Fin de l’Acte 1 Scène 4

Déjà 4 pays visités! Le temps file à toute allure et j’ai même l’impression que tout s’accélère.

Après notre séjour à Arequipa, nous nous sommes rendus dans différentes villes en remontant vers le nord du pays.

Nous avons d’abord fait un arrêt à Ica. Il n’y a pas grand chose à faire là-bas si ce n’est l’oasis et les dunes de sable de Huacachinas. Nico s’y est essayé au sandboard et nous avons assisté à un joli coucher de soleil, installés tout en haut des dunes (comme si nous n’avions pas assez marché les jours précédents).

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Puis de Ica, nous avons pris la direction de Pisco. Là non plus, pas grand chose à voir dans la ville à proprement parler. L’attraction touristique réside dans la réserve nationale située à Parracas, à 20 minutes de Pisco. Les îles Ballestas, accessibles depuis Parracas également, constituent l’autre intérêt de cette zone.

Nous avons commencé par faire notre traditionnel tour au marché pour faire quelques provisions. Le marché est sale et les vendeurs peu avenants. Il n’y a aucun touriste et nous commençons à découvrir une autre facette du Pérou, moins développée que les sites ultra touristiques du sud du pays. Un vendeur plus sympa que les autres nous met en garde contre les pick-pockets et les malfrats et nous invite à faire attention et à ne pas sortir quand le soleil est couché. Notre chauffeur de taxi nous avait dit la même chose quelques heures avant et cela n’est pas pour me rassurer. Je ne suis pas très à l’aise et je me sens passée au crible par les locaux, peu habitués à voir des touristes car ces derniers logent plus volontiers à Parracas. Nous mangeons notre pique-nique dans un square puis nous prenons un taxi pour aller à Parracas. Le taxi fait semblant de ne pas comprendre que nous voulons visiter la réserve et nous pose dans la ville. Nous ne savons pas trop comment nous y prendre pour aller à la réserve et nous nous interrogeons sur la suite des événements quand un gentil monsieur qui travaille dans une agence touristique nous propose de nous faire faire le tour. Il ne nous prend pas plus cher qu’un bus et nous bénéficions ainsi d’une visite guidée et privée de la réserve. L’endroit est très original. A l’époque, l’océan recouvrait une bonne partie du territoire et aujourd’hui, on peut encore en voir les traces. Nous avons ainsi vu de très jolis fossiles marins, témoins de la présence de l’eau à l’époque de la préhistoire. Nous avons également observé le travail de l’érosion mais aussi des mouvements des plaques tectoniques illustré par ce que les locaux nomme la « cathédrale ». Jusqu’en 2007, on pouvait encore observer une arche naturelle façonnée par l’océan. Malheureusement, lors du séisme de 2007, cette arche et une partie de la formation rocheuse se sont écroulées et il n’en reste pas grand chose. Nous nous sommes ensuite arrêtés à différents points de vue avant de terminer le tour par une visite instructive du musée de la réserve. Comme il n’y avait pas de cuisine commune à l’hôtel, nous avons dû sortir pour manger. Me remémorant les recommandations du vendeur et du chauffeur de taxi, je ne souhaite pas m’aventurer dans la ville et nous allons donc manger au plus près! Puis retour à l’hôtel direct! Courageuse mais pas téméraire!

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Le lendemain nous avons fait le tour en bateau pour visiter les îles Ballestas. Ce n’est pas encore tout à fait la pleine saison touristique et il n’y a pas grand monde mais déjà les bateaux sont les uns derrière les autres. Je n’ose même pas imaginer le cirque que cela doit être en pleine saison. Nous ne pouvons pas accoster sur les îles. Seuls les animaux y vivent. Nous avons vu quelques pingouins (c’est vraiment trop mignon), des otaries et des centaines d’oiseaux. Jusqu’en 2012, le guano déposé par les oiseaux était récupéré, vendu et utilisé comme engrais. Depuis, des engrais chimiques ont remplacé cet engrais naturel. Les différentes îles en sont recouvertes et il s’en dégage une forte odeur.

Après Pisco, nous nous rendons à Lima. Nous n’y passons qu’une journée. Nous visitons le centre historique et à cause de la circulation, nous manquons de rater notre bus pour Mancora. Nous arrivons à la gare de bus 10 minutes avant le départ! Comme il y a presque 20 heures de bus jusqu’à Mancora, nous avons réservé un bus « de luxe » avec sièges inclinables à 180 degrés et écrans individuels. Les sièges sont très confortables et les enfants se « gavent » de dessins animés en espagnol. Peut être un trop car cela a valu à Téva une bonne migraine. A Mancora, la chambre que nous avons réservé n’est pas encore prête et on nous propose de nous loger dans l’hôtel d’en face qui appartient aux mêmes propriétaires. La chambre est certes plus petite mais il y a un super jardin. Finalement, nous ne sommes pas perdants au change. Une fois les sacs déposés dans la chambre, Nico s’est mis en quête d’une planche de surf à acheter (comme si on n’était pas assez chargé comme ça). Il trouvera son bonheur rapidement et enchaînera les sessions dans une eau à 24 degrés. Moins chaude qu’au Costa Rica et qu’au Panama, mais suffisamment chaude pour se passer de combinaison. Avec les enfants, nous profitons aussi de l’eau et de la plage et nous alternons baignades, jeux et travail. Cela fait du bien de se poser un peu au même endroit et de ne rien faire (notez mes progrès au passage!). Nous avons droit à de superbes couchers de soleil et nous nous faisons plaisir : cours de surf pour Téva (Malie n’a pas voulu prendre de cours) et cours de yoga pour moi. Qu’est-ce que ça fait du bien! Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu une vraie, longue pratique et j’ai eu des courbatures pendant deux jours! Le personnel de l’hôtel est sympathique, tout comme les autres résidents et nous passons de beaux moments sous le soleil de Mancora.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin et il nous reste une dernière étape avant de quitter le Pérou : Chicama, la vague la plus longue du monde (je na sais pas pourquoi, je sens que ça vous fait rêver). Nous prenons ENCORE un bus de nuit (vraiment pourri celui-ci) et nous débarquons de bon matin à Chicama. Comme l’hôtel n’est pas encore ouvert, nous prenons notre petit déjeuner dehors, sur un banc, face à l’océan. Avant même de poser les sacs, Nico se trouve une combinaison à louer et sitôt installés, se jette à l’eau. Visiblement, il y a beaucoup de courant et les sessions sont fatigantes mais Jean-Michel surfeur se régale et on ne l’arrête plus. Il passe des heures à l’eau pendant que les enfants s’occupent en m’écrivant des messages pour la fête des mères dans le sable. Le dimanche soir, fête des mères oblige, nous nous payons un coup à boire. Mais je n’ai plus l’habitude de boire des alcools forts et je n’arrive même pas à finir ma Pina Colada. Mais qu’est-ce qu’il m’arrive?! Il ne faudrait pas que le voyage dure trop longtemps!

En dehors de cette merveilleuse vague, il n’y a rien à faire. Vraiment rien de rien. D’ailleurs le village est mort. Il n’y a personne dans les rues. Aucun touriste à part quelques surfeurs. En plus, il y a eu un séisme assez fort la nuit d’avant et les gens ont été un peu secoués (dans tous les sens du terme).

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Enfin, l’heure est venue de prendre notre dernier bus de nuit. Cette fois-ci, nous prenons un bus vraiment confortable et j’arrive à dormir un peu.

Arrivés à Lima, nous allons nous balader dans le quartier de Barranco aux rues décorées de magnifiques fresques puis nous allons dépenser encore quelques soles au marché et surtout, nous allons acheter une valise. En effet, au cours de nos quatre mois de voyage, nous avons fait pas mal d’achats et force est de constater que ça ne passe plus dans nos sacs qui sont prêts à craquer (et qui ont déjà commencé à craquer d’ailleurs). Nous perdons un temps fou dans les transports en commun. Il y a vraiment beaucoup de circulation et la journée s’avère fatigante. Nous n’avons pas vraiment apprécié la ville de Lima car c’est une très grande ville et en tant que bons campagnards, nous avons du mal avec les grosses agglomérations.

Alors voilà, le Pérou, c’est fini. Nous avons apprécié ce pays aux multiples facettes. Et nous avons aussi constaté les effets de la mondialisation sur ce pays. Plus de tenues traditionnelles. Les femmes, même les plus âgées sont habillés avec des vêtements modernes. Plus de tresses. Elles portent les cheveux courts. Plus de couvertures pour porter les bébés mais des poussettes à la place. Des supermarchés, des Starbucks, des McDo et des H&M. Tout le monde porte la même chose, mange la même chose et utilise le même téléphone. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose? C’est difficile à dire. Tout le monde a droit à la modernité. Mais est-ce que cela doit se faire au détriment de l’identité culturelle? That is the question! Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

Sur ces bonnes paroles, je vous quitte pour mieux vous retrouver. Prochaine étape : les States.

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Bises à tous et d’ici là, portez-vous bien.

AREQUIPA, REQUIPA, REQUIPA, REQUIIIIIIPA!!

C’est ce que vous ne manquerez pas d’entendre si vous vous rendez dans une gare routière pour prendre un bus. Les femmes crient ainsi le nom des destinations pour vous attirer dans leur compagnie, ce qui ne manque pas de nous faire rire à chaque fois et de donner lieu à des imitations plus ou moins fidèles ! Nous avons donc pris notre premier bus de nuit pour aller à Arequipa. Le trajet s’est plutôt bien passé si on fait abstraction du fait qu’on s’est farci Spiderman pendant 2 heures et demie en espagnol et que nous sommes arrivés à la gare d’Arequipa à 6 heures du matin après une courte nuit. Le bus a beau être très confortable, j’ai du mal à trouver le sommeil en position semi-allongée. Heureusement, les enfants n’ont pas ce problème et ont très bien dormi.

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Arrivés à Arequipa, nous avons déposé nos affaires à l’hôtel puis nous sommes allés prendre un petit déjeuner en terrasse avec vue sur la place centrale. Un « bon » café (il n’y a pas de bon café ici mais n’importe quoi qui ressemble vaguement à un café fait l’affaire) et me voilà requinquée ! Après la frénésie des jours passés à Cusco, tout le monde a besoin de se reposer et nous décidons de le prendre tranquille. Nous ne faisons qu’une seule visite par jour.

Le premier jour, visite de la Cathédrale et tour de la ville. La Cathédrale, qui a souffert lors du dernier tremblement de terre, est magnifique. Comme à notre habitude, nous nous rendons au marché pour faire nos petites courses.

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Le deuxième jour, les enfants nous ont guidé jusqu’à une boutique-musée où nous avons découvert tous les secrets de l’alpaga. ALPACA 🦙 ! BABY ALPACA! Ces quelques mots sont devenus une « running joke » entre nous car toutes les vendeuses nous affirment en permanence qu’elles nous vendent du véritable alpaga quand de toute évidence il s’agit de synthétique made in Asia. Bref, notre curiosité satisfaite, nous sommes retournés à l’hôtel les mains vides car évidemment, l’alpaga, le vrai, coûte la peau des fesses.

