaine que nous voyageons avec notre camping-car, rebaptisé par Nico « Hervé ».

Tout d’abord, nous avons eu beaucoup de mal à trouver un camping-car dans notre budget. Au départ, nous comptions y mettre entre 3000 et 4000$ mais à ces prix-là, nous ne trouvions que des ruines qui, pour la plupart ne démarraient même pas et dans lesquels rien ne fonctionnaient. Ou bien, nous tombions sur des arnaques. Des types qui voulaient qu’on envoie de l’argent avant d’avoir vu le camion. Mais bien sûr !

Et puis, nous sommes tombé sur Bella, enfin Hervé puisqu’il.elle a été rebaptisé.e. Ce camping-car date de 1986 mais il est en très bon état. L’intérieur est très propre et TOUT fonctionne : eau chaude, frigo, congélateur et même un four. Toutes les lumières fonctionnent aussi ainsi que le chauffage. Incroyable pour un camion de cet âge-là. Et en plus il roule! Que demande le peuple? Quand nous avons vu l’annonce nous avons tout de suite pris rendez-vous et nous avons été les premiers à le voir. Nous avons eu de la chance car il serait parti rapidement. La propriétaire en voulait 6000$. Nous l’avons eu à 5300$. Et elle nous a laissé pas mal de choses dans le camion comme des couverts, des sièges de camping et des lampes. C’est toujours ça de pris.

Mais évidement, il ne suffit pas d’avoir trouvé un camion. Encore faut-il l’assurer. Entre ceux qui n’acceptent pas les permis étrangers et ceux qui « ont fait mais ne font plus les RV de touristes », cela n’a pas été facile. Et heureusement que je parle anglais. Pour une personne qui a un anglais un peu rudimentaire, c’est quasiment mission impossible! Mais après une heure passée au téléphone, j’ai finalement réussi à faire assurer notre véhicule. Et dire qu’il faudra refaire le même cinéma pour l’assurance dans quelques semaines quand nous serons au Canada…

Récapitulons : le camion est trouvé, il est assuré mais pas encore payé. Et là, nouvelle galère. Les banques ne veulent pas qu’on retire au guichet si on n’a pas de compte chez eux et nous sommes limités au distributeur. Nous avons atteint notre plafond. Et même quand nous finissons pas trouver une banque qui accepte que l’on retire des sous au guichet, c’est notre banque qui refuse. Opération impossible! Nous pensons alors à Western Union mais là encore, l’opération échoue. Nous sommes vraiment dans la panade. Heureusement Julien et Christelle qui font des travaux dans leur maison ont un peu de cash d’avance et proposent de nous dépanner. Pierre et Françoise entrent aussi dans la combine et font un virement aux Jorda car nous avons peur que notre banque refuse encore la transaction. Bref, tout le monde s’y est mis et nous remercions au passage nos bienfaiteurs. C’est quand même super frustrant de ne pas pouvoir disposer de son argent comme on l’entend. Mais passons. Au final nous avons réussi à réunir l’argent et nous voilà donc arrivés au jour J, jour de la vente.

Afin de faciliter les démarches, nous nous rendons dans une entreprise qui nous aide à faire les papiers et là, après avoir lâché 400$ de plus pour faire la carte grise, nous nous rendons compte que le contrôle anti pollution n’a pas été effectué, contrôle obligatoire pour obtenir les papiers du véhicule. Le dernier date de février et l’ancienne propriétaire nous assure que le véhicule a toujours passé tous les contrôles. C’est donc confiants que nous nous présentons au contrôle. À peine quelques minutes plus tard, l’ouvrier vient me voir pour le dire qu’il y a un problème avec le moteur et qu’il ne lance même pas la machine car il est sur que le camion ne passera pas. Je suis complètement abattue et je me dis qu’on ne va jamais y arriver. Pour la faire courte, nous trouvons un autre garage qui accepte de nous le faire passer et qui au vu des résultats du test précédent n’est pas inquiet. Et le camion passe haut la main. Retour au bureau pour la carte grise et Yala! C’est fois-ci, c’est bon, nous pouvons enfin repartir avec Hervé.

Comme vous pouvez le constater, l’acquisition de ce camping-car fut loin d’être facile et encore une fois, heureusement qu’on était hébergé et aidé par la famille et heureusement que je parle bien anglais. Je ne vois pas des touristes qui ne disposent d’aucune aide et qui ont un anglais moyen faire ce qu’on a fait. Sans compter qu’il nous a fallu pas moins de 15 jours avant d’être opérationnel et en mesure de prendre la route.

Revenons-en à Hervé. Nico a fait faire la vidange et le gars lui a dit qu’il était vraiment en bon état. Mais le gros point négatif c’est qu’Hervé et très très gourmand et consomme énormément d’essence. Un vrai gouffre! Nico va essayer de le faire régler mais en attendant, il « tête » comme on dit chez nous.

