Du sable, du quetzal et du volcan… Yes, please!

Bocas del Toro suite et fin

Nous avons passé deux très belles journées sur l’archipel avant de rejoindre le continent.

Nous avons loués des kayaks (oui, encore!) et cette fois j’ai enfin compris pourquoi autant de personnes aimaient faire des balades sur ce genre d’embarcations, ce qui était auparavant totalement incompréhensible pour moi. Je n’ai jamais compris pourquoi quelqu’un voudrait de son plein gré louer un kayak pour aller se balader. Mais pour une fois, je dois reconnaître que j’ai pris du plaisir (oui, vous avez bien lu) à naviguer. Cette fois-ci, pas de vent, peu de houle, un bateau léger, agréable, qui va droit tout seul (pourquoi personne ne m’avait dit avant que ça existait ?), que pour moi (pas d’enfant qui ne pagaie pas à transporter…). Bref, je crois que les conditions étaient réunies. J’ai passé un très bon moment sur l’eau. Téva avait également un kayak pour lui tout seul mais s’est fait allègrement tracter par Nico une bonne partie de la journée. Quand à princesse Malie, ben les princesses ne pagaient pas, c’est bien connu. Elle s’est fait promener la plupart du temps sur le bateau de son papa et a fait un bout de chemin sur le mien (vu que c’était presque trop facile de naviguer avec ce bateau, il fallait que j’ajoute un peu de piment à la promenade!).

Nous nous sommes arrêtés en chemin pour plonger. C’était la première fois que Malie plongeait avec un masque et un tuba. Passées les premiers minutes un peu délicates pendant lesquelles il faut accepter d’avoir le nez pris dans le masquer et de respirer par la bouche grâce au tuba, tout le monde s’est jeté à l’eau, au sens propre comme au sens figuré. Pour cette première expérience de plongée en famille, nous sommes restés à peu près une demie heure sous l’eau. En ressortant, on pouvait lire la joie et la fierté dans les yeux des enfants. « Maman, c’était comme dans Némo! ». Tu m’étonne John! Des algues de toutes formes, des coraux, des anémones de mer, des oursins géants et bien sûr des poissons en veux-tu en voilà ! Des gros, des petits, des rayés, des blancs, des noirs, des multicolores ! Chacun avait son préféré. Il y avait même Polochon, le poisson de la petite sirène ! Les enfants étaient ravis et ça faisait plaisir à voir. Ils ne parlaient que de recommencer. Nous avons ensuite continué notre promenade marine, passant ainsi devant un vieux village coupé du monde. Nous nous sommes arrêtés quelques mètres plus loin dans une cabane sur pilotis pour pique-niquer mais la pause fut de courte durée dans des guêpes y avaient également trouvé refuge à en juger par les dizaines d’essaims disséminés aux quatre coins de la cabane. Nous nous sommes ensuite engagés sur un bras de rivière qui serpentait dans la mangrove. Il y avait tout juste la place en largeur pour une embarcation et les milliers de racines caractéristiques de la mangrove qui se jetaient à l’eau conféraient aux lieux une ambiance toute particulière. Nous étions des Indianas Jones des temps modernes, nous nous imaginions attaqués par la végétation, seuls au monde au fin fond de la jungle. Et seuls au monde, nous l’étions! Nous n’avons croisé personne de la journée. Nous avons été obligés de rebrousser chemin, la rivière étant devenue trop étroite. Nous avons ainsi quitté ce décor à la fois mystique et oppressant pour retrouver l’océan et son ciel dégagé. Quelques mètres plus loin, nous nous sommes une fois de plus mis à l’eau pour observer d’énormes étoiles de mer. Mais les enfants voulaient absolument retourner au premier spot de plongée. Ils ont manifesté tellement d’enthousiasme que nous y sommes retournés. Cette fois ci, nous avons plongé une heure. Les enfants se sont très bien débrouillés, d’autant plus qu’ils n’avaient pas de palmes. Ils étaient ravis de leur journée et ça faisait plaisir à voir.