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la laine avant le processus de transformation

Enfin, le troisième jour, nous avons visité le couvent de Santa Catalina, une véritable ville dans la ville. Sans le faire exprès, nous nous sommes mélangés à un groupe de français en voyage organisé et nous avons du coup profité de leur guide. La visite était très intéressante et le couvent est un lieu vraiment à part. Il y a de nombreuses cours et rues de couleurs différentes. Nous avons visité les anciennes maisons des sœurs qui avaient carrément des servantes. Chacune avait sa spécialité : la sœur qui fait les gâteaux, la sœur qui coud, la sœur qui peint. Pour rigoler, j’ai demandé à Malie qu’elle sœur elle serait. Réponse : « La sœur qui joue de la guitare électrique »! Ça, c’est fait! À une certaine époque, il y a eu jusqu’à 500 femmes recluses dans ce couvent. Aujourd’hui il ne reste qu’une trentaine de sœurs qui vivent ensemble sous le même toit.

Nico avait très envie que nous tentions un trek de plusieurs jours avec les enfants. Le Canyon de Colca nous semblait une bonne entrée en matière et nous avons réservé un trek de 3 jours avec un groupe. Habituellement nous évitons les tours organisés mais, non seulement cela revenait moins cher (les rats sont de retour) mais en plus cela nous retirait le soucis de l’itinéraire. Nous n’avions qu’à suivre…

Premier jour : lever à 3 heures du matin. Trois heures de bus « frigorifique » (on s’est gelé) et quatre vomitos de Malie plus tard, nous nous arrêtons pour prendre un petit déjeuner et essayer de nous réchauffer. Puis nous nous arrêtons à nouveau pour observer des condors profiter des courants d’air ascensionnels. Cet animal est immense et ressemble un peu à un vautour. Nous avons eu la chance d’en voir plusieurs voler juste sous nos yeux. Un peu plus loin, le bus nous lâche et nous faisons la connaissance de notre groupe : 12 personnes (plus nous) de tous âges et de toutes nationalités encadré par Edgar (Eddie pour les intimes). Au début les gens sont au mieux intrigués, au pire inquiets de nous voir débarquer avec des enfants mais ils ont vite compris que nos rejetons ne seraient pas un problème pour le groupe. Dès le début, Edgar a su impulser une bonne dynamique de groupe et s’est montré attentif aux besoins de chacun. Pour notre première journée de trek, nous n’avions que de la descente. Nous sommes descendus tout en bas du Canyon. Au début nous sommes restés sagement derrière le guide qui nous a ménagé des pauses fréquentes pour nous donner de nombreuses explications sur la faune et la flore du Canyon. Puis Eddie s’est placé à la fin du groupe et chacun a pu aller à son rythme. Traduisez : le père et les enfants SALAMÉ à fond les ballons et la mère qui court derrière pour les rattraper! Résultat : nous avons attendu les derniers marcheurs pendant une heure. Nous en avons profité pour tremper nos pieds dans la rivière glacée. Vivifiant. Puis nous somme arrivés jusqu’à notre hébergement. Fin de la marche pour aujourd’hui. Après-midi repos et repas partagé avec le groupe ont conclu notre journée. Le groupe est sympa et il y a une bonne ambiance entre nous. C’est appréciable car on ne sait jamais sur qui on va tomber quand on s’engage sur un tour organisé.

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Au programme du deuxième jour : 1 heure de montée (Bon test avec l’ascension de 1100 mètres qui nous attend le lendemain), une heure de plat et une heure de descente. Même topo que la veille : je cours derrière Nico et les enfants pour ne pas me laisser distancer. Je stresse pour le lendemain. Je ne suis pas sure d’être capable de faire une telle ascension, d’autant plus que je n’ai pas l’habitude de marcher avec un sac à dos. Comme la veille, l’après-midi est libre. Le soir, Eddie ainsi qu’un autre guide nous invitent autour d’un feu de camp. Sur les trois groupes présents, seul le nôtre vient auprès du feu. C’est assez révélateur de ce que notre guide a réussi à créer entre nous. Tous stressent plus ou moins pour la montée qui nous attend le lendemain et nous allons tous nous coucher assez tôt car le départ est fixé à 4 heures du matin.

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Gloups. C’est l’heure. Équipés de nos frontales plus ou moins performantes, nous nous lançons à l’assaut de la montagne. Au début, Eddie donne le rythme et tout le monde le suit. Nous formons un joli serpentin lumineux sur les pentes du Canyon. Puis, quand il n’y a plus d’embranchement, Eddie laisse chacun aller à son rythme et ferme la marche. Cette fois-ci, je n’ai même pas essayé de suive les enfants et Nico. Ils sont partis devant et sont arrivés les premiers en à peine plus de 2h30. Quant à moi, j’y suis allée à mon rythme, accompagné par le livre audio de Michelle Obama, et je suis arrivée un quart d’heure après eux. Je me suis surprise moi-même car je n’ai finalement pas souffert. Comme j’étais toute seule, je n’ai pas eu à essayer de suive quelqu’un ou à attendre quelqu’un. Je n’ai fait que deux pauses et je n’étais même pas essoufflée. Une grande victoire pour moi mais aussi pour tout le groupe. Nous étions contents d’accueillir nos nouveaux amis au fur et à mesure de leur arrivée. Tous se sont dépassés. Après cette ascension, nous nous sommes rendus dans un restaurant pour prendre un petit déjeuner. Et là, qu’est-ce que j’entends ? Cumpleaño feliz, cumpleaño feliz… Eddie et l’autre guide qui avait fait le feu arrivent en chantonnant avec un gâteau dans les mains surmontés de deux bougies. Tout le restaurant les accompagne. Même si je n’aime pas être au centre des regards, cette attention m’a fait particulièrement plaisir. J’ai soufflé mes bougies et partagé mon mini gâteau avec Nico (qui avait vendu la mèche) et les enfants. Ce fut un joli moment. Merci à mon petit mari ainsi qu’à Eddie et son comparse. Nous avons retrouvé notre bus puis après quelques arrêts « points de vue » nous avons regagné Arequipa. Au moment de se dire au revoir, embrassades générales. Les gens sont contents de s’être rencontrés et nous avons même été invités aux États Unis par un couple qui habite à Los Angeles. Nous pouvons dire que nous avons vécu une belle expérience. Humaine et physique. Les enfants ont bluffé tout le monde et se sont super bien comportés. Pour un premier trek de plusieurs jours, ce fut un succès.

Le soir, nous avons récupéré nos gros sacs restés à l’hôtel et j’ai reçu mes cadeaux autour d’un pique-nique improvisé. J’ai été super gâtée une fois de plus. À ce sujet, merci encore pour vos gentils messages pour mon anniversaire. Ce sont des choses qui comptent, encore plus quand on est à l’autre bout du monde, loin de sa famille et de ses amis.

La suite ? Ce sera pour vous conter la fin de nos aventures au Pérou.

Bises à tous. Et d’ici là, portez-vous bien.

EL MACHU PICCHU

Nous nous sommes levés à 5 heures du matin. L’auberge, qui a l’habitude, sert des petits déjeuners à partir de 4h30 du matin. L’accès au site du Machu Picchu est hyper réglementé : il y a une heure d’entrée indiquée sur votre billet et vous ne pouvez (en théorie) rester que 4 heures sur place (3 heures à partir du mois de juin). Même topo au niveau des navettes qui vous montent jusqu’à la cité inca. On vous parque derrière un petit panneau indiquant votre heure d’accès au Machu et pile à l’heure, des navettes vous embarquent jusqu’au sommet. Arrivés sur place, mieux vaut ne pas avoir oublié votre passeport car il est exigé à l’entrée. Les visiteurs sont invités à rentrer par vagues. Il y a énormément de monde à l’entrée mais une fois à l’intérieur, le site étant très grand, les visiteurs se répartissent naturellement autour des différents points d’intérêt. En arrivant sur le site, on domine la cité du Machu Picchu. Première claque : c’est beau. On se demande pourquoi il ont construit une cité à cet endroit et comment elle a pu être à ce point conservée. En fait, les espagnols au moment de la conquête de l’Amérique du Sud, n’ont pas eu connaissance de cette cité, probablement déjà abandonnée au moment de leur arrivée. Tout le monde ou presque en avait oublié l’existence. Ce n’est qu’au début du 20ème siècle que les ruines ont été mises à jour, ce qui explique l’excellent état de conservation. Les espagnols, n’en ayant pas eu connaissance, n’ont pas pu détruire la cité ni se servir des pierres pour construire leurs propres bâtiments comme ce fut parfois le cas. Nous avons commencé par faire la « photo mythique » de la cité avant de nous rendre directement à la porte du soleil.

Il s’agit de la transition entre la fin du chemin de l’inca qui va jusqu’à Cusco et l’entrée dans la cité. Une heure et demie de marche aller/retour (en légère montée à l’aller) permet d’atteindre la porte du soleil qui nous offre un formidable point de vue sur la cité et son écrin. On voit bien les montagnes qui entourent cette ville mystérieuse.Plusieurs théories tentent d’expliquer la raison d’être de cette fabuleuse cité. Certains pensent que les Incas auraient voulu laisser une trace de leur grandeur sentant le déclin de leur empire arriver. D’autres pensent qu’il s’agissait d’une résidence secondaire pour l’empereur. Une chose est sûre, la cité était à une carrefour entre plusieurs autres cités et on y faisait du commerce. La ville aurait perdu de son intérêt aux yeux des incas à la mort de l’empereur et aurait été progressivement abandonnée.

Après avoir fait une longue pause à la porte du soleil, nous sommes revenus vers la cité sous un beau ciel bleu. Nous avons pris d’autres photos de l’ensemble du site depuis les différentes terrasses aménagées à cet effet. Chaque vue semble encore plus belle que la précédente. Il y a du monde, certes, mais chacun attend son tour pour faire ses photos souvenirs.

Nous nous lançons ensuite à la découverte de l’intérieur de la cité.

Il fait chaud, nous nous sommes levés à 5 heures du matin, et les enfants commencent à se lasser. C’est dommage car le site est vraiment fabuleux. Nous nous promenons à travers les rues, passons dans les anciennes habitations, découvrons les carrières où étaient taillées les pierres servant aux différentes constructions selon un circuit à sens unique. Impossible de revenir sur nos pas. Il n’y a pas de plan pour se repérer et nous n’avons pas pu passer à proximité du temple du soleil ni des bassins servant aux rituels (mais nous avions pu les observer de haut). Nous avons en revanche observé furtivement (interdiction de s’arrêter) l’intihuatana, pierre servant de calendrier dont seuls les prêtres avaient le « code », située au sommet du quartier sacré. De nombreuses terrasses de cultures entourent la cité. Nous avons ensuite traversé la grande place qui séparait le haut et le bas de la cité afin de déambuler dans le quartier administratif. Nous nous sommes hâtés pour finir le tour car les enfants étaient fatigués et ne profitaient plus de la visite. Je crois qu’ils sont trop jeunes (et aussi trop gâtés) pour réaliser la chance qu’ils ont eu de se trouver là et de visiter ce site mythique à leur âge. Nous ne les avions peut-être pas assez bien préparés… En tous cas, nous en avons pris plein les yeux. Nous avons appris par la suite que la cité du Machu Picchu avait été désignée comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde le 7 juillet 2007, jour de notre mariage… En regardant la liste de ces fameuses merveilles, nous nous sommes rendus compte qu’il s’agissait de notre quatrième! En effet, nous avons eu la chance de voir le Taj Mahal, la grande muraille de Chine, le Colisée et enfin le Machu Picchu. Ça nous a donné envie de voir les trois autres du coup! Prochaine destination? La Jordanie? Le Brésil? Le Mexique? On verra bien…

Contrairement à l’aller où nous avions pris la navette, nous avons fait le retour à pieds. Et ça descendait sec! Des marches et encore des marches, pas forcément ce qu’il y a de plus agréable pour descendre. Bizarrement, nous n’avons croisé aucune famille qui descendait à pieds. D’ailleurs, il y avait très peu d’enfants sur le site, l’accès au Machu Picchu depuis Cusco étant quand même au mieux cher, au pire compliqué,… Nous sommes arrivés à la ville d’Aguas Clientes en début d’après-midi et nous nous sommes fait un petit resto pour nous récompenser de nos efforts! Nous nous sommes baladés un peu dans la ville avant de retourner à l’hôtel. Le lendemain, nous avons fait le chemin en sens inverse : nous avons marché jusqu’à Hydroelectrica (nous nous sommes arrêtés en chemin pour visiter un jardin botanique et admirer une belle cascade) avant de reprendre le bus pendant 6 heures. Cette fois-ci, les enfants n’ont pas été malades. Nous sommes arrivés de nuit à Cusco, où notre chambre et nos bagages nous attendaient.