Pour notre première journée, nous n’allons pas bien loin. Nous faisons quelques courses et dormons au niveau de Malibu, sur un parking qui longe une aire « récréative » et nous ne sommes pas embêtés.

Le deuxième jour, Nico surfe non loin de Malibu puis nous allons nous promener à Ojai, jolie petite ville depuis laquelle nous faisons une toute petite balade pour aller voir une cascade. Nous avons la possibilité de dormir sur place pour 20$ mais nous trouvons que c’est trop cher (si on avait su à quel point c’était pas cher!!) et Nico veut retourner sur la côte pour surfer. Nous allons donc jusqu’à Santa Barbara (je suis sure que vous êtes en train de fredonner le générique…) pensant que nous pourrions dormir sur un parking comme la nuit précédente mais il est interdit de passer la nuit sur un des parkings de la ville. Un peu dégoûtés nous nous rendons sur une aire de camping-cars mais elle est privée. Des gens nous disent qu’on peut dormir dans les rues de la ville sans problème, ce que nous faisons. Effectivement nous ne sommes pas dérangés et nous trouvons même à proximité une station service dans lesquelles nous pouvons vidanger les eaux usées et faire le plein d’eau (l’autre souci du camping cariste).

Le troisième jour, nous sommes allés jusqu’à Pismo Beach. Nous trouvons une place pour nous garer indiquée par l’application Park4night et nous profitons des lieux. La ville est sympa et la plage jolie. Nico se met à l’eau pendant que je fais travailler les enfants. Tout va bien. Jusqu’à ce que nous soyons réveillés par la police juste avant minuit. Il est interdit de dormir sur les parkings de la ville et nous devons dégager en pleine nuit. Nous tournons pendant des heures (littéralement). Les aires de camping car et les campings sont pleins, les autres villes alentour interdisent aussi les camping-cars et nous ne voyons pas de solution. Il y a bien un relai routier où nous pourrions nous arrêter mais il est à 1 heure de là où nous nous trouvons. Qu’importe, au point où nous en sommes, il faut bien trouver un endroit pour dormir. Nous nous y rendons et quand nous nous couchons enfin, il est 3 heures du matin. Heureusement, les enfants ne se sont rendus compte de rien et ont continué à dormir.

Un peu échaudés et complètement explosés, nous reprenons la route le lendemain en direction de Big Sur. La route côtière est magnifique et nous nous arrêtons pour voir des lions de mer avachis dans le sable. Nous avons pu nous approcher très près de ces énormes bestiaux (bien que ce ne soit pas très recommandé car malgré leur imposante carrure, ces animaux se déplacent très vite sur le sable). C’est la période à laquelle ils muent. Allongés sur la plage, les lions de mer se recouvrent de sable, dans doute pour accélérer leur « peeling »…On pouvait voir des lambeaux de cuir un peu partout sur la plage et les enfants (bien aidés par leur papa) n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’en apporter au camion malgré mes réticences. Résultat : une odeur pestilentielle a envahi le camion et nous avons du nous séparer des ces « magnifiques peaux de bête ».

Nous avons fait une halte dans un joli parc d’Etat mais n’étant pas encore très bien organisés, nous n’avons pas eu le temps de faire la randonnée jusqu’au bout. Mais nous avons quand même profité des lieux et nous avons dormi sur place pour la modique somme de 45€. Et oui, le sommeil a un prix. Mais pour ce prix là nous avons eu droit à un atterrissage et un décollage d’hélicoptère juste derrière le camion. Nous étions aux premières loges et Téva était ravi.

Le lendemain, frais et dispos, nous nous sommes rendus à Carmel by the sea, une très jolie petite ville aux maisons toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Alors que certaines sont très modernes, d’autres ressemblent à la chaumière de Blanche Neige (bien plus grandes évidemment, mais l’esprit est là). Nous passons un moment sur la plage mais le beau temps n’est décidément pas au rendez-vous et les vagues non plus. Nous nous arrêtons à plusieurs endroits à la recherche de la vague mais ce matin, il n’y a rien. Dans l’après-midi, nous faisons une halte à Manressa où Nico trouve de quoi se mettre à l’eau. Nous passerons la nuit sur le parking d’un Walmart, chaîne de supermarchés qui pour certains acceptent que les camping-cars y passent la nuit.

Après Manressa, nous sommes allés à Santa Cruz. Nico voulait faire regarder le camion car il consomme beaucoup d’essence et nous tombons par hasard sur un garage dirigé par un monsieur super sympa, qui a un van et qui compatit … Il n’a pas le temps de s’occuper de nous mais fait venir son pote qui a habité à Pouzol, village voisin de Pézenas et qui parle français. Il passe trois heures sur le camion (ils s’y mettent même à trois) et bidouille ce qu’il peut mais il n’y a pas grand chose à faire. C’est un vieux camion et il consomme beaucoup et c’est comme ça. C’est un peu frustrant mais on n’y peut rien. Nous avons eu de la chance de tomber sur ce garage car non seulement ils s’y connaissaient en camion, mais en plus, ils ne nous ont rien fait payer. Vraiment super sympa! En échange, nous inviterons le mécano quand il sera de passage du côté de chez nous.