Le lendemain, nous sommes allés sur l’île principale pour aller à la plage. Nous ne trouvons pas de bus pour nous emmener à playa Paunch alors nous prenons une navette. À peine arrivés sur le spot nous tombons sur la famille chilienne que nous avions rencontrée lors de notre transfert vers le Panama. Un papa surfeur, une maman et ses deux filles (4 et 9 ans), tous blonds aux yeux bleus ! Pas du tout typés chiliens! Les deux papas surfeurs (qui en plus de leur passion pour le surf partagent le même prénom) ont fait une session ensemble pendant que les mamans et les enfants enchaînaient les parties de UNO, LE jeu universel par excellence. Puis Isabel (la maman) nous a appris à faire des bracelets. Les enfants avaient déjà repéré ses talents dans la navette qui nous emmenait vers le Panama et bavaient sur ses créations (pour être honnête, je partageais leur admiration) et c’est avec joie qu’ils ont accepté sa proposition. Ils ont très vite appris comment faire et ont réalisé de très jolis bracelets. Il ne me reste plus qu’à trouver du fil coloré ici et à moi les heures de tranquillité ! En tous cas, petits comme grands, nous avons passé un bon moment et qui sait, peut-être nous retrouverons nous un jour quelque part.

Le lendemain nous avons quitté l’archipel de Bocas del Toro pour nous rendre à Dolega, une petite ville près de Boquete.

Nous avons pris une navette privée qui nous a déposé devant la porte de la maison. La dame chez qui nous séjournons est très accueillante. Elle m’a de suite proposé de m’emmener faire des courses dans la ville d’à côté car nous sommes dans un quartier un peu isolé. La vie est beaucoup moins chère qu’au Costa Rica et elle m’expliquait que les costariciens venaient acheter leurs vêtements ici. C’est une avocate qui habite une belle maison dans uns résidence assez chic et très calme. Elle vit avec son fils Alejandro qui a douze ans et qui passe tout son temps à jouer à Fornight. Assez désolant. Nous vivons donc à leurs côtés ce qui m’oblige à prendre sur moi et à aller vers les autres. De toute façon, je n’ai pas eu le choix : le trajet en voiture ne m’a pas laissé d’autre alternative que de m’ouvrir à discussion. Ce n’est pas si facile que ça de déambuler chez des étrangers, utiliser leur salon, leur cuisine, fouiller dans les tiroirs et les placards pour trouver les ustensiles dont on a besoin. Mais c’est un bon exercice. Et Reneyra sait nous mettre à l’aise. C’est toujours intéressant de pouvoir discuter avec les habitants et cette cohabitation nous en offre une belle opportunité.

Nous avons pris un bus pour aller à Boquete. Arrivés sur place, nous avons réservé l’ascension du mont Baru en 4×4 pour les enfants et moi. Le départ est fixé à 3h45 du matin. Quant à Nico, il fera l’ascension à pieds et va devoir marcher toute la nuit : départ à 23h30 pour lui.

Puis sur les conseils de la fille de l’agence, nous avons pris une navette pour faire la Pipeline Trail, une petite rando facile et familiale qui mène à une cascade et au cours de laquelle nous avons une chance de voir le fameux quetzal. Dans la navette qui nous amenait au départ, nous avons rencontré deux américains qui venaient pour la même chose que nous.

