Entre villes et déserts …

De retour pour des nouvelles fraîches (dans tous les sens du terme) après avoir passé quelques jours complètement coupés du monde.

Nous revenons en effet d’un séjour de quatre jours dans le désert qui fut absolument épique mais j’y reviendrai dans un prochain article.

Pour l’heure, je vous propose un petit résumé de nos péripéties dans les villes de Sucre, Potosí et Tupiza.

Pour éviter un trajet en bus long et pénible, nous avons pris un vol interne. Une petite escale à Cochabamba et nous voilà à Sucre. Arrivée de nuit, mais nous ne sommes pas inquiets. Nous trouvons un chauffeur de taxi qui nous nous amène à l’adresse que nous lui indiquons. L’aéroport est plutôt loin de la ville et nous arrivons à Sucre vers 22h30. Seul problème : il n’y a aucun hôtel à l’adresse indiquée. Le numéro de téléphone indiqué par Booking ne semble pas être attribué et la galère commence. Pendant près d’une demie heure Nico et le chauffeur de taxi ont cherché partout, demandé à toutes les personnes qu’ils croisaient s’ils connaissaient notre hôtel. Sans succès. Les enfants s’étaient endormis dans le taxi et ne se sont rendus compte de rien. Finalement, un local plus dégourdi que les autres a réussi à trouver le bon numéro de téléphone et notre adorable chauffeur de taxi a pu téléphoner au propriétaire. En fait, il ne s’agissait pas d’un hôtel mais d’une chambre chez un particulier située dans une petite ruelle et le propriétaire qui n’avait vraisemblablement pas compris le message que je lui avais envoyé sur Booking pour prévenir de notre arrivée tardive ne nous attendez pas. Le comble, c’est que Nico avait frappé à la bonne porte mais que personne ne lui avait ouvert. Bref, un long moment d’inquiétude avant de finalement trouver notre chambre d’hôte. La chambre est froide et ne possède que trois lits. Je me sacrifie et propose de dormir sur un de nos matelas gonflables à même le sol mais il fait tellement froid que je n’arrive pas à m’endormir. J’essaie alors de trouver une petite place dans un des lits occupés par Nico et les enfants mais ce n’est pas chose facile. Téva dort en zigzag et Nico occupe la totalité de son petit lit. J’arrive péniblement à me glisser à côté de Malie, dans le trou qui sépare le lit du mur. Nuit horrible, cela va sans dire. Pour elle comme pour moi car je me rends compte au petit matin qu’elle n’est pas très couverte et qu’elle aussi a eu froid. Comme le petit déjeuner n’est pas compris, Nico nous propose d’aller le prendre dans un clocher qu’il a repéré sur TripAdvisor. Nous commençons à nous y rendre à pieds mais c’est loin, tout le monde est fatigué et nous n’arrivons pas à trouver notre chemin. Nous optons donc pour un taxi avant que la situation ne tourne au vinaigre et nous finissons par arriver à destination. Le petit déjeuner est hors de prix à mon sens mais il est excellent et je dois bien avouer que c’était plutôt plaisant de prendre son café tout en haut d’un clocher. Ce n’est pas chose courante et la vue sur la ville est des plus sympathiques.

IMG_3733

Nous nous sommes ensuite promenés dans la ville. Les enfants sont montés au sommet d’une mini Tour Eiffel taggée dans tous les sens et se sont amusés dans un énorme parc pour enfants pendant plus d’une heure. Ils ne voulaient plus en repartir. L’après-midi nous avons visité un petit musée qui nous en a appris un peu plus sur les traditions vestimentaires ainsi que sur l’évolution de la vie des Boliviens.

Le lendemain nous nous sommes rendus au marché sous une pluie battante pour nous équiper en vue de notre séjour en altitude. Il ne faisait vraiment pas chaud. Nous avons trouvé des leggings en pilou pilou (Sylvain, tu pourras y faire ton marché!) et Nico s’est approvisionné en feuilles de coca, réputées pour lutter contre le mal des montagnes. Vu la tronche et l’état des dents des gars qui passent leurs journées à en mâcher, je ne suis pas persuadée du côté inoffensif de la chose et je n’ai nullement l’intention de m’y essayer. Nous nous offrons un jus de fruits frais au marché et nous avalons un sandwich dans le bus qui nous amène sur le site où des empreintes de dinosaures ont été découvertes il y a quelques années. Le temps n’est vraiment pas de la partie mais la visite est très intéressante : documentaire, reproduction de dinosaures taille réelle et observation des empreintes de dinosaures. Absolument fascinant quand on s’imagine ces créatures d’un autre temps.