De retour à Cusco, nous avons pris un peu de repos. Simple balade dans la ville et spectacle folklorique le soir qui a fait l’unanimité.

Le lendemain, les garçons avaient rendez-vous avec Thierry (le copain de tonton Jean pour ceux qui n’auraient pas suivi) et son fils pour faire un tour de VTT. Malie et moi les avons rejoint dans la ville de Pisac. Nous avons pris un mini bus toutes les deux et nous avons passé un bon moment dans le marché de la ville avant de les retrouver en compagnie de la femme de Thierry et de sa fille. Nous avons ensuite mangé tous ensemble et en fin d’après-midi, les gars se sont fait une dernière descente.

Pour nos deux derniers jours à Cusco, nous n’avons pas chômé.

Sur une des journées, nous avons alterné mini bus, taxi et nos pieds pour visiter trois sites de la vallée sacrée. Tout d’abord le site de Moray, avec ses impressionnants cercles concentriques qui auraient servi de laboratoire aux Incas qui testaient ainsi les conditions optimales pour chaque type de cultures. Puis le site de Salinas avec ses bassins qui rappellent ceux des teinturiers de Marrakech bien qu’ils n’aient rien à voir avec ces derniers. Il s’agit là de bassins de récupération de l’eau salée qui coule naturellement de la montagne. Le sel récolté ici sert essentiellement à produire les blocs de sel que l’on donne au bétail. Et enfin le site de d’Ollantaytambo (plus 1 dans la moyenne pour ceux qui retiendront ce nom-là!), ancienne forteresse inca qui a vu l’une des seules défaites espagnoles avant d’être finalement soumise par les conquistadors.

Et après tout ça, nous avons une fois de plus retrouvé Thierry et Olivier pour partager un verre avec eux. Nous avons vraiment apprécié leur compagnie et quelque chose me dit qu’on se reverra en France.

Pour finir notre séjour dans la capitale historique du Pérou, nous sommes retournés à Pisac pour en visiter les ruines. Le site est vraiment sympa. Il reprend tous les principaux secteurs des cités typiques et s’étale dans la nature, nous faisant ainsi faire une bonne promenade . À l’entrée du site, un andin en tenue traditionnelle nous a convaincu de lui acheter une flûte. Il nous a carrément donné un mini cours et s’est montré très persuasif : « avec un peu de pratique et les vidéos sur YouTube (véridique!) vous allez y arriver ». Résultat, nous sommes repartis avec une flûte dont aucun son correct n’est encore sorti… Bizarre. Il a du nous filer la seule qui ne marchait pas!

Bref, même si nous n’avons pas arrêté, nous avons vraiment beaucoup aimé la ville de Cusco et ses environs. Entre tradition et modernité, cette ville ravira les archéologues qui sommeillent en chacun de nous.

Tout se passe pour le mieux et tout le monde va bien. On vous embrasse bien fort. À très bientôt pour de nouvelles aventures et d’ici là, portez-vous bien.

Des zizis et des ruines, ça vous dit?

Nous avons passé la frontière péruvienne sans aucun problème. Comme pour passer au Panama, nous sommes descendus du bus puis nous nous sommes affranchis des formalités. Un tampon d’un côté de la frontière, un tampon de l’autre (nos passeports commencent à en avoir une belle collection), pas de taxes, pas de labyrinthe et surtout pas de visa. Un vrai jeu d’enfant. Nous avons pris un taxi pour aller jusqu’à notre confortable hôtel (nous avons une fois de plus été surclassés grâce à Booking). Le temps de poser les sacs et nous partons à la découverte de Puno, ville qui borde également le lac Titikaka mais côté Péruvien. La ville nous semble assez moderne et offre un centre piéton très agréable. Pour fêter notre arrivée (et parce qu’elles étaient vraiment pas chères !) nous nous offrons une glace à 3 boules ! Oui, 3 boules! Le luxe suprême. Les enfants n’en revenaient pas!

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Nous nous promenons dans les rues et nous constatons que l’artisanat ressemble à celui de Bolivie. Nous trouvons un office de tourisme et nous obtenons de précieux renseignements qui nous permettront de nous rendre sur différents sites en utilisant les transports en commun au lieu de faire appel à une agence. D’ailleurs nous nous lançons directement avec la visite du temple de la fertilité dans le petit village de Chucuito. Nous prenons un mini-bus qui nous y emmène directement. Le site a bien fait rire les enfants (et nous aussi il faut bien l’avouer), tout étonnés de découvrir… des dizaines de zizis en pierre! Comme nous étions les seuls sur le site, nous en avons profité pour faire des photos rigolotes. Il paraît qu’à l’époque des Incas, les femmes qui avaient des difficultés à avoir un enfant s’asseyaient sur ces phallus géants … Nous avons prolongé un peu notre visite de la ville en nous rendant à un belvédère d’où nous avons profité d’une belle vue, puis nous sommes rentrés à Puno. Nous avons fait nos courses au marché et nous avons ensuite regagné notre hôtel.

Le lendemain nous nous sommes rendus sur les îles flottantes. Rien à voir avec un dessert ! Il s’agit d’une multitude de petites îles construites sur des racines avec un sol en roseau. Tout est fait pour les touristes mais il y a encore des gens qui y vivent. Nous avons pris un bateau avec des touristes locaux et internationaux et nous avons été accueillis sur une petite île par son président. En effet, chaque île a son propre président. Il nous a expliqué comment les îles étaient construites ainsi que quelques traditions. Nous avons ensuite pris un bateau fait de roseaux pour nous rendre à la « capitale » des îles Uros, une île sur laquelle il y a des restaurants et des souvenirs! Bref, une expérience bien touristique mais intéressante quand même.

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Le lendemain nous avons visité le site des tours funéraires de Sillustani. Il s’agit de tours plus ou moins grandes où les Incas enterraient leurs nobles avec de la nourriture et des objets pour leur passage dans l’autre monde. Certaines sont très bien conservées et représentent un travail titanesque. L’après-midi nous nous sommes promenés dans la ville et nous sommes montés jusqu’au point de vue, au pied d’une statue gigantesque représentant un empereur inca.

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Tours funéraires de Sillustani

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Pour nous rendre à Cusco, nous avons pris un super bus. Nous avions hésité à faire le trajet de nuit mais nous serions arrivés à 4h30 du matin. Pas top. Du coup, nous avons voyagé de jour dans un bus bien plus confortable qu’un avion. Presque 8 heures de trajet tout de même!

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Cusco est LA ville touristique d’Amérique du Sud. Du coup, c’est blindé de touristes. La ville est grande et propre, très sûre, moderne et résolument tournée vers le tourisme. La place d’armes est une très jolie place bordée d’une église et d’une cathédrale majestueuse. Nous nous contentons d’un petit tour dans la ville avant d’aller nous restaurer et nous coucher.

Le lendemain, nous avions rendez-vous avec des copains de tonton Jean, Thierry et Olivier, qui ont monté une entreprise qui organise des treks au Pérou. Olivier nous a donné de nombreuses et précieuses informations pour notre séjour, notamment pour le Machu Picchu et nous avons convenu de nous retrouver le soir pour boire un coup ensemble. Après notre rencontre, nous sommes tout de suite allés réserver nos entrées pour le Machu car l’accès au site est limité à un certains nombre de visiteurs chaque jour. Sur les conseils d’Olivier, nous avons pris nos billets directement à la source, évitant ainsi la sur-facturation pratiquée par les agences. L’entrée est déjà bien assez chère. Je ne sais plus exactement combien nous avons payé mais c’était pas loin de 45$ par adulte et la moitié pour les enfants. Nous avons également réservé le bus pour y aller (16€ aller / retour en bus contre 130$ en train) et notre hébergement sans passer par une agence. De cette façon-là, nous avons réussi à limiter le coût de notre escapade au Machu Picchu. Vers 11 heures, nous avons commencé à faire le tour de la ville en suivant un circuit indiqué par le lonely planet. Nous avons fait quelques emplettes au marché et nous nous sommes régalés de churros bien gras. Nous avons également assisté à un petit concert d’instruments de l’époque Inca. Le musicien était très fort et également sympathique. Les enfants se sont achetés des sortes de petits sifflets en forme de chouette qui reproduisent le chant des oiseaux. Nous sommes rentrés dans l’après-midi à l’hôtel pour faire travailler les enfants et prendre une douche avant de rejoindre Thierry et Olivier (qui nous ont offert au passage un chouette T-shirt à chacun) pour aller boire un coup en ville. Nous sommes allés dans un pub qu’ils connaissent bien et nous y avons retrouvé Patrick, un autre Français, chef cuisiner à Aguas Calientes (la ville à côté du Machu Picchu) et ami de Thierry. Les conversations vont bon train et après quelques verres, on a l’impression d’être avec une vieille bande de potes. Généreusement, Patrick nous invite dans son restaurant à Aguas Calientes le soir où nous allons arriver dans la ville. Nous sommes un peu gênés mais il insiste et nous acceptons son invitation avec plaisir. Olivier doit nous quitter mais nous prolongeons la soirée et nous allons manger dans un restaurant avec Thierry, Patrick, le fils de Patrick qui nous a rejoint et son assistant. Nous passons vraiment une très bonne soirée. Le fils de Patrick a été VTTiste à haut niveau au Pérou et est maintenant instructeur de parapente. Au moment de régler l’addition, Patrick s’en était déjà chargé. Encore une fois très gênant, surtout qu’on ne le connait que depuis quelques heures mais Patrick n’est pas le genre de personne que tu as envie de contrarier. Avec sa gueule de marin et son franc parler, tu comprends que s’il t’invite, c’est que ça lui fait plaisir et il n’y a pas à discuter.

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Le jour d’après, nous nous sommes lancés à la découverte des sites archéologiques de la ville et de ses environs. Le premier, le plus impressionnant, est celui de Saqsaywaman. En fait, un des empereurs incas avait décidé que la ville de Cusco aurait une forme de puma et le site de Saqsaywaman en représente la tête. Les murs en zigzag en forment les dents. Le site est bien conservé et on peut admirer tout le travail des incas pour tailler les roches et monter les murs. Nous avons ensuite fait trois autres sites : le site de Qenqo, plus petit, avec sa grotte sacrificielle, celui de Tambomachay avec ses bains pour les rituels et les cérémonies et enfin celui de Puka Pukara et ses pierres rouges, autrefois bastion des chasseurs et garde-manger de la région. Plus de 14 kilomètres à pieds dont les derniers sous une pluie battante. Les enfants se sont montrés vraiment courageux et ne se sont même pas plaints. Comme nous avons eu un peu pitié d’eux, nous leur avons payé … le McDo. Oui! Shame on us! Mais ils étaient tellement contents que pour une fois… Fin d’après-midi tranquilou-bilou à l’hôtel avant le grand départ pour le Machu Picchu.