Nous avons avancé prudemment, en silence, en levant la tête à chaque bruissement d’ailes, plein d’espoir mais en même temps sceptiques. Il était déjà tard et ce n’était peut être pas le meilleur moment pour en voir. Au bout de 2 kilomètres, un panneau indiquait « habitat naturel du quetzal » et en effet, c’est à peine quelques mètres plus tard que nous avons eu la chance de le voir. Un guide était en train de le montrer à une touriste et nous avons ainsi pu profiter du spectacle. Les Américains nous ont rejoints pour observer cet animal majestueux. Au bout d’un moment tous les touristes sont partis et il ne restait que les Américains et nous. Nous avons eu la chance de le voir sous toutes les coutures car il s’est déplacé à plusieurs reprises. Nous avons également pu observer la femelle. Ils étaient relativement près de nous, parfaitement visibles à l’œil nu et une merveille à observer aux jumelles. C’est un oiseau aux couleurs extraordinaires avec une magnifique queue. Nous avons passé près d’une heure à les l’observer. Les enfants ont pris plein de photos et sont restés patients et silencieux, conscients de la chance que nous avions. Quand nous nous sommes remis en route, tout le monde avait le sourire. Nous avions envie d’arrêter tout le monde pour dire : « je l’ai vu! ». Un super moment en famille. Nous avons pique-niqué à la cascade puis nous avons rebroussé chemin. A peine arrivé au point de départ, nous avons encore eu de la chance car une navette est arrivée aussitôt. Le retour fut assez hallucinant. Chaque fois qu’il voyait quelqu’un au bord de la route, le chauffeur s’arrêtait pour le faire monter. Nous avons fini à 22 dans une navette qui comptait une douzaine de place, tous les uns sur les autres. Chaque fois on se disait « cette fois ci on est vraiment plein » et chaque fois d’autres personnes montaient! À la dure ! Ça fait des souvenir et ça fait partie du voyage à part entière.

La ville de Boquete est une petite ville sympathique et agréable. Les femmes et les petites filles portent pour la plupart de belles tuniques en couleur avec des gains coordonnés. Les gens sont très bruns, assez petits, mats de peau et aux yeux très noirs et un peu en amande. Très différents des costariciens.

Le jour d’après, nous avons fait un tour à David, la deuxième plus grande ville du Panamá mais la chaleur étouffante aura eu raison de notre bonne volonté et nous nous sommes réfugiés chez Reneyra où nous en avons profité pour faire travailler les enfants.

Mardi 12 mars, nous sommes retournés à Boquete. Le matin, nous avons fait le marché « du mardi », lieu de rencontre des Américains qui vivent dans le coin et vaste fumisterie. Il s’agit là d’un marché pour touristes tenus par des expats. Puis nous avons fait le marché municipal. Au lieu des étals traditionnels, chaque marchant a son box en dur. Sur les conseils d’un chauffeur de taxi nous avons acheté deux barres de Dulce. Je ne sais pas trop ce que c’est mais c’est extrêmement sucré et seul Nico a réussi à l’avaler. Nous avons également fait quelques boutiques mais tout est très cher.

L’après-midi, nous avons fait la randonnée des 3 cascades, une randonnée avec des passages plutôt engagés qui comme son nom l’indique mène à 3 cascades. Nous n’avons pas été déçus du spectacle mais notre progression a été rendue difficile par la pluie. Il pleuvait énormément et nous avons dû en découdre avec la boue. Mais ça valait totalement le coup. Pour revenir sur Boquete, nous nous sommes fait embarqués à l’arrière d’un pickup. Je vous laisse imaginer la joie des enfants ! En plus nous avons vu trois magnifiques arc-en-ciels qui décrivaient des arcs de cercles parfaits. Encore une merveille de la nature. Nous avons mangé assez tôt le soir et nous avons essayé de dormir le plus tôt possible car le lendemain nous attendait l’ascension du volcan baru.

