SANTA CATALINA OU L’ART DE NE RIEN FAIRE

Car croyez-moi, ne rien faire, c’est tout en art. Mais si vous allez à Santa Catalina et que vous ne surfez pas, il n’y à rien d’autre à faire que ne rien faire.

Santa Catalina c’est une rue, une plage, un vendeur de fruits et légumes. Point barre. Complètement perdu au fin fond du Panama, ce minuscule village invite au repos. En arrivant là-bas, je me suis demandée pourquoi les gens faisaient l’effort de faire une halte ici (c’est pas tout près quand même) s’ils ne surfaient pas. Et puis j’ai fini par comprendre. Ils viennent ici pour se détendre, pour profiter d’une eau à 27 degrés et d’une plage de sable fin. Pour faire la sieste dans un hamac à l’ombre d’un palmier. Bref, pour se la couler douce les doigts de pieds en éventail. Pas vraiment ma conception du voyage. Au risque de paraître pourrie gâtée (et je le suis, la vie m’a donné plus souvent qu’à mon tour), j’ai eu PEUR de m’ennuyer! Aucun de nous quatre n’apprécie réellement de se dorer les fesses au soleil et de passer ses journées à ne rien faire. Mais j’y ai vu là aussi une occasion de faire une pause dans notre course folle à travers le continent américain et de prendre le temps de se reconnecter à soi-même. Pas de connexion internet, pas de youtube, instagram ou autre facebook pour venir nous assister. Oui, nous assister. Car je me suis rendue compte avec effroi que j’étais totalement assistée par mon téléphone. Je me suis sentie incapable de faire quoi que ce soit sans suivre un tutoriel sur youtube. Incapable de cuisiner, de faire une séance de yoga, ni même de dessiner! Mais tout cela ne rime à rien. Depuis quand ai-je besoin qu’une bonne femme m’explique comment faire cuire des oeufs aux plats? Depuis quand ai-je besoin qu’on me guide dans ma salutation au soleil? Depuis quand ai-je besoin qu’on me dise comment dessiner une fleur? NONSENSE! Ce séjour a été l’occasion pour moi de me reconnecter à moi-même, d’apprendre à me faire confiance et de puiser dans ma créativité. Et qu’est-ce que ça fait du bien!

Outre mes petites élucubrations sur la condition humaine, nous avons évidemment profité des lieux et nous n’avons pas exactement RIEN fait, loin de là!

Notre hébergement était sympa. Nous avions une grande chambre avec deux grands lits et une salle de bain privative que nous partagions avec … une énorme tarentule! Le petit déjeuner était compris et tous les matins, la « muchacha » nous apportait des pancakes et des fruits frais sur la terrasse. Il y a pire dans la vie! Deux petits bémols cependant : la configuration des lieux et son emplacement. Il n’a avait pas de tables et de chaises à proprement parler et c’était un peu difficile de faire travailler les enfants dans de bonnes conditions. Quand à l’emplacement, l’hôtel était un peu éloigné du spot de surf. Environ 25 minutes à pieds. Ce n’est pas le bout du monde, mais à certaines heures de la journée, c’était parfois un peu difficile. Nous avons fait le plein de fruits et de légumes (de toute façon, il n’y avait rien d’autre!) et Nico et Téva ont beaucoup surfé. Nico a ridé les vagues de La Punta, réputées pour être particulièrement difficiles. 20 minutes de rame avant d’arriver sur le spot où des vagues de 5 mètres de haut vous attendent au tournant. Il n’a pas fait le malin mais ne s’est pas non plus démonté. En tous cas, il avait l’air content de sa session. Téva s’est contenté de vagues plus petites faites pour les débutants. Comme nous y étions au moment de l’équinoxe de printemps (ou d’automne, c’est selon!) nous avons observé de forts coefficients. Les enfants étaient impressionnés de voir à quel point la mer pouvait monter ou au contraire se retirer.

Mais je n’ai pas été tout à fait honnête dans mon introduction. Les moldus (les non-surfeurs quoi) qui ne viennent pas pour le surf, viennent pour la plongée.