Il faut savoir que le Machu (à moins d’être plein aux as) ça se mérite. Pour arriver à la ville la plus proche qui se trouve être Agua Calientes, il faut prendre un bus pendant 6 heures sur une route tortueuse et sinueuse. Le pauvre Téva a été malade et a vomi plus d’une fois. Mais ce n’est pas tout. Une fois arrivé à Hydroelectrica (c’est là que nous pose le bus), il faut marcher encore 3 heures avant d’atteindre la ville d’Aghas Calientes! Et oui, il n’y a pas de route pour aller jusqu’au Machu Picchu. Les seules options sont : prendre un train à 130 $ qui te pose dans la ville, prendre un bus de 6 heures puis marcher 3 heures ou faire un trek de 4 jours. Du coup, on a opté pour la deuxième option. La marche pour aller jusqu’à Aguas Calientes n’est pas très difficile. Il suffit de suivre les rails du chemin de fer jusqu’à la ville sur un faux plat légèrement montant. Nous avions laissé nos gros sacs à l’auberge de Cusco et n’avions pris que nos « petit sacs », déjà bien assez lourds. Pour occuper les enfants dans le bus et pendant la marche d’approche, je leur avais mis le livre audio de Harry Potter sur leur lecteur MP3 (gratitude éternelle pour le couple qui m’en a donné l’idée dans le bus Puno / Cusco). Du coup, ils avançaient tellement vite qu’on étaient presque obligés de courir derrière eux avec Nico. Et au lieu de 3 heures, nous n’avons mis que 2 heures pour atteindre la ville. Pendant que nous nous douchons, je jette un coup d’oeil au Lonely Planet pour voir si je trouve le restaurant de Patrick. Je n’ai pas eu de mal à le trouver : c’est le coup de coeur de la rédaction! Que des super critiques et un menu (pour un!) aussi cher qu’une de nos nuits d’hôtel! Nous passons acheter nos billets de bus pour monter jusqu’au Machu le lendemain (12$ l’aller pour 20 minutes de bus. Gloups!) et nous nous rendons, un peu intimidés dans le restaurant de Patrick. Nous nous annonçons et ce dernier vient nous saluer. Nous avons été reçus comme des princes et nous nous sommes régalés. Tout était excellent, très bien présenté et le cadre est incroyable. L’intérieur ressemble à un bateau. Il y en a dans tous les sens. On ne sait plus où donner de la tête. Et encore une fois, nous nous sommes régalés. Si vous aimez les bons restaurants et que vous êtes prêts à casser la tirelire pour vous faire plaisir, je vous recommande vivement cette adresse. Un grand, grand merci à Patrick pour son invitation. Ça nous a vraiment fait du bien.

Cet article commençant à être légèrement long, je vais en rester là pour l’instant et consacrerai mon prochain article au site majestueux du Machu Picchu et à nos derniers jours à Cusco.

Merci à tous pour vos gentils commentaires et pour le simple fait de nous lire. Ça nous fait plaisir de savoir que vous suivez nos aventures. Bises à tous et d’ici là, portez-vous bien.

Nos derniers jours en Bolivie

J’ai pris un peu de retard dans ce blog à cause de mauvaises connexions internet voire d’absence de connexion et du coup il me reste pas mal de choses à relater avant de vous conter nos nouvelles aventures au Pérou.

Nous en étions restés à Tupiza. Suite aux commentaires sur différents blogs de voyageurs, nous avons décidé de faire le fameux tour dans le désert de sel directement avec notre hôtel et nous n’avons pas été déçus. Nous avons voyagé pendant quatre jours dans un voiture confortable, avec un chauffeur prudent et à l’écoute et une cuisinière que pour nous. Ce qui n’est pas toujours le cas. Certains voyagent avec de plus grosses agences et se déplacent à la queue leu leu avec une seule cuisinière pour plusieurs groupes. Notre chauffeur avait bien compris que nous préférions éviter les autres touristes et s’arrangeait toujours pour qu’on soit seuls ou pour nous décaler des autres groupes. Quand à la cuisinière, une perle! Nous avons super bien mangé. Honnêtement, je ne sais pas comment elle faisait pour cuisiner d’aussi bons plats dans des conditions aussi précaires. Elle nous a même fait un gâteau!

Le premier jour, nous avons beaucoup roulé au milieu des lamas et des vigognes. Le midi, nous avons mangé dans le village natal de notre chauffeur. Il nous a montré la maison dans laquelle il vivait : une minuscule maison aux briques de terre juste à côté de l’école. Le village est toujours habité et il compte environ 80 familles qui vivent dans des maisons de terre comme celle du chauffeur. Dans l’après-midi, nous avons crevé et Santos (c’est le nom du chauffeur) a changé la roue en moins de deux malgré l’altitude qui rend tout effort difficile. Le soir, Elojia nous a servi un goûter pendant qu’elle préparait le repas. Le chocolat chaud fut le bienvenu. Nico, pour lutter contre le mal des montagnes s’est fait une infusion de mate de coca et l’a bien regretté par la suite car il n’a pas dormi de la nuit, nuit qui fut tellement fraîche que nous avons dormi tout habillés, doudoune comprise pour les filles, plus frileuses apparemment que les garçons. L’avantage, c’est que nous n’avons pas besoin de nous préparer le matin et que les sacs sont déjà prêts!

Le deuxième jour nous avons passé la journée dans le parc national où nous avons vu des paysages complètement différents : lagune colorée, lagune blanche, lagune verte, lagune rouge (n’en jetez plus la coupe est pleine!) geysers et magma en ébullition. Avec une pause dans un bassin d’eau chaude naturelle à 4000 mètres d’altitude. Le top! C’est également au cours de cette deuxième journée que nous avons fait un passage à 5000 mètres (enfin 4995 mètres pour être précis) d’altitude. Les enfants, tout au long du séjour, n’ont manifesté aucun inconfort et ont très bien supporté l’altitude.

Le troisième jour, nous avons observé et escaladé de belles formations rocheuses et nous sommes enfin arrivé au fameux Salar d’Uyuni. Nous avons eu beaucoup de chance car nous avons pu emprunter une route qui était impraticable jusqu’alors en raison des pluies et qui nous a mené de l’autre côté du Salar où nous avons pu dormir dans un hôtel de sel. Tout était en sel : les murs, les lits, les tables et les bancs. Absolument tout. Cela nous a beaucoup amusé. Le soir, nous sommes allés voir le majestueux coucher de soleil. Nous avons marché sur la croute de sel et nos pieds se sont enfoncés dans l’eau (en particulier ceux de Malie par ma faute, en voulant prendre une photo). Nico s’est carrément déchaussé et est resté les pieds dans l’eau glacée pour prendre des photos. Je ne suis pas allée jusque là, restant sagement au bord. Le coucher de soleil était absolument fantastique et malgré le froid, nous en avons pris plein les mirettes.

Le quatrième et dernier jour de notre trip dans le désert, nous nous sommes levés très tôt pour voir le lever du soleil. Santos nous a amené sur une petite île de sel où nous étions tous seuls. Habitué, il nous a fait faire de supers photos face au soleil levant dont une qui nous fait encore bien rire. En effet, il avait dans son idée de faire faire une forme de triangle à Nico et au enfants et ne voulait pas que je sois sur la photo. Il n’arrêtait pas de dire :  « Mama, un poquito mas, poquito mas » jusqu’à ce que je sorte du champ ! On en rigole encore. Après ce moment magique, nous avons repris la route jusqu’à l’île aux cactus. Il s’agit d’une île de corail en plein milieu du désert de sel sur laquelle poussent des cactus par milliers. Nous avons pris un petit déjeuner de rois au pieds de l’île avant d’en faire le tour. Vraiment surprenant ! Nous avons encore roulé un peu avant de nous arrêter au beau milieu du désert de sel pour faire des photos rigolotes. C’est un paysages vraiment impressionnant. Du sel à perte de vue et rien d’autre que le ciel bleu. Une fois encore, coutumier de l’exercice, Santos nous a guidé dans une séance photo loufoque. Certaines sont très réussies. Nous avons fait ensuite un passage par un ancien hôtel de sel transformé en musée et les enfants ont posé devant la statue du Dakar qui est passé par ici deux années de suite. Nous avons mangé à la sortie du désert. Pour notre dernier repas Elojia nous avait gâté avec des cocktails aux couleurs du drapeau bolivien puis nous avons fini notre périple au cimetière des trains d’Uyuni. Décor parfait pour jouer aux indiens et aux cowboys.

Nous avons fait le choix de passer une nuit à Uyuni plutôt que de prendre un bus de nuit pour la Paz afin que les enfants se reposent. Nous avons bien fait de faire le tour dans le sens Tupiza / Uyuni car il n’y a vraiment rien à faire à Uyuni. Notre hôtel était sans prétention et notre chambre au quatrième étage sans ascenseur…

Le lendemain fut une journée de transfert en bus vers la Paz. Presque 8 heures de trajet. Notre hôtel à la Paz est super bien placé et assez luxueux. En effet, grâce au programme de fidélité de Booking, nous avons payé notre chambre la moitié de son prix. Velours, ascenseur et petit déjeuner de roi, nous en avons pleinement profité. Seule la cuisine commune était vraiment petite mais les gens qui dorment ici et paient plein pot ont les moyens et manger au resto et du coup j’étais la seule à l’utiliser avec le personnel. La ville de La Paz est une ville très sympathique. Nous nous sommes promenés à travers les nombreuses échoppes. Une fois encore, tout est organisé par quartier : le quartier de la laine (j’ai lutté pour ne pas acheter un crochet et des pelotes de laines! Toutes les femmes s’occupent en crochetant ici. D’ailleurs notre cuisinière avançait dans son ouvrage pendant que nous roulions), le quartier des outils, le quartier des chaussures,… Nous avons pris beaucoup de plaisir à nous perdre dans les méandres de ce marché géant.

Nous avons en revanche été un peu déçu par le quartier de l’Alto. Mais cela nous a donné l’occasion de prendre les télécabines pour revenir sur La Paz et rien que pour ça, cela valait le coup. C’était un peu surréaliste de survoler la ville en télécabine.

C’est également à la Paz que les garçons ont réservé un tour pour descendre la route la plus dangereuse du monde (c’est ainsi qu’elle se nomme) à vélo. Nous avons donc fait deux groupes ; les garçons sont partis de leur côté pour toute la journée. Ils sont montés à 4700 mètres pour descendre ensuite 65km de piste. Téva a impressionné le guide tellement il s’est bien débrouillé. Quant aux filles, nous nous sommes organisé une « journée meufs » avec au programme tresse indienne, bracelet, bon petit resto, shopping et film Disney. Le pied quoi ! Tout le monde s’est retrouvé le soir autour d’une part de pizza.

Il y aurait encore tant à raconter sur notre séjour à La Paz : le marché des sorcières, la procession de la semaine sainte, le musée de la coca,… mais il me reste encore une ville à évoquer : Copacabana.