Pendant que Nico était au garage avec les mécanos, j’ai emmené les enfants à la fête foraine. Nous nous sommes régalés. Nico nous a rejoint plus tard et nous nous sommes amusé comme des fous.

Nous commençons à comprendre comment exploiter les ressources de la ville pour se garer et nous mangeons sur un parking ouvert jusqu’à minuit face à l’océan puis, déjà prêts pour aller se coucher (lits faits, dents brossées et pyjamas), nous sommes allés nous garer discrètement dans une rue où le stationnement était autorisé.

Nous n’avons pas été dérangés et au petit matin, nous nous sommes remis sur un parking face à l’océan. Nous nous sommes promenés le long de la plage. La côte à Santa Cruz est très belle et la promenade bien agréable.

Voilà pour ces premiers jours en camion. Nous n’avons pas fait grand chose. Beaucoup de surf pour Nico et de plage. La côte est très jolie et fait penser aux paysages d’Irlande et d’Ecosse. Nous avons connus quelques difficultés avec le camping-car pour dormir car beaucoup de villes interdissent qu’on y passe la nuit mais nous commençons à prendre le coup et à être mieux organisés.

Prochaine étape : San Francisco.

A très bientôt et d’ici là, portez-vous bien.

WELCOME TO LA

Enfin des nouvelles!

Les premiers 15 jours sur le sol américain furent intenses! En voici le récit.

Nous avons quitté le Pérou et voyagé toute la journée pour arriver enfin à Los Angeles après 24 heures de voyage. Tout s’est bien passé, excepté le passage à l’immigration pour lequel nous avons fait la queue pendant 1h30. Il était pas loin de minuit, les enfants étaient debout depuis 4 heures du matin et dormaient à moitié par terre dans la file d’attente. Sur les conseils de Julien et Christelle (le cousin de Nico et sa femme) nous avions réservé une voiture à l’aéroport. Accueil à l’Américaine : sourire ultra-bright et démesure. Même en pleine nuit, il y 4 ou 5 guichets ouverts à l’agence de location et nous récupérons sans peine notre Chevrolet Equinoxe (on ne se refuse rien), voiture la plus confortable dans laquelle il m’ait été donné de poser mes fesses. Nous sommes accueillis par Julien qui a gentiment veillé pour nous attendre. Nous ne sommes pas mécontents de poser enfin la tête sur l’oreiller.

Dès le lendemain, la chasse au camping-car commence. Nous déchantons rapidement car dans notre budget, nous ne tombons que sur des arnaques. Tout est super cher ou super pourri et je commence déjà à déprimer. Nous faisons la connaissance de Christelle, que nous ne connaissions pas et de Tim, 5 ans, le fils de la famille. Nous passons une bonne partie de la journée à papoter et l’autre à chercher des camions, sans succès.

Le lendemain, histoire de nous changer les idées et de profiter de notre environnement, nous partons pour Santa Monica. Nous faisons tous les arrêts « classiques » que font tous les touristes : le ponton de Santa Monica avec sa fête foraine, la plage, le boardway jusqu’à Venice Beach et les canaux de Venice. Nous y avons passé toute la journée. C’est exactement comme dans les films ou les séries : il y a des palmiers partout, des petites cabanes en bois de surveillants de plage, des excentriques, des skateurs et des gars torse nu. Petite déception quand même ; il ne faisait vraisemblablement pas assez chaud et nous n’avons pas eu droit aux filles en string à rollers. Next time maybe…

Samedi matin, nous sommes allés voir un premier camion. Vieux mais qui roule. Seul PETIT problème : le toit est pourri. Il est moisi et a des trous partout. Un coup pour rien.

Ensuite nous sommes allés à une BBQ party chez des copains de Julien et Christelle. Nous avons rencontrés plein de français, espagnols et anglais qui vivaient à LA et nous avons passé un bon moment. Enfin, le soir, Julien et Christelle nous ont emmenés mangé les meilleurs « rolls » de ma vie et une glace à tomber par terre. Perfect day, mais toujours pas de camion.