En effet, Santa Catalina est le point de départ privilégié pour l’île de Coiba, réserve naturelle maritime réputée pour la beauté de ses fonds marins. Nous sommes donc partis toute une journée en bateau avec d’autres touristes pour plonger dans cette réserve naturelle. Nous avons fait trois plongées au cours desquelles, le guide ne s’est absolument pas soucié des enfants. Heureusement qu’ils avaient déjà plongé avec nous. Ils étaient d’ailleurs plus à l’aise que certains adultes. Nous avons eu la chance de voir une quinzaine de dauphins depuis le bateau. Sous l’eau, nous avons traversé des bancs de poissons multicolores et nous avons pu observer de nombreux poissons que nous n’avions pas vu à Bocas Del Toro. Les algues, les coraux et les anémones étaient également différents. Nous avons eu la chance de voir deux requins ainsi qu’une tortue sous l’eau (nous avons vu d’autres à la surface au retour). Les enfants n’ont même pas eu peur! Par contre, nous nous sommes tous fait méchamment piqué par des méduses lors de notre deuxième plongée, ce qui a un peu gâché notre plaisir. Nous avons pique-niqué sur une île paradisiaque, l’île qu’on dessinait quand on était gosse, avec son sable jaune, son eau turquoise et ses palmiers verts. La même. Celle des cartes postales… Nous avons trouvé cette île magnifique. Un vrai petit bijou. Nous sommes rentrés enchantés de cette sortie, même si le guide nous pressait un peu lors des différentes plongées. Les enfants s’en sont très bien sortis.

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Après Santa Catalina, changement total de décor. Nous avons échangé notre maison contre un appartement du côté de Chame. Nous le pressentions mais cela s’est définitivement confirmé : pas d’échange quand nous n’avons pas de véhicule, à moins que le logement soit situé au centre d’une ville. C’est trop compliqué pour se déplacer. L’appartement était situé dans une résidence privée abritant un club de golf. Grand standing, deux piscines, une salle de jeux, une salle de sport et … une voiturette pour aller sur les cours de golf et sur une plage privée! Nous avons totalement halluciné! A mon avis cela ne va pas se représenter de sitôt! Seul hic : nous sommes coupés de tout. Impossible de faire des courses ou d’aller sur un spot de surf. Du coup, nous avons loué une voiture. Nous en avons profité pour faire un tour à Punta Chame, coin complètement paumé et spot de planche à voile par excellence. Nous sommes également allés à la Vallée d’Anton, où nous avons vu de belles cascades, un marché coloré, des arbres carrés et des gravures sur pierre datant de l’ère pré-colombienne. Bref, nous avons renoué avec nos vieilles habitudes et nous avons fait 36000 choses au lieu de nous prélasser dans la piscine. Il y avait même un sauna et je n’ai même pas pris le temps d’y aller. Comme quoi, on n’apprend rien de ses erreurs… En tous cas, pas du premier coup.

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Nous achevons notre périple panaméen à Panama City, la capitale. Notre hôtel est sympa et dispose également d’une piscine (de laquelle nous avons pris le temps de profiter! Les leçons finissent peut-être par rentrer!). Nous sommes en plein quartier d’affaires au milieu des tours. Même si les villes ne sont pas ce que l’on préfère, c’est toujours intéressant de séjourner dans une capitale. Nous avons fait quelques emplettes car les vêtements sont vraiment bon marché. Les Américains viennent faire leurs courses ici et repartent avec des valises pleines.

Nous avons consacré une journée à la visite du vieux centre de la ville ainsi qu’aux écluses du Canal. Casco Viejo, c’est ainsi que se nomme ce quartier est un lieu où il fait bon flâner. Les vieux immeubles aux couleurs défraîchies donnent une vague idée de ce à quoi la ville ressemblait alors. Nous avons également vu de magnifiques églises dans lesquelles nous avons allumé des bougies pour les gens qui nous l’avait demandé. C’est un quartier où il fait bon flâner et bien aménagé pour les touristes. De nombreux panneaux signalent les bâtiments importants et donnent des informations. La balade nous a également offert une vue sur la ville moderne et ses gratte-ciels. Vraiment à faire si vous allez un jour à Panama City.

Après cela, nous avons réussi à acheter une carte de bus et à prendre les bons bus pour aller jusqu’aux écluses (le challenge fait aussi partie du plaisir de voyager avec les locaux!). Là-bas, nous avons cassé la tirelire pour voir un film en IMAX 3D sur le canal du Panama. Le billet n’était pas donné mais d’après moi, ça valait totalement le coup. Nous avions l’impression d’être tour à tour à bord d’un cargo passant les écluses, au coeur de la forêt ou encore plongés sur le chantier au début du 20ème siècle. Nico s’est montré moins emballé mais a quand même apprécié. Les enfants ont beaucoup aimé aussi. En face du cinéma, se trouve le centre des visiteurs qui abrite un musée et qui se trouve juste au dessus des écluses, nous laissant tout le loisir d’admirer les cargos qui passent. Ce canal est vraiment un chef d’oeuvre, preuve que les hommes sont aussi capables du meilleur. Nous avons vu plusieurs bateaux passer les énormes écluses leur permettant d’atteindre ensuite le lac et de traverser le Panama. Le musée est très bien fait et a beaucoup plu aux enfants.