Le pauvre Téva a été malade pendant tout le trajet. Comme il n’y a pas de pont pour atteindre l’autre côté du lac, nous avons pris un petit bateau pendant que le bus traversait sur une barge. À Copacabana, nous avions un petit hôtel sympathique avec encore une fois une chambre au quatrième étage, mais cette fois-ci sans ascenseur ! Autant dire que quand tu as oublié un truc dans ta chambre, tu pleures! Nous y étions pendant le week-end de la semaine sainte, il y avait énormément de monde. Cela s’est calmé par la suite et nous avons pu profiter du lac et de ses joyaux : les îles de la lune et du soleil, le mont  Calvario et la péninsule de Yampupata.

Nous avons ainsi rechargé les batteries avant le départ pour le Pérou. Mais ça, ce sera pour une prochaine fois !

D’ici là, portez-vous bien !

Entre villes et déserts …

De retour pour des nouvelles fraîches (dans tous les sens du terme) après avoir passé quelques jours complètement coupés du monde.

Nous revenons en effet d’un séjour de quatre jours dans le désert qui fut absolument épique mais j’y reviendrai dans un prochain article.

Pour l’heure, je vous propose un petit résumé de nos péripéties dans les villes de Sucre, Potosí et Tupiza.

Pour éviter un trajet en bus long et pénible, nous avons pris un vol interne. Une petite escale à Cochabamba et nous voilà à Sucre. Arrivée de nuit, mais nous ne sommes pas inquiets. Nous trouvons un chauffeur de taxi qui nous nous amène à l’adresse que nous lui indiquons. L’aéroport est plutôt loin de la ville et nous arrivons à Sucre vers 22h30. Seul problème : il n’y a aucun hôtel à l’adresse indiquée. Le numéro de téléphone indiqué par Booking ne semble pas être attribué et la galère commence. Pendant près d’une demie heure Nico et le chauffeur de taxi ont cherché partout, demandé à toutes les personnes qu’ils croisaient s’ils connaissaient notre hôtel. Sans succès. Les enfants s’étaient endormis dans le taxi et ne se sont rendus compte de rien. Finalement, un local plus dégourdi que les autres a réussi à trouver le bon numéro de téléphone et notre adorable chauffeur de taxi a pu téléphoner au propriétaire. En fait, il ne s’agissait pas d’un hôtel mais d’une chambre chez un particulier située dans une petite ruelle et le propriétaire qui n’avait vraisemblablement pas compris le message que je lui avais envoyé sur Booking pour prévenir de notre arrivée tardive ne nous attendez pas. Le comble, c’est que Nico avait frappé à la bonne porte mais que personne ne lui avait ouvert. Bref, un long moment d’inquiétude avant de finalement trouver notre chambre d’hôte. La chambre est froide et ne possède que trois lits. Je me sacrifie et propose de dormir sur un de nos matelas gonflables à même le sol mais il fait tellement froid que je n’arrive pas à m’endormir. J’essaie alors de trouver une petite place dans un des lits occupés par Nico et les enfants mais ce n’est pas chose facile. Téva dort en zigzag et Nico occupe la totalité de son petit lit. J’arrive péniblement à me glisser à côté de Malie, dans le trou qui sépare le lit du mur. Nuit horrible, cela va sans dire. Pour elle comme pour moi car je me rends compte au petit matin qu’elle n’est pas très couverte et qu’elle aussi a eu froid. Comme le petit déjeuner n’est pas compris, Nico nous propose d’aller le prendre dans un clocher qu’il a repéré sur TripAdvisor. Nous commençons à nous y rendre à pieds mais c’est loin, tout le monde est fatigué et nous n’arrivons pas à trouver notre chemin. Nous optons donc pour un taxi avant que la situation ne tourne au vinaigre et nous finissons par arriver à destination. Le petit déjeuner est hors de prix à mon sens mais il est excellent et je dois bien avouer que c’était plutôt plaisant de prendre son café tout en haut d’un clocher. Ce n’est pas chose courante et la vue sur la ville est des plus sympathiques.

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Nous nous sommes ensuite promenés dans la ville. Les enfants sont montés au sommet d’une mini Tour Eiffel taggée dans tous les sens et se sont amusés dans un énorme parc pour enfants pendant plus d’une heure. Ils ne voulaient plus en repartir. L’après-midi nous avons visité un petit musée qui nous en a appris un peu plus sur les traditions vestimentaires ainsi que sur l’évolution de la vie des Boliviens.

Le lendemain nous nous sommes rendus au marché sous une pluie battante pour nous équiper en vue de notre séjour en altitude. Il ne faisait vraiment pas chaud. Nous avons trouvé des leggings en pilou pilou (Sylvain, tu pourras y faire ton marché!) et Nico s’est approvisionné en feuilles de coca, réputées pour lutter contre le mal des montagnes. Vu la tronche et l’état des dents des gars qui passent leurs journées à en mâcher, je ne suis pas persuadée du côté inoffensif de la chose et je n’ai nullement l’intention de m’y essayer. Nous nous offrons un jus de fruits frais au marché et nous avalons un sandwich dans le bus qui nous amène sur le site où des empreintes de dinosaures ont été découvertes il y a quelques années. Le temps n’est vraiment pas de la partie mais la visite est très intéressante : documentaire, reproduction de dinosaures taille réelle et observation des empreintes de dinosaures. Absolument fascinant quand on s’imagine ces créatures d’un autre temps.

Il est ensuite temps de quitter la jolie ville de Sucre pour la ville de plus de 100000 habitants la plus haute du monde : Potosí. Il n’y a plus de place dans le bus du coup nous nous faisons emmener par un mini bus que nous partageons avec d’autres personnes. Nous arrivons en milieu de matinée à notre hôtel. Nous prenons un petit déjeuner sur le pouce dans la cour intérieure bien ensoleillée puis nous nous baladons dans la ville, située à 4000 mètres d’altitude. Les enfants semblent bien s’acclimater alors que les grands ont un peu mal au crâne. Mais aucun de nous n’a souffert de difficultés respiratoires. C’était un test pour voir comment la famille supportait l’altitude en vue de notre périple prochain dans le désert. Le soir nous avons savouré une pizza au « salame » puis en sortant du restaurant nous avons eu la chance de tomber sur une grande manifestation. Apparemment l’université de la ville fêtait son anniversaire et de nombreuses fanfares d’universités venues de tout le pays ont défilé dans les rues de la ville. Nous avons même eu droit à un feu d’artifice. Nous avons passé un bon moment. En revanche il a fait tellement froid la nuit que nous avons dormi tout habillés!

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Le lendemain, nous avons pris notre petit déjeuner sur la place principale de la ville avant de faire la visite du musée de la monnaie. Il faut savoir que la montagne de Potosí est exploitée depuis des siècles pour l’argent qu’elle contient et que cet argent a fait la richesse de la couronne espagnole. Les mines sont toujours exploitées et peuvent se visiter mais nous avons préféré nous abstenir car la visite de nous semblait pas adaptée pour les enfants. Déjà parce que des gens y travaillent toujours mais aussi parce que c’est profond et que cela peut entraîner des difficultés à respirer ainsi que des crises de claustrophobie. En revanche, la visite guidée du musée nous a paru toute indiquée. Nous avons eu beaucoup de chance car nous avons eu droit à une visite guidée en français particulièrement instructive accompagnés de deux autres touristes français quand les groupes suivants comptaient une vingtaine de touristes se déplaçant à la queue leu leu et se pressant autour du guide pour tenter d’entendre et de comprendre les explications. La visite a beaucoup plu à notre petite famille et je la recommande à ceux qui souhaiteraient visiter la ville.

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Nous avons ensuite récupéré les sacs laissés à l’hôtel puis nous avons pris un bus pour Tupiza. Installés aux premières loges d’un bus panoramique, nous avons occupé les 5 heures de trajet à jouer aux journalistes et à interviewer les enfants au sujet du voyage. J’essaierai d’en faire un petit montage et de les mettre sur le site.

A Tupiza, nous avons opté pour un hôtel confortable sachant que nous allions y passer quelques nuits et nous avons bien fait. La chambre était grande, les lits confortables, la douche chaude (un luxe quand on voyage!), et le petit déjeuner bon et copieux. Pour la première fois depuis notre séjour en Bolivie, nous nous sommes essayé à l' »almuerzo » local. Il s’agit d’un déjeuner composé d’une entrée de crudités, une soupe, un plat principal avec viande, légumes et féculents et un fruit. Le tout pour 13 Bolivianos par personne, c’est à dire un peu moins de 2€. Que demande le peuple? C’était bon, copieux et pas cher et nous y sommes retournés deux fois. L’autre midi, nous avons acheté à manger sur le marché. Personne n’a été malade et nous choisissions notre nourriture avec soin mais nous prenons confiance et osons davantage manger comme les locaux (dans la mesure du raisonnable bien sûr !).

Nous avons passé un très bon séjour à Tupiza. Les enfants ont pu travailler dans de bonnes conditions et nous avons fait trois belles randonnées. Le premier jour, nous avons exploré un désert digne des plus grands westerns qui nous a mené jusqu’à la porte du Diable puis jusqu’au Canyon del Inca. Nous avons croisé beaucoup d’apprentis cowboys qui faisaient la randonnée à cheval accompagnés d’un guide ainsi que plusieurs personnes en 4×4, mais pas d’autres courageux à pieds ! Les paysages étaient vraiment à couper le souffle. Des montagnes, de la terre rouge, des cactus, le tout sous un soleil de plomb et un magnifique ciel bleu. La balade nous a même offert quelques jolis spécimens de minéraux.

Le lendemain, nous avons voulu aller au Canyon del Duende, situé dans le même périmètre mais ni le chauffeur de taxi, ni la gérante de l’hôtel ne savaient vraiment où c’était et ils nous ont donné de mauvaises indications. Comme ce sont des locaux nous leur avons fait confiance et nous avons donc suivi les pas des chevaux (ça c’est de l’indication!) au lieu de suivre le chemin indiqué par maps.me (super application au passage pour les voyageurs, qui permet de charger des cartes au préalable et ne nécessite pas de connexion internet une fois la carte chargée, super précise et permettant même de suivre un itinéraire). Évidemment on s’est perdu et on n’a jamais atteint le Canyon del Duende mais nous avons quand même fait une belle balade, accompagnés d’un chien errant qui nous a tenu compagnie tout au long de l’après-midi. Il était adorable, s’assurait que tout le monde suivait et les enfants voulaient l’adopter. Nous lui avions même donné un nom : Boli (original!). Mais à peine revenus au départ, Boli nous a faussé compagnie pour suivre un autre couple…

Le dernier jour, nous avons suivi la carte et nous nous sommes fait déposés au bon endroit. La balade est un peu différente des autres jours. Il y a moins de cactus et plus de montagne de part et d’autre du sentier. Nous arrivons facilement au Canyon. Nous y avons trouvé de l’eau et de belles parois rocheuses se rétrécissant jusqu’à empêcher toute progression. Nous nous sommes arrêtés un moment avant de faire demi tour. Téva avait creusé un circuit pour faire une course de petits bateaux de bois comme nous avons l’habitude d’en faire dans les Alpes. Toute la famille s’est prêtée au jeu puis nous sommes repartis. Le retour fut plus long que l’aller car il nous était impossible d’appeler un tuk-tuk de là où nous étions. Nous avons marché longtemps sur la piste puis nous avons fini par tomber sur un bus qui nous a conduit directement au centre de la ville où nous avons savouré une fois de plus un délicieux almuerzo.