Dimanche matin, nous avions rendez-vous pour voir un deuxième camion. Le premier était pourri MAIS roulait. Celui-ci était pourri ET ne roulait pas. Le mec a mis 25 minutes à la faire démarrer, sans succès. « Bon, ben, on va y aller, hein? ». Il n’a même pas essayé de nous retenir. Chaque échec me fait déprimer. Je me dis qu’on ne va jamais trouver quelque chose dans notre budget. De plus, je ne veux pas être une charge pour Julien et Christelle qui eux ne sont pas en vacances et qui travaillent tous les deux. Même si nous sommes accueillis comme des rois, nous débarquons quand même à quatre et nous sommes plutôt envahissants. Et la situation est inconfortable : nous avons envie de trouver un camion rapidement et du coup nous passons beaucoup de temps à faire des recherches au lieu de profiter de Julien, Tim et Christelle et de découvrir toutes les richesses de LA. C’est un peu frustrant.

Nous avons pris des rendez-vous pour voir d’autres camping-cars et du coup, en attendant, nous visitons un peu la ville.

Lundi, nous sommes allés au centre-ville, Downtown pour les intimes. Christelle nous avait préparé une petite liste des incontournables et nous n’avons pas été déçus. Nous avons commencé par la Grand Union Station, une superbe gare que l’on voit parfois dans les films. Puis nous sommes baladés dans le quartier mexicain de El Pueblo. Il ne reste de mexicain que les boutiques de souvenirs mais c’est coloré et sympathique. Puis nous enchainons avec le Walt Disney Concert Hall, un bâtiment à l’architecture incroyable signée par le designer de l’opéra de Sydney. Pour le déjeuner, nous avons gouté les meilleurs tacos de la ville (encore un bon conseil des Jorda!). Juste en face du Central Market où nous avons mangé, se trouve le Bradburry Building, autre bâtiment dont le hall est absolument incroyable et qui a servi de décor à des films dont Blade Runner pour ceux qui connaissent.

L’après-midi, l’équipe de France Exchange nous a accueillis dans ses locaux. Téva and Malie ont suivi un cours avec des enfants de leur âge avant de faire une présentation de leur voyage. Ils ont apprécié de se retrouver avec d’autres enfants et ont pu mesurer leur progrès. Ils ont trouvé le travail demandé facile ce qui les a rassuré sur leur niveau. Les 25 élèves de l’école ainsi que les maitresses ont pris place en face d’eux et c’est avec un peu d’appréhension qu’ils se sont lancés pour parler de leurs aventures. Un peu stressés au début, ils se sont détendus au fil de l’exposé et ont répondu aux nombreuses questions posées par les enfants qui se sont montrés très intéressés. Ils s’en sont très bien sortis et tout le monde les a félicités. Je suis très fière d’eux.

Le lendemain , nous avons fait la visite des studios Universal. Nous sommes arrivés au studio les premiers afin de profiter pleinement de notre journée (à 100 dollars par personne, avec réduction obtenue grâce à Julien, tu as envie de rentabiliser ta journée !). Nous faisons la queue avec d’étranges sorciers vêtus de capes et armés de baguettes magiques car oui, le parc des studios Universal abrite une reconstitution du château de Poudlard et une partie des décors du film a été reproduite. A l’ouverture des portes, c’est la folie. Petits et grands se ruent vers le château de Poudlard afin d’être les premiers à en profiter. Il faut dire que les décors sont superbes. Chaque petit détail reprend un élément des films. Ça donne presque envie de faire la queue pour en profiter. Et l’attraction principale est à couper le souffle. Littéralement ! Nous l’avons faite trois fois! Puis nous avons traîné dans les « rues » de la ville, à la recherche de la baguette parfaite et en quête de choco- grenouilles! Les enfants étaient fous de joie et ne voulaient plus quitter la zone dédiée au petit sorcier le plus célèbre de la planète. Heureusement, le reste du parc fut tout aussi fort en émotion : visite des studios et des décors de cinéma et manèges à sensations fortes, nous en avons profité jusqu’à la dernière minute (sauf Nico qui après 3 Harry Potter et 2 Simpsons a bien failli rendre son déjeuner). Bref, une journée de fous. Les adultes comme les enfants s’en sont donnés à cœur joie!

Aux Etats-Unis, c’est déjà la fin de l’année scolaire et donc l’heure de la remise des diplômes. Tim, le fils de Christelle et Julien, n’est qu’en moyenne section mais il a eu droit à sa cérémonie officielle de remise des diplômes sous l’œil attendri de la famille et des amis. Tous les élèves de sa classe sont montés sur scène, fiers comme des bar-tabacs, vêtus de leurs plus beaux habits et coiffés du traditionnel chapeau carré qu’arborent habituellement les étudiants. La cérémonie était toute mignonne, chaque enfant venant récupérer son diplôme avant de venir dire au micro ce qu’il aimerait faire plus tard. J’aime bien ce principe qui consiste à officialiser un peu les choses et faire du passage en classe supérieure un moment solennel. La remise des diplômes fut suivie d’un buffet gargantuesque organisé par les parents.