Il est ensuite temps de quitter la jolie ville de Sucre pour la ville de plus de 100000 habitants la plus haute du monde : Potosí. Il n’y a plus de place dans le bus du coup nous nous faisons emmener par un mini bus que nous partageons avec d’autres personnes. Nous arrivons en milieu de matinée à notre hôtel. Nous prenons un petit déjeuner sur le pouce dans la cour intérieure bien ensoleillée puis nous nous baladons dans la ville, située à 4000 mètres d’altitude. Les enfants semblent bien s’acclimater alors que les grands ont un peu mal au crâne. Mais aucun de nous n’a souffert de difficultés respiratoires. C’était un test pour voir comment la famille supportait l’altitude en vue de notre périple prochain dans le désert. Le soir nous avons savouré une pizza au « salame » puis en sortant du restaurant nous avons eu la chance de tomber sur une grande manifestation. Apparemment l’université de la ville fêtait son anniversaire et de nombreuses fanfares d’universités venues de tout le pays ont défilé dans les rues de la ville. Nous avons même eu droit à un feu d’artifice. Nous avons passé un bon moment. En revanche il a fait tellement froid la nuit que nous avons dormi tout habillés!

85D7B164-EEB2-47A2-8EAC-DA3B4B79FD96

Le lendemain, nous avons pris notre petit déjeuner sur la place principale de la ville avant de faire la visite du musée de la monnaie. Il faut savoir que la montagne de Potosí est exploitée depuis des siècles pour l’argent qu’elle contient et que cet argent a fait la richesse de la couronne espagnole. Les mines sont toujours exploitées et peuvent se visiter mais nous avons préféré nous abstenir car la visite de nous semblait pas adaptée pour les enfants. Déjà parce que des gens y travaillent toujours mais aussi parce que c’est profond et que cela peut entraîner des difficultés à respirer ainsi que des crises de claustrophobie. En revanche, la visite guidée du musée nous a paru toute indiquée. Nous avons eu beaucoup de chance car nous avons eu droit à une visite guidée en français particulièrement instructive accompagnés de deux autres touristes français quand les groupes suivants comptaient une vingtaine de touristes se déplaçant à la queue leu leu et se pressant autour du guide pour tenter d’entendre et de comprendre les explications. La visite a beaucoup plu à notre petite famille et je la recommande à ceux qui souhaiteraient visiter la ville.

IMG_3840

Nous avons ensuite récupéré les sacs laissés à l’hôtel puis nous avons pris un bus pour Tupiza. Installés aux premières loges d’un bus panoramique, nous avons occupé les 5 heures de trajet à jouer aux journalistes et à interviewer les enfants au sujet du voyage. J’essaierai d’en faire un petit montage et de les mettre sur le site.

A Tupiza, nous avons opté pour un hôtel confortable sachant que nous allions y passer quelques nuits et nous avons bien fait. La chambre était grande, les lits confortables, la douche chaude (un luxe quand on voyage!), et le petit déjeuner bon et copieux. Pour la première fois depuis notre séjour en Bolivie, nous nous sommes essayé à l' »almuerzo » local. Il s’agit d’un déjeuner composé d’une entrée de crudités, une soupe, un plat principal avec viande, légumes et féculents et un fruit. Le tout pour 13 Bolivianos par personne, c’est à dire un peu moins de 2€. Que demande le peuple? C’était bon, copieux et pas cher et nous y sommes retournés deux fois. L’autre midi, nous avons acheté à manger sur le marché. Personne n’a été malade et nous choisissions notre nourriture avec soin mais nous prenons confiance et osons davantage manger comme les locaux (dans la mesure du raisonnable bien sûr !).

Nous avons passé un très bon séjour à Tupiza. Les enfants ont pu travailler dans de bonnes conditions et nous avons fait trois belles randonnées. Le premier jour, nous avons exploré un désert digne des plus grands westerns qui nous a mené jusqu’à la porte du Diable puis jusqu’au Canyon del Inca. Nous avons croisé beaucoup d’apprentis cowboys qui faisaient la randonnée à cheval accompagnés d’un guide ainsi que plusieurs personnes en 4×4, mais pas d’autres courageux à pieds ! Les paysages étaient vraiment à couper le souffle. Des montagnes, de la terre rouge, des cactus, le tout sous un soleil de plomb et un magnifique ciel bleu. La balade nous a même offert quelques jolis spécimens de minéraux.