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Nous prenons beaucoup de plaisir en Bolivie. Les gens sont gentils, les villes paisibles et les paysages magnifiques. Mais il ne fait pas chaud et je suis bien contente d’avoir pris l’équipement complet : bonnet, gants et surtout doudoune ! Nico était sceptique au départ et un peu moqueur mais lui aussi est bien content d’avoir pris une doudoune et il s’est même acheté … un bonnet! Quand je pense qu’il en a déjà 15 en France et qu’il s’est bien moqué de moi quand j’ai mis le mien dans mon sac…

Voilà, c’est tout pour le moment. Je vous raconterai nos quatre jours dans le désert dans notre prochain article et d’ici là, portez-vous bien!

Bienvenue en Bolivie

Notre passage en Bolivie s’est fait tout en douceur. Aucun soucis avec les bagages, passage de la sécurité nickel (mon angoisse à chaque fois, vu la quantité d’objets électroniques que nous transportons), passage de l’immigration sans problème (autre angoisse depuis le coup du Costa Rica), vol à l’heure qui est même arrivé en avance. Un gars de l’hôtel était censé nous attendre à l’aéroport pour nous transporter mais comme nous sommes arrivés en avance, nous nous sommes ratés. Nous avons donc pris un taxi qui nous a amené directement à notre hôtel. Presque trop facile en comparaison de notre arrivée en Inde où il avait fallu batailler avec le chauffeur qui faisait semblant de ne pas comprendre où nous voulions aller et qui essayer de nous emmener à l’hôtel de son pote. Bref, des « good vibes » dès notre arrivée.

La ville de Santa Cruz est une très grande ville, très développée à la périphérie mais qui a conservé un fonctionnement d’antan en son centre. Le premier jour, nous avons visité la ville : grande place centrale et très animée le matin et zoo l’après-midi. Sur la place centrale, des reproductions de tableaux côtoient des fresques colorées représentants les instruments traditionnels du pays. De l’autre côté de la place, une grande église, des joueurs d’échecs, des vendeurs de café ambulants et … des pigeons! Des centaines de pigeons nourris pas les passants et qui font le bonheur des plus petits. À cette occasion, nous avons joué les vrais de vrais et nous avons tenté un café sur la place. Très chaud, très sucré mais très bon. Et nous n’avons même pas été malades. Des déglingos on vous dit!

La visite du zoo l’après-midi m’a brisé le cœur. Je ne suis pas particulièrement branchée « animaux  » mais voir toutes ces bêtes dans leurs cages m’a fait monter les larmes aux yeux. Quand on a eu la chance de les voir en liberté, c’est un de déchirement de les voir derrière les barreaux. Alors pourquoi avoir visité le zoo me direz-vous ? Et bien, nous voulions pouvoir mettre un nom sur certains animaux vus dans la nature. De plus, même si je ne suis pas fière de notre visite, cela nous a donné l’occasion de voir des Jaguars, des boas, des anacondas et autres bestioles avec lesquelles je préférerai ne pas tomber nez à nez en randonnée.

Le lendemain, nous avons fait travailler les enfants et nous nous sommes rendus sur le marché en fin d’après-midi. Et comme je vous le disais plus haut, on retrouve un fonctionnement à l’ancienne dans la vieille ville. Les échoppes sont organisées en quartiers : le quartier des culottes, le quartier du plastique, celui des fournitures scolaires et celui des anniversaires. En effet, toute une rue est dédiée à l’organisation des anniversaire. Apparemment, les parents mettent le paquet pour leurs rejetons : gâteaux géants et figurines Disney reproduites sur polystyrène, piñatas en veux-tu, en voilà et tintoyes (merdouilles pour ceux qui ne sont pas du pais) en plastiques à tire larigot ! Avec nos pauvres nappes en papiers colorées nous sommes tout simplement ridicules! Nous avons ainsi déambulé au gré de nos envies, nous rappelant par la même occasion les villes asiatiques.

Nous sommes ensuite partis pour la ville de Samaipata. Le gérant de notre auberge nous a indiqué sur la carte à quel endroit on pouvait pendre un taxi partagé pour y aller. Ça n’avait pas l’air loin sur la carte mais avec nos énormes sacs à dos (23 kilos pour Nico et 20 pour moi, plus les « moyens sacs à dos d’une douzaine de kilos, plus le sac de bouffe, plus les sacs à dos des enfants) cela m’a semblé une éternité. Nico, têtu, n’a pas voulu acheter de valise au Panama mais m’a dégoté tout fier de lui un petit charriot pour traîner mon sac. Ce charriot s’est avéré tellement pratique car l’heure qu’il est, nous nous en sommes déjà séparés. C’était encore pire que de porter nos sacs.

À l’auberge, le patron nous dit que les tentes que nous avions réservées ne sont pas disponibles et nous nous voyons upgradés dans une chambre avec salle de bain privative. Comme il n’y a qu’un seul lit pour les enfants, Téva a dormi sur son matelas gonflable (contente de ne pas le charrier pour rien), et ne soyez pas désolés pour lui parce lui était ravi !

Nous avons visité les vestiges Incas du « Fuerte » composés d’une énorme roche gravée et de ruines de maisons et bâtiments. Le rocher sur lesquels on pouvait observer des gravures de pumas et de serpents avait une fonction religieuse. De nombreux temples entouraient le rocher à l’époque. Nous avons pu observer des niches dans lesquelles les Incas conservaient les momies de leurs morts ainsi que des statues de leurs dieux et déesses. Aux alentours du rocher, les fondations des maisons et bâtiments administratifs nous ont permis d’en savoir plus sur la civilisation Inca. Les maisons étaient traditionnellement tournées vers un patio commun, les murs étaient faits de pierres et de boue, on cultivait les champs et l’on s’échangeait ses biens sur la place commune. Un énorme trou de plus de 16 mètres avait été creusé à l’époque mais on ne sait pas exactement pourquoi ; il pouvait s’agir d’une citerne d’eau, d’un passage sous-terrain, ou encore d’une prison. Charmant… Les enfants se sont montrés attentifs et intéressés par la visite que nous avons complété par un petit tour au musée de la ville consacré au Fuerte. On y trouve des poteries trouvées sur le site ainsi qu’une maquette présentant une reconstitution du site à l’époque des Incas (15eme siècle).

Outre le site inca, nous avons fait une belle randonnée accompagnée de notre guide Inès. Pourtant, ça partait mal. Alors qu’on nous avait assuré la veille que notre guide parlerait anglais, il s’est avéré qu’elle ne parlait qu’espagnol. En plus, le chauffeur avait l’air d’avoir 16 ans, pas super rassurant. Au final, tout le monde a apprécié la journée. Inès s’est montrée patiente et très pédagogue. Les enfants l’ont adorée. En plus de nous guider à travers le parc national d’Amborro, elle nous a donné beaucoup d’explications sur les vertus des différentes plantes médicinales que nous avons rencontrées sur notre chemin, nous a fourni des précisions sur la façon de vivre des Boliviens et nous a pris en photos des milliers de fois! Nous avons passé l’après-midi dans un canyon que nous avons atteint moyennent trois passages de rivière à pieds pour le plus grand bonheur des enfants. Téva s’en est donné à cœur joie et a enchaîné les sauts dans l’eau en compagnies de trois jeunes locaux. Tout le monde fut ravi de sa journée. Notre guide était super et notre chauffeur s’en est bien tiré pour quelqu’un qui n’avait pas l’âge de passer son permis !

Samaipata est une petite ville charmante dans laquelle nous avons pris beaucoup de plaisir à flâner. Ses petites ruelles lui donnent un air de village de western et nous nous sommes régalés de faire nos courses au marché. Les enfants étaient tout surpris de voir qu’on nous vendait les œufs dans des sachets en plastique et les pâtes en vrac. Cette fois-ci la cuisine était tellement précaire que nous étions les seuls à nous en servir. Il faisait plutôt frais le soir et nous supportions aisément un T-shift à manches longues voire une petite polaire, surtout après une bonne douche froide, sempiternel lot des backpackers.

Pour rejoindre la ville de Sucre, nous avons opté pour un trajet en avion, un peu plus cher certes mais tellement moins long et plus sécuritaire. Et notre trajet pour retourner à l’aéroport de Santa Cruz nous a donné raison. Le chauffeur conduisait comme un c*nn*rd (je vous laisse replacer les voyelles) et les enfants ont été malades tout le trajet. Mais l’univers l’a puni et il est tombé en panne. Il n’a pas pu finir sa course et nous sommes montés dans un autre taxi qui nous a emmené directement à l’aéroport. Quand on pense qu’il y a dix heures de bus pour aller à Sucre sur une mauvaise route, on se dit que l’avion, en fait, c’est bien.

Voilà pour nos premiers jours en Bolivie. Le pays nous plaît beaucoup. Les gens sont sympas et les paysages magnifiques. Et encore, nous n’avons pas vu les beaux endroits pour le moment. Tout le monde va bien et profite de chaque moment du voyage, même si la famille et les proches nous manquent.

À très bientôt pour de nouvelles aventures.

Et d’ici là, portez-vous bien.

Du sable, du quetzal et du volcan… Yes, please!

Bocas del Toro suite et fin

Nous avons passé deux très belles journées sur l’archipel avant de rejoindre le continent.

Nous avons loués des kayaks (oui, encore!) et cette fois j’ai enfin compris pourquoi autant de personnes aimaient faire des balades sur ce genre d’embarcations, ce qui était auparavant totalement incompréhensible pour moi. Je n’ai jamais compris pourquoi quelqu’un voudrait de son plein gré louer un kayak pour aller se balader. Mais pour une fois, je dois reconnaître que j’ai pris du plaisir (oui, vous avez bien lu) à naviguer. Cette fois-ci, pas de vent, peu de houle, un bateau léger, agréable, qui va droit tout seul (pourquoi personne ne m’avait dit avant que ça existait ?), que pour moi (pas d’enfant qui ne pagaie pas à transporter…). Bref, je crois que les conditions étaient réunies. J’ai passé un très bon moment sur l’eau. Téva avait également un kayak pour lui tout seul mais s’est fait allègrement tracter par Nico une bonne partie de la journée. Quand à princesse Malie, ben les princesses ne pagaient pas, c’est bien connu. Elle s’est fait promener la plupart du temps sur le bateau de son papa et a fait un bout de chemin sur le mien (vu que c’était presque trop facile de naviguer avec ce bateau, il fallait que j’ajoute un peu de piment à la promenade!).

Nous nous sommes arrêtés en chemin pour plonger. C’était la première fois que Malie plongeait avec un masque et un tuba. Passées les premiers minutes un peu délicates pendant lesquelles il faut accepter d’avoir le nez pris dans le masquer et de respirer par la bouche grâce au tuba, tout le monde s’est jeté à l’eau, au sens propre comme au sens figuré. Pour cette première expérience de plongée en famille, nous sommes restés à peu près une demie heure sous l’eau. En ressortant, on pouvait lire la joie et la fierté dans les yeux des enfants. « Maman, c’était comme dans Némo! ». Tu m’étonne John! Des algues de toutes formes, des coraux, des anémones de mer, des oursins géants et bien sûr des poissons en veux-tu en voilà ! Des gros, des petits, des rayés, des blancs, des noirs, des multicolores ! Chacun avait son préféré. Il y avait même Polochon, le poisson de la petite sirène ! Les enfants étaient ravis et ça faisait plaisir à voir. Ils ne parlaient que de recommencer. Nous avons ensuite continué notre promenade marine, passant ainsi devant un vieux village coupé du monde. Nous nous sommes arrêtés quelques mètres plus loin dans une cabane sur pilotis pour pique-niquer mais la pause fut de courte durée dans des guêpes y avaient également trouvé refuge à en juger par les dizaines d’essaims disséminés aux quatre coins de la cabane. Nous nous sommes ensuite engagés sur un bras de rivière qui serpentait dans la mangrove. Il y avait tout juste la place en largeur pour une embarcation et les milliers de racines caractéristiques de la mangrove qui se jetaient à l’eau conféraient aux lieux une ambiance toute particulière. Nous étions des Indianas Jones des temps modernes, nous nous imaginions attaqués par la végétation, seuls au monde au fin fond de la jungle. Et seuls au monde, nous l’étions! Nous n’avons croisé personne de la journée. Nous avons été obligés de rebrousser chemin, la rivière étant devenue trop étroite. Nous avons ainsi quitté ce décor à la fois mystique et oppressant pour retrouver l’océan et son ciel dégagé. Quelques mètres plus loin, nous nous sommes une fois de plus mis à l’eau pour observer d’énormes étoiles de mer. Mais les enfants voulaient absolument retourner au premier spot de plongée. Ils ont manifesté tellement d’enthousiasme que nous y sommes retournés. Cette fois ci, nous avons plongé une heure. Les enfants se sont très bien débrouillés, d’autant plus qu’ils n’avaient pas de palmes. Ils étaient ravis de leur journée et ça faisait plaisir à voir.