Entre deux visites de camping-cars, nous avons quand même pris le temps de profiter de LA. Session de surf à Huntington Beach (séquence émotion pour Nico qui est ainsi revenu sur les traces de sa toute première session de surf), Hollywood Boulevard (et oui, Harry Potter a son étoile et ses traces de pas dans le ciment !), Hollywood Sign (nous avons fait une petite randonnée avec les Jorda qui nous a menée à l’arrière des lettres géantes qui forment le mythique mot HOLLYWOOD). La totale!

Nous avons enfin trouvé notre camping-car et nous avons quitté le nid douillet de la famille Jorda qui nous a réservé un accueil plus que chaleureux et qui nous a apporté une aide précieuse dans notre quête du parfait bolide. Nous leur en sommes très reconnaissants. L’achat du camping-car fut loin d’être facile mais nous vous raconterons tout cela dans un prochain épisode.

A très bientôt. Et d’ici là, portez-vous bien.

Fin de l’Acte 1 Scène 4

Déjà 4 pays visités! Le temps file à toute allure et j’ai même l’impression que tout s’accélère.

Après notre séjour à Arequipa, nous nous sommes rendus dans différentes villes en remontant vers le nord du pays.

Nous avons d’abord fait un arrêt à Ica. Il n’y a pas grand chose à faire là-bas si ce n’est l’oasis et les dunes de sable de Huacachinas. Nico s’y est essayé au sandboard et nous avons assisté à un joli coucher de soleil, installés tout en haut des dunes (comme si nous n’avions pas assez marché les jours précédents).

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Puis de Ica, nous avons pris la direction de Pisco. Là non plus, pas grand chose à voir dans la ville à proprement parler. L’attraction touristique réside dans la réserve nationale située à Parracas, à 20 minutes de Pisco. Les îles Ballestas, accessibles depuis Parracas également, constituent l’autre intérêt de cette zone.

Nous avons commencé par faire notre traditionnel tour au marché pour faire quelques provisions. Le marché est sale et les vendeurs peu avenants. Il n’y a aucun touriste et nous commençons à découvrir une autre facette du Pérou, moins développée que les sites ultra touristiques du sud du pays. Un vendeur plus sympa que les autres nous met en garde contre les pick-pockets et les malfrats et nous invite à faire attention et à ne pas sortir quand le soleil est couché. Notre chauffeur de taxi nous avait dit la même chose quelques heures avant et cela n’est pas pour me rassurer. Je ne suis pas très à l’aise et je me sens passée au crible par les locaux, peu habitués à voir des touristes car ces derniers logent plus volontiers à Parracas. Nous mangeons notre pique-nique dans un square puis nous prenons un taxi pour aller à Parracas. Le taxi fait semblant de ne pas comprendre que nous voulons visiter la réserve et nous pose dans la ville. Nous ne savons pas trop comment nous y prendre pour aller à la réserve et nous nous interrogeons sur la suite des événements quand un gentil monsieur qui travaille dans une agence touristique nous propose de nous faire faire le tour. Il ne nous prend pas plus cher qu’un bus et nous bénéficions ainsi d’une visite guidée et privée de la réserve. L’endroit est très original. A l’époque, l’océan recouvrait une bonne partie du territoire et aujourd’hui, on peut encore en voir les traces. Nous avons ainsi vu de très jolis fossiles marins, témoins de la présence de l’eau à l’époque de la préhistoire. Nous avons également observé le travail de l’érosion mais aussi des mouvements des plaques tectoniques illustré par ce que les locaux nomme la « cathédrale ». Jusqu’en 2007, on pouvait encore observer une arche naturelle façonnée par l’océan. Malheureusement, lors du séisme de 2007, cette arche et une partie de la formation rocheuse se sont écroulées et il n’en reste pas grand chose. Nous nous sommes ensuite arrêtés à différents points de vue avant de terminer le tour par une visite instructive du musée de la réserve. Comme il n’y avait pas de cuisine commune à l’hôtel, nous avons dû sortir pour manger. Me remémorant les recommandations du vendeur et du chauffeur de taxi, je ne souhaite pas m’aventurer dans la ville et nous allons donc manger au plus près! Puis retour à l’hôtel direct! Courageuse mais pas téméraire!

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Le lendemain nous avons fait le tour en bateau pour visiter les îles Ballestas. Ce n’est pas encore tout à fait la pleine saison touristique et il n’y a pas grand monde mais déjà les bateaux sont les uns derrière les autres. Je n’ose même pas imaginer le cirque que cela doit être en pleine saison. Nous ne pouvons pas accoster sur les îles. Seuls les animaux y vivent. Nous avons vu quelques pingouins (c’est vraiment trop mignon), des otaries et des centaines d’oiseaux. Jusqu’en 2012, le guano déposé par les oiseaux était récupéré, vendu et utilisé comme engrais. Depuis, des engrais chimiques ont remplacé cet engrais naturel. Les différentes îles en sont recouvertes et il s’en dégage une forte odeur.