Nico est parti à 11 heures du soir et a marché toute la nuit pour gravir les 14 km et 2500 mètres de dénivelé qui le séparait du sommet. Avec les enfants, nous nous sommes levés à 3 heures du matin et nous avons pris un 4×4 jusqu’en haut du volcan. Ça secouait fort et seuls les conducteurs aguerris peuvent monter jusqu’en haut. Nous sommes arrivés au sommet à 5h30 du matin, de nuit. Nous sommes sortis une première fois de la voiture pour voir les lumières des villes de part et d’autre du volcan. Le ciel était dégagé et rempli d’étoiles. Nous avons vu la grande ourse… dans l’autre sens! Il faisait très froid et il y avait beaucoup de vent. C’était dur pour les enfants. Nous sommes ensuite retournés à la voiture pour attendre le lever du soleil. Nico, de son côté est arrivé à proximité du sommet vers 3 heures du matin. Il s’est abrité dans une cabane avec d’autres randonneurs et s’est réchauffé auprès d’un feu. Je l’ai retrouvé vers 6 heures, sautillant comme un cabris (il avait étonnamment encore de l’énergie !) : « c’est maintenant! Il faut y aller! ». Nous sommes vite sortis de la voiture et nous avons escaladé une centaine de mètres avant d’arriver au point le plus haut. Nous avons enroulé Malie dans des couvertures car il ne faisait vraiment pas chaud. Et nous avons attendu tous ensemble, sur le toit du monde, le lever du soleil. Un moment fort en émotion surtout pour les adultes, les enfants ne réalisant pas vraiment la beauté du paysage et la situation exceptionnelle dans laquelle nous nous trouvions : au sommet d’un volcan à 3475 mètres d’altitude, l’océan Pacifique d’un côté, l’océan Atlantique de l’autre et une lumière naturelle de fou! Scène incroyable. Je crois que je ne jamais vu un lever de soleil aussi beau de ma vie. J’ai fait quelques photos puis j’ai redescendu les enfants à la voiture car ils avaient froid. Le petit déjeuner nous attendait et nous avons pu nous réchauffer avec une boisson chaude. Nico nous a ensuite rejoint puis chacun est reparti, le sportif à pieds, le commun des mortels en 4×4. Quel souvenir ! Boquete restera un moment fort de notre voyage.

Prochaine étape : Santa Catalina avec au programme plage et surf. On va pouvoir souffler un peu car mine de rien, les temps calmes sont rares.

À très bientôt.

D’ici là, portez-vous bien.

5 réflexions sur “Du sable, du quetzal et du volcan… Yes, please!

  1. christelle

    Vous collectionnez une multitude d’émotions et de souvenirs magiques…!
    Félicitations à Nico pour son ascension courageuse ! Téva et Malie sont très chanceux de plonger au milieu de ces magnifiques poissons qu’ici nous pouvons admirer uniquement derrière les vitres des aquariums de la région ! Je prends un réel plaisir à partager vos joies et vos merveilleuses découvertes ! je vous fais plein d’énormes bisous !

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  2. Arlette Rivière

    c’est merveilleux de nous faire vivre ça !!! malgré la fatigue , le froid etc… c’est quand même des choses magnifiques que vous voyez !! profitez un max de tout ça !! vous faites le plein de souvenirs surtout des bons ce sont ceux dont vous vous souviendrez le plus ,les petites galères seront vite oubliées !!! pépé et moi vous embrassons très,très fort !!!

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  3. Nini

    Cette aventure est de plus en plus merveilleuse ! Téva et Malie ont de super parents qui leur offrent une incroyable chance de vivre tout ça bravo je suis fan de vous ! Ça donne envie de se lancer de faire un périple en famille c’est incroyable ! Nico félicitations ! Ma caille et mes amours bravo aussi une belle famille de sportifs et une mentalité formidable. Merci encore de nous faire partager votre voyage magique. On vous aime fort!!!

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  4. villebrun julien

    que de moments magiques.en effet vous devez en prendre plein les yeux.Que de moments enrichissants.bravo pour vos perf( pédestre ou aquatique)
    les villebruns

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  5. Françoise et Pierre Salamé

    Que d’aventures… Merci pour vos récits et vos belles photos…Ca donne vraiment envie d’y être… Chaque jour vous apporte de nouvelles découvertes et son lot d’émotions fortes… Vous avez beaucoup de chance de vivre ces expériences inoubliables. Profitez-en au maximum. Nous pensons bien à vous et vous embrassons très fort tous les quatre.

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