Le lendemain, nous sommes allés sur l’île principale pour aller à la plage. Nous ne trouvons pas de bus pour nous emmener à playa Paunch alors nous prenons une navette. À peine arrivés sur le spot nous tombons sur la famille chilienne que nous avions rencontrée lors de notre transfert vers le Panama. Un papa surfeur, une maman et ses deux filles (4 et 9 ans), tous blonds aux yeux bleus ! Pas du tout typés chiliens! Les deux papas surfeurs (qui en plus de leur passion pour le surf partagent le même prénom) ont fait une session ensemble pendant que les mamans et les enfants enchaînaient les parties de UNO, LE jeu universel par excellence. Puis Isabel (la maman) nous a appris à faire des bracelets. Les enfants avaient déjà repéré ses talents dans la navette qui nous emmenait vers le Panama et bavaient sur ses créations (pour être honnête, je partageais leur admiration) et c’est avec joie qu’ils ont accepté sa proposition. Ils ont très vite appris comment faire et ont réalisé de très jolis bracelets. Il ne me reste plus qu’à trouver du fil coloré ici et à moi les heures de tranquillité ! En tous cas, petits comme grands, nous avons passé un bon moment et qui sait, peut-être nous retrouverons nous un jour quelque part.

Le lendemain nous avons quitté l’archipel de Bocas del Toro pour nous rendre à Dolega, une petite ville près de Boquete.

Nous avons pris une navette privée qui nous a déposé devant la porte de la maison. La dame chez qui nous séjournons est très accueillante. Elle m’a de suite proposé de m’emmener faire des courses dans la ville d’à côté car nous sommes dans un quartier un peu isolé. La vie est beaucoup moins chère qu’au Costa Rica et elle m’expliquait que les costariciens venaient acheter leurs vêtements ici. C’est une avocate qui habite une belle maison dans uns résidence assez chic et très calme. Elle vit avec son fils Alejandro qui a douze ans et qui passe tout son temps à jouer à Fornight. Assez désolant. Nous vivons donc à leurs côtés ce qui m’oblige à prendre sur moi et à aller vers les autres. De toute façon, je n’ai pas eu le choix : le trajet en voiture ne m’a pas laissé d’autre alternative que de m’ouvrir à discussion. Ce n’est pas si facile que ça de déambuler chez des étrangers, utiliser leur salon, leur cuisine, fouiller dans les tiroirs et les placards pour trouver les ustensiles dont on a besoin. Mais c’est un bon exercice. Et Reneyra sait nous mettre à l’aise. C’est toujours intéressant de pouvoir discuter avec les habitants et cette cohabitation nous en offre une belle opportunité.

Nous avons pris un bus pour aller à Boquete. Arrivés sur place, nous avons réservé l’ascension du mont Baru en 4×4 pour les enfants et moi. Le départ est fixé à 3h45 du matin. Quant à Nico, il fera l’ascension à pieds et va devoir marcher toute la nuit : départ à 23h30 pour lui.

Puis sur les conseils de la fille de l’agence, nous avons pris une navette pour faire la Pipeline Trail, une petite rando facile et familiale qui mène à une cascade et au cours de laquelle nous avons une chance de voir le fameux quetzal. Dans la navette qui nous amenait au départ, nous avons rencontré deux américains qui venaient pour la même chose que nous.

Nous avons avancé prudemment, en silence, en levant la tête à chaque bruissement d’ailes, plein d’espoir mais en même temps sceptiques. Il était déjà tard et ce n’était peut être pas le meilleur moment pour en voir. Au bout de 2 kilomètres, un panneau indiquait « habitat naturel du quetzal » et en effet, c’est à peine quelques mètres plus tard que nous avons eu la chance de le voir. Un guide était en train de le montrer à une touriste et nous avons ainsi pu profiter du spectacle. Les Américains nous ont rejoints pour observer cet animal majestueux. Au bout d’un moment tous les touristes sont partis et il ne restait que les Américains et nous. Nous avons eu la chance de le voir sous toutes les coutures car il s’est déplacé à plusieurs reprises. Nous avons également pu observer la femelle. Ils étaient relativement près de nous, parfaitement visibles à l’œil nu et une merveille à observer aux jumelles. C’est un oiseau aux couleurs extraordinaires avec une magnifique queue. Nous avons passé près d’une heure à les l’observer. Les enfants ont pris plein de photos et sont restés patients et silencieux, conscients de la chance que nous avions. Quand nous nous sommes remis en route, tout le monde avait le sourire. Nous avions envie d’arrêter tout le monde pour dire : « je l’ai vu! ». Un super moment en famille. Nous avons pique-niqué à la cascade puis nous avons rebroussé chemin. A peine arrivé au point de départ, nous avons encore eu de la chance car une navette est arrivée aussitôt. Le retour fut assez hallucinant. Chaque fois qu’il voyait quelqu’un au bord de la route, le chauffeur s’arrêtait pour le faire monter. Nous avons fini à 22 dans une navette qui comptait une douzaine de place, tous les uns sur les autres. Chaque fois on se disait « cette fois ci on est vraiment plein » et chaque fois d’autres personnes montaient! À la dure ! Ça fait des souvenir et ça fait partie du voyage à part entière.

La ville de Boquete est une petite ville sympathique et agréable. Les femmes et les petites filles portent pour la plupart de belles tuniques en couleur avec des gains coordonnés. Les gens sont très bruns, assez petits, mats de peau et aux yeux très noirs et un peu en amande. Très différents des costariciens.

Le jour d’après, nous avons fait un tour à David, la deuxième plus grande ville du Panamá mais la chaleur étouffante aura eu raison de notre bonne volonté et nous nous sommes réfugiés chez Reneyra où nous en avons profité pour faire travailler les enfants.

Mardi 12 mars, nous sommes retournés à Boquete. Le matin, nous avons fait le marché « du mardi », lieu de rencontre des Américains qui vivent dans le coin et vaste fumisterie. Il s’agit là d’un marché pour touristes tenus par des expats. Puis nous avons fait le marché municipal. Au lieu des étals traditionnels, chaque marchant a son box en dur. Sur les conseils d’un chauffeur de taxi nous avons acheté deux barres de Dulce. Je ne sais pas trop ce que c’est mais c’est extrêmement sucré et seul Nico a réussi à l’avaler. Nous avons également fait quelques boutiques mais tout est très cher.

L’après-midi, nous avons fait la randonnée des 3 cascades, une randonnée avec des passages plutôt engagés qui comme son nom l’indique mène à 3 cascades. Nous n’avons pas été déçus du spectacle mais notre progression a été rendue difficile par la pluie. Il pleuvait énormément et nous avons dû en découdre avec la boue. Mais ça valait totalement le coup. Pour revenir sur Boquete, nous nous sommes fait embarqués à l’arrière d’un pickup. Je vous laisse imaginer la joie des enfants ! En plus nous avons vu trois magnifiques arc-en-ciels qui décrivaient des arcs de cercles parfaits. Encore une merveille de la nature. Nous avons mangé assez tôt le soir et nous avons essayé de dormir le plus tôt possible car le lendemain nous attendait l’ascension du volcan baru.

Nico est parti à 11 heures du soir et a marché toute la nuit pour gravir les 14 km et 2500 mètres de dénivelé qui le séparait du sommet. Avec les enfants, nous nous sommes levés à 3 heures du matin et nous avons pris un 4×4 jusqu’en haut du volcan. Ça secouait fort et seuls les conducteurs aguerris peuvent monter jusqu’en haut. Nous sommes arrivés au sommet à 5h30 du matin, de nuit. Nous sommes sortis une première fois de la voiture pour voir les lumières des villes de part et d’autre du volcan. Le ciel était dégagé et rempli d’étoiles. Nous avons vu la grande ourse… dans l’autre sens! Il faisait très froid et il y avait beaucoup de vent. C’était dur pour les enfants. Nous sommes ensuite retournés à la voiture pour attendre le lever du soleil. Nico, de son côté est arrivé à proximité du sommet vers 3 heures du matin. Il s’est abrité dans une cabane avec d’autres randonneurs et s’est réchauffé auprès d’un feu. Je l’ai retrouvé vers 6 heures, sautillant comme un cabris (il avait étonnamment encore de l’énergie !) : « c’est maintenant! Il faut y aller! ». Nous sommes vite sortis de la voiture et nous avons escaladé une centaine de mètres avant d’arriver au point le plus haut. Nous avons enroulé Malie dans des couvertures car il ne faisait vraiment pas chaud. Et nous avons attendu tous ensemble, sur le toit du monde, le lever du soleil. Un moment fort en émotion surtout pour les adultes, les enfants ne réalisant pas vraiment la beauté du paysage et la situation exceptionnelle dans laquelle nous nous trouvions : au sommet d’un volcan à 3475 mètres d’altitude, l’océan Pacifique d’un côté, l’océan Atlantique de l’autre et une lumière naturelle de fou! Scène incroyable. Je crois que je ne jamais vu un lever de soleil aussi beau de ma vie. J’ai fait quelques photos puis j’ai redescendu les enfants à la voiture car ils avaient froid. Le petit déjeuner nous attendait et nous avons pu nous réchauffer avec une boisson chaude. Nico nous a ensuite rejoint puis chacun est reparti, le sportif à pieds, le commun des mortels en 4×4. Quel souvenir ! Boquete restera un moment fort de notre voyage.

Prochaine étape : Santa Catalina avec au programme plage et surf. On va pouvoir souffler un peu car mine de rien, les temps calmes sont rares.

À très bientôt.

D’ici là, portez-vous bien.

BYE BYE COSTA RICA, WELCOME TO PANAMA!