Après Pisco, nous nous rendons à Lima. Nous n’y passons qu’une journée. Nous visitons le centre historique et à cause de la circulation, nous manquons de rater notre bus pour Mancora. Nous arrivons à la gare de bus 10 minutes avant le départ! Comme il y a presque 20 heures de bus jusqu’à Mancora, nous avons réservé un bus « de luxe » avec sièges inclinables à 180 degrés et écrans individuels. Les sièges sont très confortables et les enfants se « gavent » de dessins animés en espagnol. Peut être un trop car cela a valu à Téva une bonne migraine. A Mancora, la chambre que nous avons réservé n’est pas encore prête et on nous propose de nous loger dans l’hôtel d’en face qui appartient aux mêmes propriétaires. La chambre est certes plus petite mais il y a un super jardin. Finalement, nous ne sommes pas perdants au change. Une fois les sacs déposés dans la chambre, Nico s’est mis en quête d’une planche de surf à acheter (comme si on n’était pas assez chargé comme ça). Il trouvera son bonheur rapidement et enchaînera les sessions dans une eau à 24 degrés. Moins chaude qu’au Costa Rica et qu’au Panama, mais suffisamment chaude pour se passer de combinaison. Avec les enfants, nous profitons aussi de l’eau et de la plage et nous alternons baignades, jeux et travail. Cela fait du bien de se poser un peu au même endroit et de ne rien faire (notez mes progrès au passage!). Nous avons droit à de superbes couchers de soleil et nous nous faisons plaisir : cours de surf pour Téva (Malie n’a pas voulu prendre de cours) et cours de yoga pour moi. Qu’est-ce que ça fait du bien! Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu une vraie, longue pratique et j’ai eu des courbatures pendant deux jours! Le personnel de l’hôtel est sympathique, tout comme les autres résidents et nous passons de beaux moments sous le soleil de Mancora.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin et il nous reste une dernière étape avant de quitter le Pérou : Chicama, la vague la plus longue du monde (je na sais pas pourquoi, je sens que ça vous fait rêver). Nous prenons ENCORE un bus de nuit (vraiment pourri celui-ci) et nous débarquons de bon matin à Chicama. Comme l’hôtel n’est pas encore ouvert, nous prenons notre petit déjeuner dehors, sur un banc, face à l’océan. Avant même de poser les sacs, Nico se trouve une combinaison à louer et sitôt installés, se jette à l’eau. Visiblement, il y a beaucoup de courant et les sessions sont fatigantes mais Jean-Michel surfeur se régale et on ne l’arrête plus. Il passe des heures à l’eau pendant que les enfants s’occupent en m’écrivant des messages pour la fête des mères dans le sable. Le dimanche soir, fête des mères oblige, nous nous payons un coup à boire. Mais je n’ai plus l’habitude de boire des alcools forts et je n’arrive même pas à finir ma Pina Colada. Mais qu’est-ce qu’il m’arrive?! Il ne faudrait pas que le voyage dure trop longtemps!

En dehors de cette merveilleuse vague, il n’y a rien à faire. Vraiment rien de rien. D’ailleurs le village est mort. Il n’y a personne dans les rues. Aucun touriste à part quelques surfeurs. En plus, il y a eu un séisme assez fort la nuit d’avant et les gens ont été un peu secoués (dans tous les sens du terme).

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Enfin, l’heure est venue de prendre notre dernier bus de nuit. Cette fois-ci, nous prenons un bus vraiment confortable et j’arrive à dormir un peu.

Arrivés à Lima, nous allons nous balader dans le quartier de Barranco aux rues décorées de magnifiques fresques puis nous allons dépenser encore quelques soles au marché et surtout, nous allons acheter une valise. En effet, au cours de nos quatre mois de voyage, nous avons fait pas mal d’achats et force est de constater que ça ne passe plus dans nos sacs qui sont prêts à craquer (et qui ont déjà commencé à craquer d’ailleurs). Nous perdons un temps fou dans les transports en commun. Il y a vraiment beaucoup de circulation et la journée s’avère fatigante. Nous n’avons pas vraiment apprécié la ville de Lima car c’est une très grande ville et en tant que bons campagnards, nous avons du mal avec les grosses agglomérations.

Alors voilà, le Pérou, c’est fini. Nous avons apprécié ce pays aux multiples facettes. Et nous avons aussi constaté les effets de la mondialisation sur ce pays. Plus de tenues traditionnelles. Les femmes, même les plus âgées sont habillés avec des vêtements modernes. Plus de tresses. Elles portent les cheveux courts. Plus de couvertures pour porter les bébés mais des poussettes à la place. Des supermarchés, des Starbucks, des McDo et des H&M. Tout le monde porte la même chose, mange la même chose et utilise le même téléphone. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose? C’est difficile à dire. Tout le monde a droit à la modernité. Mais est-ce que cela doit se faire au détriment de l’identité culturelle? That is the question! Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

Sur ces bonnes paroles, je vous quitte pour mieux vous retrouver. Prochaine étape : les States.

