Hervé le RV (Recreational Vehicle pour les non-initiés)

Après bien des galères, voilà à peu près une semaine que nous voyageons avec notre camping-car, rebaptisé par Nico « Hervé ».

Tout d’abord, nous avons eu beaucoup de mal à trouver un camping-car dans notre budget. Au départ, nous comptions y mettre entre 3000 et 4000$ mais à ces prix-là, nous ne trouvions que des ruines qui, pour la plupart ne démarraient même pas et dans lesquels rien ne fonctionnaient. Ou bien, nous tombions sur des arnaques. Des types qui voulaient qu’on envoie de l’argent avant d’avoir vu le camion. Mais bien sûr !

Et puis, nous sommes tombé sur Bella, enfin Hervé puisqu’il.elle a été rebaptisé.e. Ce camping-car date de 1986 mais il est en très bon état. L’intérieur est très propre et TOUT fonctionne : eau chaude, frigo, congélateur et même un four. Toutes les lumières fonctionnent aussi ainsi que le chauffage. Incroyable pour un camion de cet âge-là. Et en plus il roule! Que demande le peuple? Quand nous avons vu l’annonce nous avons tout de suite pris rendez-vous et nous avons été les premiers à le voir. Nous avons eu de la chance car il serait parti rapidement. La propriétaire en voulait 6000$. Nous l’avons eu à 5300$. Et elle nous a laissé pas mal de choses dans le camion comme des couverts, des sièges de camping et des lampes. C’est toujours ça de pris.

Mais évidement, il ne suffit pas d’avoir trouvé un camion. Encore faut-il l’assurer. Entre ceux qui n’acceptent pas les permis étrangers et ceux qui « ont fait mais ne font plus les RV de touristes », cela n’a pas été facile. Et heureusement que je parle anglais. Pour une personne qui a un anglais un peu rudimentaire, c’est quasiment mission impossible! Mais après une heure passée au téléphone, j’ai finalement réussi à faire assurer notre véhicule. Et dire qu’il faudra refaire le même cinéma pour l’assurance dans quelques semaines quand nous serons au Canada…

Récapitulons : le camion est trouvé, il est assuré mais pas encore payé. Et là, nouvelle galère. Les banques ne veulent pas qu’on retire au guichet si on n’a pas de compte chez eux et nous sommes limités au distributeur. Nous avons atteint notre plafond. Et même quand nous finissons pas trouver une banque qui accepte que l’on retire des sous au guichet, c’est notre banque qui refuse. Opération impossible! Nous pensons alors à Western Union mais là encore, l’opération échoue. Nous sommes vraiment dans la panade. Heureusement Julien et Christelle qui font des travaux dans leur maison ont un peu de cash d’avance et proposent de nous dépanner. Pierre et Françoise entrent aussi dans la combine et font un virement aux Jorda car nous avons peur que notre banque refuse encore la transaction. Bref, tout le monde s’y est mis et nous remercions au passage nos bienfaiteurs. C’est quand même super frustrant de ne pas pouvoir disposer de son argent comme on l’entend. Mais passons. Au final nous avons réussi à réunir l’argent et nous voilà donc arrivés au jour J, jour de la vente.

Afin de faciliter les démarches, nous nous rendons dans une entreprise qui nous aide à faire les papiers et là, après avoir lâché 400$ de plus pour faire la carte grise, nous nous rendons compte que le contrôle anti pollution n’a pas été effectué, contrôle obligatoire pour obtenir les papiers du véhicule. Le dernier date de février et l’ancienne propriétaire nous assure que le véhicule a toujours passé tous les contrôles. C’est donc confiants que nous nous présentons au contrôle. À peine quelques minutes plus tard, l’ouvrier vient me voir pour le dire qu’il y a un problème avec le moteur et qu’il ne lance même pas la machine car il est sur que le camion ne passera pas. Je suis complètement abattue et je me dis qu’on ne va jamais y arriver. Pour la faire courte, nous trouvons un autre garage qui accepte de nous le faire passer et qui au vu des résultats du test précédent n’est pas inquiet. Et le camion passe haut la main. Retour au bureau pour la carte grise et Yala! C’est fois-ci, c’est bon, nous pouvons enfin repartir avec Hervé.

Comme vous pouvez le constater, l’acquisition de ce camping-car fut loin d’être facile et encore une fois, heureusement qu’on était hébergé et aidé par la famille et heureusement que je parle bien anglais. Je ne vois pas des touristes qui ne disposent d’aucune aide et qui ont un anglais moyen faire ce qu’on a fait. Sans compter qu’il nous a fallu pas moins de 15 jours avant d’être opérationnel et en mesure de prendre la route.