Pour notre dernier jour dans la capitale, nous avons décidé de nous promener dans une réserve naturelle située au coeur de la ville. Nous avons eu le chance d’y voir des tortues, des singes et un paresseux avec son bébé. C’était vraiment marrant de le voir se déplacer à deux à l’heure! Exactement comme dans le dessin animé zootopie, pour ceux qui connaissent. La balade nous a également offert un beau point de vue sur la ville. Au retour, nous avons renoncé à utiliser le crédit de notre carte de bus et nous avons pris un taxi pour rentrer au plus vite (20 minutes contre 1h30 à l’aller). A peine arrivés, les enfants se sont jetés dans la piscine et y sont encore à l’heure où je termine cet article!

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Voilà, le Panama c’est fini. Ce pays a apporté son lot d’émerveillements mais aussi de déceptions. Nous n’avons pas toujours fait les bons choix mais c’est en forgeant que l’on devient forgeron, n’est-ce pas? En tous cas, c’est la destination parfaite pour les vacances de février par exemple. Des plages idylliques, des villages en altitude, une capitale ultra-moderne… Il y en a pour tous les goûts.

Les conditions de voyage vont se durcir encore un peu plus avec notre arrivée en Bolivie, qui, j’en suis sure, nous réserve de belles surprises.

A très bientôt, et d’ici là, portez-vous bien.

13 réflexions sur “SANTA CATALINA OU L’ART DE NE RIEN FAIRE

  1. christelle

    Chaque étape de votre voyage est une nouvelle expérience toujours différente, c’est ce qui est enrichissant ! Et oui pour certains, sortir de sa zone de confort signifie accéder à la zone hyper confortable dont d’autres rêvent ! c’est bien aussi de mixer les différentes façons de s’occuper ou pas ! Pour ma part, la plage carte postale avec les doigts de pieds en éventail en option s’avère très attirante ! A présent j’ai hâte de découvrir la Colombie avec vos superbes photos et vos déscriptions si réelles et précises ! Régalez vous, merci pour les lumignons, les photos et tout le reste ! énormes bisous à vous 4 !

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  2. Nini

    Après nous avoir donné envie d’aller au Costa Rica j’irais bien faire juin tour au Panama ! Bon par contre les requins…je pense que j’aurais fait un arrêt cardiaque mais c’est cool pour vous! 😎 les photos sont géniales et je me plonge toujours dans tes récits comme dans un bon livre. Vous nous manquez, nous languissons de découvrir la suite avec vous et de « vivre » à travers vous (car ici la vie semble bien fade…) bisous on vous aime

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  3. Françoise et Pierre Salamé

    Ce récit de voyage nous donne vraiment envie passer du bon temps dans ces îles paradisiaques. C’est bien que les enfants aient eu le temps de maîtriser le masque et le tuba pour pouvoir profiter pleinement des 3 plongées formidables : quelle chance d’avoir vu des requins, des tortues, des poissons à profusion… Le contact avec la capitale a dû être radicale, mais c’est intéressant de voir toutes les facettes que présente un pays. C’est vrai que le canal de Panama est une prouesse mondialement reconnue initiée par les Français terminée par les Américains. La Bolivie va être une nouvelle expérience tant touristique qu’environnementale, la montage va remplacer la mer. Profitez-en bien. Grosses à tous les quatre des Castelnauviens.

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  4. Arlette Rivière

    Quel régal de te lire chérie !! nous vivons tout ça à travers tes récits et vos superbes photos !! jamais nous ne connaîtrons cela c’est un grand regret pour ma part mais nous sommes très contents que vous puissiez en profiter ! merci pour les bougies !! on mettra encore un peu d’argent pour d’autres dans les autres pays que vous allez visiter !! continuez de vous régaler et de NOUS régaler !! énormes bisous de nous deux !!!

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  5. Jean-Louis

    Ami castelnauvien de Pierre et Françoise, Pierre m’a communiqué le lien de ce blog et je l’en remercie car je me régale à suivre vos pérégrinations, tant pour la forme (bravo à Emma !) que pour le fond (bravo à vous 4 !).
    Une petite suggestion : afficher votre cheminement sur une carte géographique …
    Très bonne continuation !

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