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Bises à tous et d’ici là, portez-vous bien.

AREQUIPA, REQUIPA, REQUIPA, REQUIIIIIIPA!!

C’est ce que vous ne manquerez pas d’entendre si vous vous rendez dans une gare routière pour prendre un bus. Les femmes crient ainsi le nom des destinations pour vous attirer dans leur compagnie, ce qui ne manque pas de nous faire rire à chaque fois et de donner lieu à des imitations plus ou moins fidèles ! Nous avons donc pris notre premier bus de nuit pour aller à Arequipa. Le trajet s’est plutôt bien passé si on fait abstraction du fait qu’on s’est farci Spiderman pendant 2 heures et demie en espagnol et que nous sommes arrivés à la gare d’Arequipa à 6 heures du matin après une courte nuit. Le bus a beau être très confortable, j’ai du mal à trouver le sommeil en position semi-allongée. Heureusement, les enfants n’ont pas ce problème et ont très bien dormi.

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Arrivés à Arequipa, nous avons déposé nos affaires à l’hôtel puis nous sommes allés prendre un petit déjeuner en terrasse avec vue sur la place centrale. Un « bon » café (il n’y a pas de bon café ici mais n’importe quoi qui ressemble vaguement à un café fait l’affaire) et me voilà requinquée ! Après la frénésie des jours passés à Cusco, tout le monde a besoin de se reposer et nous décidons de le prendre tranquille. Nous ne faisons qu’une seule visite par jour.

Le premier jour, visite de la Cathédrale et tour de la ville. La Cathédrale, qui a souffert lors du dernier tremblement de terre, est magnifique. Comme à notre habitude, nous nous rendons au marché pour faire nos petites courses.

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Le deuxième jour, les enfants nous ont guidé jusqu’à une boutique-musée où nous avons découvert tous les secrets de l’alpaga. ALPACA 🦙 ! BABY ALPACA! Ces quelques mots sont devenus une « running joke » entre nous car toutes les vendeuses nous affirment en permanence qu’elles nous vendent du véritable alpaga quand de toute évidence il s’agit de synthétique made in Asia. Bref, notre curiosité satisfaite, nous sommes retournés à l’hôtel les mains vides car évidemment, l’alpaga, le vrai, coûte la peau des fesses.

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la laine avant le processus de transformation

Enfin, le troisième jour, nous avons visité le couvent de Santa Catalina, une véritable ville dans la ville. Sans le faire exprès, nous nous sommes mélangés à un groupe de français en voyage organisé et nous avons du coup profité de leur guide. La visite était très intéressante et le couvent est un lieu vraiment à part. Il y a de nombreuses cours et rues de couleurs différentes. Nous avons visité les anciennes maisons des sœurs qui avaient carrément des servantes. Chacune avait sa spécialité : la sœur qui fait les gâteaux, la sœur qui coud, la sœur qui peint. Pour rigoler, j’ai demandé à Malie qu’elle sœur elle serait. Réponse : « La sœur qui joue de la guitare électrique »! Ça, c’est fait! À une certaine époque, il y a eu jusqu’à 500 femmes recluses dans ce couvent. Aujourd’hui il ne reste qu’une trentaine de sœurs qui vivent ensemble sous le même toit.

Nico avait très envie que nous tentions un trek de plusieurs jours avec les enfants. Le Canyon de Colca nous semblait une bonne entrée en matière et nous avons réservé un trek de 3 jours avec un groupe. Habituellement nous évitons les tours organisés mais, non seulement cela revenait moins cher (les rats sont de retour) mais en plus cela nous retirait le soucis de l’itinéraire. Nous n’avions qu’à suivre…