Revenons-en à Hervé. Nico a fait faire la vidange et le gars lui a dit qu’il était vraiment en bon état. Mais le gros point négatif c’est qu’Hervé et très très gourmand et consomme énormément d’essence. Un vrai gouffre! Nico va essayer de le faire régler mais en attendant, il « tête » comme on dit chez nous.

Pour notre première journée, nous n’allons pas bien loin. Nous faisons quelques courses et dormons au niveau de Malibu, sur un parking qui longe une aire « récréative » et nous ne sommes pas embêtés.

Le deuxième jour, Nico surfe non loin de Malibu puis nous allons nous promener à Ojai, jolie petite ville depuis laquelle nous faisons une toute petite balade pour aller voir une cascade. Nous avons la possibilité de dormir sur place pour 20$ mais nous trouvons que c’est trop cher (si on avait su à quel point c’était pas cher!!) et Nico veut retourner sur la côte pour surfer. Nous allons donc jusqu’à Santa Barbara (je suis sure que vous êtes en train de fredonner le générique…) pensant que nous pourrions dormir sur un parking comme la nuit précédente mais il est interdit de passer la nuit sur un des parkings de la ville. Un peu dégoûtés nous nous rendons sur une aire de camping-cars mais elle est privée. Des gens nous disent qu’on peut dormir dans les rues de la ville sans problème, ce que nous faisons. Effectivement nous ne sommes pas dérangés et nous trouvons même à proximité une station service dans lesquelles nous pouvons vidanger les eaux usées et faire le plein d’eau (l’autre souci du camping cariste).

Le troisième jour, nous sommes allés jusqu’à Pismo Beach. Nous trouvons une place pour nous garer indiquée par l’application Park4night et nous profitons des lieux. La ville est sympa et la plage jolie. Nico se met à l’eau pendant que je fais travailler les enfants. Tout va bien. Jusqu’à ce que nous soyons réveillés par la police juste avant minuit. Il est interdit de dormir sur les parkings de la ville et nous devons dégager en pleine nuit. Nous tournons pendant des heures (littéralement). Les aires de camping car et les campings sont pleins, les autres villes alentour interdisent aussi les camping-cars et nous ne voyons pas de solution. Il y a bien un relai routier où nous pourrions nous arrêter mais il est à 1 heure de là où nous nous trouvons. Qu’importe, au point où nous en sommes, il faut bien trouver un endroit pour dormir. Nous nous y rendons et quand nous nous couchons enfin, il est 3 heures du matin. Heureusement, les enfants ne se sont rendus compte de rien et ont continué à dormir.

Un peu échaudés et complètement explosés, nous reprenons la route le lendemain en direction de Big Sur. La route côtière est magnifique et nous nous arrêtons pour voir des lions de mer avachis dans le sable. Nous avons pu nous approcher très près de ces énormes bestiaux (bien que ce ne soit pas très recommandé car malgré leur imposante carrure, ces animaux se déplacent très vite sur le sable). C’est la période à laquelle ils muent. Allongés sur la plage, les lions de mer se recouvrent de sable, dans doute pour accélérer leur « peeling »…On pouvait voir des lambeaux de cuir un peu partout sur la plage et les enfants (bien aidés par leur papa) n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’en apporter au camion malgré mes réticences. Résultat : une odeur pestilentielle a envahi le camion et nous avons du nous séparer des ces « magnifiques peaux de bête ».

Nous avons fait une halte dans un joli parc d’Etat mais n’étant pas encore très bien organisés, nous n’avons pas eu le temps de faire la randonnée jusqu’au bout. Mais nous avons quand même profité des lieux et nous avons dormi sur place pour la modique somme de 45€. Et oui, le sommeil a un prix. Mais pour ce prix là nous avons eu droit à un atterrissage et un décollage d’hélicoptère juste derrière le camion. Nous étions aux premières loges et Téva était ravi.

Le lendemain, frais et dispos, nous nous sommes rendus à Carmel by the sea, une très jolie petite ville aux maisons toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Alors que certaines sont très modernes, d’autres ressemblent à la chaumière de Blanche Neige (bien plus grandes évidemment, mais l’esprit est là). Nous passons un moment sur la plage mais le beau temps n’est décidément pas au rendez-vous et les vagues non plus. Nous nous arrêtons à plusieurs endroits à la recherche de la vague mais ce matin, il n’y a rien. Dans l’après-midi, nous faisons une halte à Manressa où Nico trouve de quoi se mettre à l’eau. Nous passerons la nuit sur le parking d’un Walmart, chaîne de supermarchés qui pour certains acceptent que les camping-cars y passent la nuit.