Vendredi 1er mars
Après avoir petit déjeuné, nous sommes allés à vélo jusqu’au centre du village. J’ai patienté pendant des heures au distributeur automatique, tout ça pour rien car arrivé juste avant mon tour, il n’y avait plus de billets. Grrr.Nous avons acheté nos billets de bus pour Manzanillo et nous avons sagement attendu que ce dernier arrive. Malie s’est occupée en remplissant son carnet pendant que les garçons scrutaient l’océan. Le bus est enfin arrivé avec 30 minutes de retard. J’aime bien voyager en bus. Je ne sais pas pourquoi, je trouve ça reposant et dépaysant. Arrivés à Manzanilo après 25 minutes de trajet, nous nous dirigeons vers la réserve. Les lieux sont superbes. Les plages sont idylliques et nous cheminons au cœur d’une végétation luxuriante. Le seul hic : la boue ! Il a beaucoup plu cette nuit et les nuits précédentes et la boue rend notre progression difficile. Mais ça en valait totalement la peine. Après la pause déjeuner, nous nous sommes baignés et les gars ont même plongé. Ils ont vu des poissons bien sûr mais ont aussi trouvé des étoiles de mer.
Nous nous sommes dépêchés pour prendre le bus du retour (que nous avons eu à 2 minutes près) et la journée s’est poursuivie par une session de surf pour les enfants. J’ai encore fait chou blanc au distributeur. Ça commence à m’inquiéter. Les enfants se sont régalés dans l’eau une fois de plus. Quelques courses pour le soir puis nous rentrons.

Samedi 2 mars
Ce matin, en se levant, Téva s’est plaint de son ventre. Et ça n’a pas manqué : malade. J’avais prévu d’aller à un cours de yoga 🧘‍♀️ et je pensais qu’après lui avoir donné un smecta ça irait mieux et donc je suis quand même partie à mon cours de yoga. J’avais lu auparavant d’excellentes critiques sur TripAdvisor et les tarifs étaient raisonnables : 12 dollars le cours. Je me rends donc au cours en laissant Téva avec Nico et Malie. Après quelques minutes à vélo, je trouve facilement l’endroit. C’est un lieu absolument merveilleux, propice au calme et à la méditation. Un lieu parfait pour pratiquer le yoga et se ressourcer. J’ai vraiment beaucoup apprécié cet endroit magique. De plus le cours proposé ne m’a pas déçu. J’ai suivi un cours de yoga ashtanga avec une très bonne prof. Vraiment super. Et pour couronner le tout, ça ne m’a coûté que 2 dollars. La fille de l’accueil s’est emmêlé les pinceaux quand je lui ai demandé de payer en colónes et m’a demandé seulement 1200 colónes. Sur le coup, je n’ai même pas réalisé… Un cadeau imprévu ! Ça m’a fait beaucoup de bien car les occasions de pratiquer se font rares. J’ai fini par m’acheter un tapis de yoga car à même le sol, la pratique était trop désagréable. Je ne sais pas si je reviendrai un jour dans cet endroit mais j’aimerais beaucoup y faire une retraite de yoga ou pourquoi pas une formation de prof de yoga pour compléter celle que j’ai déjà.
Sur le chemin du retour, j’ai fait la queue pendant 20 minutes au distributeur et j’ai enfin obtenu mes précieux dollars! Je suis rassurée car nous en avions besoin pour payer les taxes à la frontière.
C’est un Téva tout patraque que j’ai retrouvé en rentrant de mon cours. Nico est allé à la plage avec Malie pendant que je veillais mon petit malade. Malie, comme un grande, a pris mon vélo et s’est chargée de la liste des courses. Téva s’est beaucoup reposé mais son état ne s’était toujours pas amélioré à la mi-journée. En début d’après midi, Nico est parti surfer. Les enfants ont regardé un dessin animé (Téva n’étant pas en état de faire quoi que ce soit) puis Malie est repartie à la plage avec son père. Ils ont apparemment passé un très bon moment père / fille, moment trop rare car Malie a tendance à rechercher ma compagnie alors que Téva préférera naturellement celle de Nico. Du coup, on essaie de se ménager au maximum des moments avec chacun d’eux.
Téva a fini par s’endormir et ne s’est réveillé que quand on a couché sa sœur. Apparemment il n’a plus mal au ventre, ce qui est déjà pas mal.

Dimanche 3 mars
À mon grand soulagement, Téva s’est réveillé reposé et en forme. Il avait repris des couleurs et a savouré son petit déjeuner. J’ai fait travailler les enfants puis nous sommes allés à la plage. Pas question pour Téva de se baigner pour l’instant. Il restera donc sur la plage avec Nico pendant que Malie et moi faisons les folles dans l’eau : portée de Dirty Dancing ( spéciale dédicace pour ma pt’ite caille), acrobaties et sirènes 🧜‍♀️, je suis ressortie au bout d’une heure épuisée. C’est que ça a de l’énergie ces petites choses-là. Quelques dernières courses puis nous rentrons manger. Encore une petite session de travail puis nous reportons à la plage. Cette fois-ci, nous nous rendons à la plage de Cocles, le spot de surf de Nico de ces derniers jours. C’est un peu loin et la baignade est difficile mais c’est joli. Au moment d’enfourcher nos vélos pour prendre le chemin du retour, c’est la déconvenue : nos deux vélos sont à plat ! Nous devons faire le trajet retour à pieds en poussant nos montures rebelles. C’est long! Arrivés dans le village, nous nous arrêtons dans un bar pour trinquer une dernière fois au Costa Rica. Comme le veut notre tradition de voyageurs radins, nous avons gardé nos dernières colónes pour tout dépenser le dernier soir. Il ne reste pas grand chose mais nous nous payons un coup à boire et quelques babioles qui viendront alourdir nos sacs déjà chargés.

Demain, c’est le grand départ pour le Panama. Nous n’avons pas vu le temps passé! Nous avons du mal à réaliser que nous avons déjà passé un mois à l’étranger, à des milliers de kilomètres de nos quotidiens de fonctionnaires bien rangés.

Lundi 4 et mardi 5 mars

Pour notre passage au Panama, nous avons fait appel à une compagnie qui prenait en charge le passage de la frontière et le transfert vers les îles de Bocas del Toro. Nous avons d’abord pris une navette pendant un peu moins d’une demie heure avant d’arriver à la frontière. Là, nous avons été débarqués : la frontière se passe à pieds ! On vous fait d’abord passer par une guitoune qui vend des cartes SIM et des cacahuètes pour vous acquitter de votre taxe de sortie. C’est un peu surréaliste! Pendant ce temps, vos bagages sont déchargés. Puis nous passer ensuite à la douane Costa Ricaine pour faire tamponner vos passeports. Bye bye Costa Rica. Vous traversez ensuite un long pont et de l’autre côté, on vous fait zigzaguer entre une multitude de petites boutiques « duty free » toutes plus décrépies les unes que les autres. Finalement M. IKEA n’a rien inventé. Et enfin, au milieu de ces bâtiments pour certains quasi en ruine, vous tombez sur la douane panaméenne, équipée de détecteur d’empreintes et de trombines dernier cri. Il faut le voir pour le croire ! Pour pouvoir entrer au Panama, il faut impérativement fournir des billets d’avion prouvant que vous quittez le pays, ce que nous avions fort heureusement. Un tampon et un bienvenido plus tard, vous voilà officiellement au Panama. Facile! Une autre navette et nos bagages nous attendaient de l’autre côté.
Nous avons ensuite roulé pendant près d’une heure avant d’arriver sous la pluie à l’embarcadère. Nous y avons pris un bateau pendant une vingtaine de minutes direction les îles de Bocas del Toro. Arrivés sur place, nous avons du prendre un autre bateau qui nous a emmenés sur l’île de Bastimentos, juste en face à quelques minutes à peine. Le conducteur a eu la gentillesse de nous déposer quasiment en face de l’hôtel. Plusieurs dizaines de marches et les statues des rois mages nous ont accueillis (et aussi un gars à la réception au français impeccable). La chambre que nous avions réservée étant prise nous avons été « upgradés » pour la nuit et jour nous sommes vus attribuer une chambre avec salle de bain privative. Le luxe!
Nous avons fait un petit tour sur l’île. L’ambiance y est très cool. On sent qu’on est dans les Caraïbes. Il y a beaucoup de couleurs, des odeurs de cuisine, des poules en liberté, des enfants qui jouent avec des bouts de bois et des rubans (Nini, le Héri est arrivé jusque là-bas! Trop drôle 😄 !) et des femmes aux cheveux incroyables : couleurs vives, tresses ou chignons, de véritables œuvres d’art. Nous achetons 3 bricoles pour le repas du soir dans une épicerie hors de prix et nous rentrons ensuite à l’hôtel.
Le lendemain, Nico est allé courir pendant que je faisais travailler les enfants puis nous avons dû changer de chambre. La nouvelle chambre est plus spacieuse mais c’est sanitaires communs, tels que c’était initialement prévu.
En fin de matinée, nous sommes allés à Bocas Town pour retirer des sous. Nous avons mangé de supers bons tacos dans un petit restaurant sympa puis étant donné l’heure tardive nous sommes allés à la plage la plus proche. Elle n’a rien de fantastique mais ça nous a permis de nous baigner. Avant de repartir sur notre île, nous avons fait des courses pour 5 jours : 100 dollars pour un sac de courses. Encore plus cher qu’au Costa Rica. Peut être parce qu’on est sur une île.

Mercredi 6 mars et jeudi 7 mars
Nous sommes partis en balade jusqu’à la plage de Red Frog beach.
20 minutes de marche sur un chemin ombragé jusqu’à Wizard Beach. Jusque là tout va bien. Il nous fallait marcher encore environ 20 minutes pour atteindre la plage de red frog beach. Au début nous avons suivi un chemin qui longeait plus ou moins la mer puis nous sommes arrivés à une intersection : à droite, un VRAI chemin qui semblait s’enfoncer dans les terres, à gauche, pas de chemin. Nous avions commencé à emprunter le chemin de droite (le VRAI) quand au bout de 100 mètres à peine je vois Jean-Michel explorateur s’agiter :  « C’est pas ici, c’est pas possible, on s’éloigne trop de la mer. Demi-tour! ». Comme toute femme, presque blonde et handicapée de l’orientation qui se respecte, je m’en suis sagement remise à la décision de mon mari (tout en pestant intérieurement, persuadée qu’on aurait du rester sur ce chemin). Je rappelle pour les nouveaux lecteurs qu’on n’en est pas à notre première affaire de chemin. C’est un épisode assez récurrent dans nos aventures. Bref, nous nous engageons donc sur le non-chemin (un peu le même principe que le non anniversaire d’Alice au pays des Merveilles : 1 SEUL anniversaire et 364 non anniversaires. Remplacez le mot anniversaire par le mot chemin et vous tenez le concept. ) Et là, ce fut une véritable galère : nous avons dû marcher dans la boue, escalader, sauter, marcher sur des troncs et des branches, quasiment ramper (je n’exagère pas) pour atteindre enfin la fameuse plage. Le seul point positif, c’est que nous avons vu des dizaines de petits grenouilles rouges à pois noirs (d’où le nom de la plage). Au moment où nous arrivions enfin sur la plage, nous avons croisé des gens qui semblaient arriver d’un VRAI chemin! Se pourrait-il qu’il s’agisse du fameux chemin qui s’écartait trop de la plage ? Vous le découvrirez bientôt (mais au fond de vous, vous avez déjà la réponse n’est-ce pas?!). Nous avons mis un temps fou pour arriver. Nous avons pique-niquer sur la très belle plage qui s’offrait à nous mais il y avait trop de vagues et de rochers pour se baigner. Aussi avons nous donc fait demi tour. Nous avons tenté un retour par le chemin d’où arrivaient les gens et nous sommes arrivés facilement en quelques minutes à peine au fameux embranchement de la discorde. J’ai essayé de prendre sur moi mais je n’ai pas pu contenir un « je te l’avais bien dit », agacée de m’être fait avoir une fois de plus. Sur le chemin du retour, nous nous sommes baignés à Wizard beach, une très belle plage à l’eau turquoise puis nous sommes rentrés à l’hôtel.

La suite au prochain épisode…