Premier jour : lever à 3 heures du matin. Trois heures de bus « frigorifique » (on s’est gelé) et quatre vomitos de Malie plus tard, nous nous arrêtons pour prendre un petit déjeuner et essayer de nous réchauffer. Puis nous nous arrêtons à nouveau pour observer des condors profiter des courants d’air ascensionnels. Cet animal est immense et ressemble un peu à un vautour. Nous avons eu la chance d’en voir plusieurs voler juste sous nos yeux. Un peu plus loin, le bus nous lâche et nous faisons la connaissance de notre groupe : 12 personnes (plus nous) de tous âges et de toutes nationalités encadré par Edgar (Eddie pour les intimes). Au début les gens sont au mieux intrigués, au pire inquiets de nous voir débarquer avec des enfants mais ils ont vite compris que nos rejetons ne seraient pas un problème pour le groupe. Dès le début, Edgar a su impulser une bonne dynamique de groupe et s’est montré attentif aux besoins de chacun. Pour notre première journée de trek, nous n’avions que de la descente. Nous sommes descendus tout en bas du Canyon. Au début nous sommes restés sagement derrière le guide qui nous a ménagé des pauses fréquentes pour nous donner de nombreuses explications sur la faune et la flore du Canyon. Puis Eddie s’est placé à la fin du groupe et chacun a pu aller à son rythme. Traduisez : le père et les enfants SALAMÉ à fond les ballons et la mère qui court derrière pour les rattraper! Résultat : nous avons attendu les derniers marcheurs pendant une heure. Nous en avons profité pour tremper nos pieds dans la rivière glacée. Vivifiant. Puis nous somme arrivés jusqu’à notre hébergement. Fin de la marche pour aujourd’hui. Après-midi repos et repas partagé avec le groupe ont conclu notre journée. Le groupe est sympa et il y a une bonne ambiance entre nous. C’est appréciable car on ne sait jamais sur qui on va tomber quand on s’engage sur un tour organisé.

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Au programme du deuxième jour : 1 heure de montée (Bon test avec l’ascension de 1100 mètres qui nous attend le lendemain), une heure de plat et une heure de descente. Même topo que la veille : je cours derrière Nico et les enfants pour ne pas me laisser distancer. Je stresse pour le lendemain. Je ne suis pas sure d’être capable de faire une telle ascension, d’autant plus que je n’ai pas l’habitude de marcher avec un sac à dos. Comme la veille, l’après-midi est libre. Le soir, Eddie ainsi qu’un autre guide nous invitent autour d’un feu de camp. Sur les trois groupes présents, seul le nôtre vient auprès du feu. C’est assez révélateur de ce que notre guide a réussi à créer entre nous. Tous stressent plus ou moins pour la montée qui nous attend le lendemain et nous allons tous nous coucher assez tôt car le départ est fixé à 4 heures du matin.

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Gloups. C’est l’heure. Équipés de nos frontales plus ou moins performantes, nous nous lançons à l’assaut de la montagne. Au début, Eddie donne le rythme et tout le monde le suit. Nous formons un joli serpentin lumineux sur les pentes du Canyon. Puis, quand il n’y a plus d’embranchement, Eddie laisse chacun aller à son rythme et ferme la marche. Cette fois-ci, je n’ai même pas essayé de suive les enfants et Nico. Ils sont partis devant et sont arrivés les premiers en à peine plus de 2h30. Quant à moi, j’y suis allée à mon rythme, accompagné par le livre audio de Michelle Obama, et je suis arrivée un quart d’heure après eux. Je me suis surprise moi-même car je n’ai finalement pas souffert. Comme j’étais toute seule, je n’ai pas eu à essayer de suive quelqu’un ou à attendre quelqu’un. Je n’ai fait que deux pauses et je n’étais même pas essoufflée. Une grande victoire pour moi mais aussi pour tout le groupe. Nous étions contents d’accueillir nos nouveaux amis au fur et à mesure de leur arrivée. Tous se sont dépassés. Après cette ascension, nous nous sommes rendus dans un restaurant pour prendre un petit déjeuner. Et là, qu’est-ce que j’entends ? Cumpleaño feliz, cumpleaño feliz… Eddie et l’autre guide qui avait fait le feu arrivent en chantonnant avec un gâteau dans les mains surmontés de deux bougies. Tout le restaurant les accompagne. Même si je n’aime pas être au centre des regards, cette attention m’a fait particulièrement plaisir. J’ai soufflé mes bougies et partagé mon mini gâteau avec Nico (qui avait vendu la mèche) et les enfants. Ce fut un joli moment. Merci à mon petit mari ainsi qu’à Eddie et son comparse. Nous avons retrouvé notre bus puis après quelques arrêts « points de vue » nous avons regagné Arequipa. Au moment de se dire au revoir, embrassades générales. Les gens sont contents de s’être rencontrés et nous avons même été invités aux États Unis par un couple qui habite à Los Angeles. Nous pouvons dire que nous avons vécu une belle expérience. Humaine et physique. Les enfants ont bluffé tout le monde et se sont super bien comportés. Pour un premier trek de plusieurs jours, ce fut un succès.

Le soir, nous avons récupéré nos gros sacs restés à l’hôtel et j’ai reçu mes cadeaux autour d’un pique-nique improvisé. J’ai été super gâtée une fois de plus. À ce sujet, merci encore pour vos gentils messages pour mon anniversaire. Ce sont des choses qui comptent, encore plus quand on est à l’autre bout du monde, loin de sa famille et de ses amis.

La suite ? Ce sera pour vous conter la fin de nos aventures au Pérou.

Bises à tous. Et d’ici là, portez-vous bien.