Après Manressa, nous sommes allés à Santa Cruz. Nico voulait faire regarder le camion car il consomme beaucoup d’essence et nous tombons par hasard sur un garage dirigé par un monsieur super sympa, qui a un van et qui compatit … Il n’a pas le temps de s’occuper de nous mais fait venir son pote qui a habité à Pouzol, village voisin de Pézenas et qui parle français. Il passe trois heures sur le camion (ils s’y mettent même à trois) et bidouille ce qu’il peut mais il n’y a pas grand chose à faire. C’est un vieux camion et il consomme beaucoup et c’est comme ça. C’est un peu frustrant mais on n’y peut rien. Nous avons eu de la chance de tomber sur ce garage car non seulement ils s’y connaissaient en camion, mais en plus, ils ne nous ont rien fait payer. Vraiment super sympa! En échange, nous inviterons le mécano quand il sera de passage du côté de chez nous.

Pendant que Nico était au garage avec les mécanos, j’ai emmené les enfants à la fête foraine. Nous nous sommes régalés. Nico nous a rejoint plus tard et nous nous sommes amusé comme des fous.

Nous commençons à comprendre comment exploiter les ressources de la ville pour se garer et nous mangeons sur un parking ouvert jusqu’à minuit face à l’océan puis, déjà prêts pour aller se coucher (lits faits, dents brossées et pyjamas), nous sommes allés nous garer discrètement dans une rue où le stationnement était autorisé.

Nous n’avons pas été dérangés et au petit matin, nous nous sommes remis sur un parking face à l’océan. Nous nous sommes promenés le long de la plage. La côte à Santa Cruz est très belle et la promenade bien agréable.

Voilà pour ces premiers jours en camion. Nous n’avons pas fait grand chose. Beaucoup de surf pour Nico et de plage. La côte est très jolie et fait penser aux paysages d’Irlande et d’Ecosse. Nous avons connus quelques difficultés avec le camping-car pour dormir car beaucoup de villes interdissent qu’on y passe la nuit mais nous commençons à prendre le coup et à être mieux organisés.

Prochaine étape : San Francisco.

A très bientôt et d’ici là, portez-vous bien.

11 réflexions sur “Hervé le RV (Recreational Vehicle pour les non-initiés)

  1. christelle

    Eh ben c’était vraiment pas simple, heureusement que tu maitrises la langue et que famille et amis vous ont bien épaulés. Mais encore une fois vous prenez vite le bon rythme !!! Impressionnantes les photos des lions de mer (pour l’odeur c’était un peu prévisible…) et sur les manèges, waouh, j’en suis malade rien que de les regarder !!! Et pour conclure…. félicitations à Nico qui a déjà sa statue, c’est dingue ! Continuez de vous régaler avec Hervé !!! Plein d’énormes bisous !!!

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  2. JORDA

    Merci pour ce compte-rendu qui nous éclaire bien sur votre quotidien et les beaux sites que vous visitez. On vous souhaite une bonne suite de parcours en espérant que le camping-car tienne bien son rôle malgré sa consommation en énergie …..
    Un gros bisous de Maeithe et Ariel

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  3. Arlette Rivière

    Ouf on respire avec vous après toutes ces galères !! je t’avais dit quelque chose Emma mais tu n’en a pas tenu compte et tu t’es débrouillée autrement… enfin tout est bien qui finit bien et continuez de profiter un max malgré le grand appétit d’RV !! merci pour toutes ces magnifiques photos !! ils se sont bien régalés sur les manèges !! il sont magnifiques nos petits loups !!! et les parents aussi bien sur !! nous vous embrassons très ,très fort tous les quatre !!

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  4. Françoise et Pierre SALAME

    Ça valait le coup de s’accrocher pour dénicher le camping-car qui va bien . Sa taille adaptée à vos besoins et ses équipements complets et en état de marche compensent son fort appétit. Vous voilà partis pour de nouvelles aventures… La rencontre avec les lions de mer change avec les lamas d’Amérique du Sud…. Après plusieurs essais , vous avez trouvé la solution pour vous parquer pour dormir sans systématiquement atterrir dans les campings . Grosses bises à tous des Castelnauviens.

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    1. Nini

      Ben dis donc que d’aventures ! Ceci dit je ne trouve pas Hervé si vieux au contraire son année de naissance ne peut être qu’on bon présage il a l’âge parfait!

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