Le lendemain, nous avons voulu aller au Canyon del Duende, situé dans le même périmètre mais ni le chauffeur de taxi, ni la gérante de l’hôtel ne savaient vraiment où c’était et ils nous ont donné de mauvaises indications. Comme ce sont des locaux nous leur avons fait confiance et nous avons donc suivi les pas des chevaux (ça c’est de l’indication!) au lieu de suivre le chemin indiqué par maps.me (super application au passage pour les voyageurs, qui permet de charger des cartes au préalable et ne nécessite pas de connexion internet une fois la carte chargée, super précise et permettant même de suivre un itinéraire). Évidemment on s’est perdu et on n’a jamais atteint le Canyon del Duende mais nous avons quand même fait une belle balade, accompagnés d’un chien errant qui nous a tenu compagnie tout au long de l’après-midi. Il était adorable, s’assurait que tout le monde suivait et les enfants voulaient l’adopter. Nous lui avions même donné un nom : Boli (original!). Mais à peine revenus au départ, Boli nous a faussé compagnie pour suivre un autre couple…

Le dernier jour, nous avons suivi la carte et nous nous sommes fait déposés au bon endroit. La balade est un peu différente des autres jours. Il y a moins de cactus et plus de montagne de part et d’autre du sentier. Nous arrivons facilement au Canyon. Nous y avons trouvé de l’eau et de belles parois rocheuses se rétrécissant jusqu’à empêcher toute progression. Nous nous sommes arrêtés un moment avant de faire demi tour. Téva avait creusé un circuit pour faire une course de petits bateaux de bois comme nous avons l’habitude d’en faire dans les Alpes. Toute la famille s’est prêtée au jeu puis nous sommes repartis. Le retour fut plus long que l’aller car il nous était impossible d’appeler un tuk-tuk de là où nous étions. Nous avons marché longtemps sur la piste puis nous avons fini par tomber sur un bus qui nous a conduit directement au centre de la ville où nous avons savouré une fois de plus un délicieux almuerzo.

IMG_3862IMG_3864IMG_3931IMG_3947

Nous prenons beaucoup de plaisir en Bolivie. Les gens sont gentils, les villes paisibles et les paysages magnifiques. Mais il ne fait pas chaud et je suis bien contente d’avoir pris l’équipement complet : bonnet, gants et surtout doudoune ! Nico était sceptique au départ et un peu moqueur mais lui aussi est bien content d’avoir pris une doudoune et il s’est même acheté … un bonnet! Quand je pense qu’il en a déjà 15 en France et qu’il s’est bien moqué de moi quand j’ai mis le mien dans mon sac…

Voilà, c’est tout pour le moment. Je vous raconterai nos quatre jours dans le désert dans notre prochain article et d’ici là, portez-vous bien!

4 réflexions sur “Entre villes et déserts …

  1. Arlette Rivière

    Merci chérie pour tes récits très vivants !! vous traversez des choses agréables émaillées de galères ! c’est la vie ! mais pour vous elle est pleine de péripéties de toutes sortes au cours de votre périple !!! que de souvenirs vous emmagasinez !!! je n’arrive plus à avoir skype !!
    passez de bonnes fêtes de Pâques pas trop de chocolat … nous vous embrassons très,très fort !!!

    J'aime

  2. Françoise et Pierre Salamé

    Merci pour la suite du feuilleton. Comme tous les baroudeurs, vous rencontrez des galères… mais votre expérience vous permet de sortir de tous les mauvais plans. Heureusement le clocher dans lequel vous avez déjeuné vous a récompensé de vos difficultés de la nuit et ne s’est pas enflammé comme la charpente de notre malheureuse de Notre Dame de Paris. Vos magnifiques randonnées vous font traverser des paysages magnifiques, profitez-en bien. Bonnes fêtes de Pâques et savourez le chocolat bolivien. Grosses bises de Françoise et Pierre.

    J'aime

  3. Cécile Martin

    Super récit Quelle aventure! 400 mètres d’altitude, I’m impressed!
    Le détail s des menus me font saliver. Ici gigot de Pâques. Happy Easter!
    bisous
    Cécile

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s