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COMMENT NOUS AVONS SURVÉCU AU CONFINEMENT GRACE À NOTRE GRAND VOYAGE

Comme vous, nous avons passé les huit dernières semaines enfermés, à vivre les uns sur les autres 24h sur 24, à devoir se passer de certains de nos loisirs, à se contenter de ce que nous trouvions au supermarché pour nourrir toute la petite famille matin, midi et soir et à devoir assurer l’école à la maison. Mais grâce à l’expérience acquise durant notre grand voyage l’année dernière, nous avons su faire de ce confinement une véritable aventure au sein de laquelle, aucun de nous n’est plus tout à fait comme avant. 

LA GESTION DU HUIS-CLOS : ORGANISEZ-VOUS ET RÉPARTISSEZ LES RÔLES

L’année dernière, lors de notre grand périple sur le continent Américain, nous avons passé 200 jours ENSEMBLE, nuit et jour. Difficile d’avoir un peu d’intimité et impossible de claquer la porte pour aller faire la gueule dans une autre pièce quand on vit en camping-car ou d’aller faire un tour en voiture pour se calmer quand on est perdu au fin fond de la Bolivie. Nous avions dû alors redéfinir le temps à défaut de redéfinir l’espace de façon à ce que chacun y trouve son compte. Et c’est exactement ce que nous avons fait pendant cette période de confinement. Les cartes ont été redistribuées et chacun a trouvé sa place. 

Le secret? Un planning bien organisé. Au tout début du confinement, le planning était quasiment militaire avec un emploi du temps heure par heure de façon à ce que chacun sache ce qu’il avait à faire mais aussi pour éviter les dérapages, les écarts et les comportements néfastes. Les enfants avaient tendance à tourner à rond, ne sachant pas quoi faire, les adultes, eux, se retranchaient derrière leurs écrans tout en interdisant aux enfants de faire de même, chacun se plaignait de ne pas avoir de temps pour lui. Bref, la situation ne pouvait pas durer ainsi plus longtemps. C’est pourquoi nous avons rapidement réagi et dégainé notre arme secrète : le planning. Vous vous demandez certainement quel est le rapport avec le voyage… Et bien, aussi surprenant que cela puisse paraître, nous avions aussi une sorte de planning pendant le voyage. On pourrait penser que ce voyage fut l’occasion de lâcher prise et de se laisser aller mais ce fut plutôt le contraire. Nous nous devions de prendre soin les uns des autres et de veiller à ce que chacun ait son espace de façon à réduire les éventuelles tensions et tout cela est passé par une solide organisation.Oh, bien sûr, pas une organisation militaire, mais une organisation quand même. Qui fait quoi? Où? A quel moment de la journée? Qui s’occupe des enfants le matin? L’après-midi? Quels sont les créneaux libres pour souffler un peu et prendre du temps pour soi? Est-ce qu’on laisse les enfants se coucher et se lever quand ils veulent? Après tout, il n’y a pas école… Autant de questions auxquelles nous avons rapidement apporté des réponses pour que ce confinement ne devienne pas un véritable enfer. Cela a nous permis de garder une structure, un fonctionnement “logique” pour nous et éviter que nous ne finissions avachis sur le canapé à regarder des âneries toute la journée sous prétexte que nous n’allions pas physiquement dans nos établissements respectifs.

Et puis, il faut quand même avouer que nous avons la chance de vivre dans une maison dans le sud de la France, où chacun a sa chambre, avec une terrasse, un jardin et même un bureau pour travailler au calme, car oui nous avons travaillé et nous travaillons encore à maintenir le lien avec nos chers élèves et à assurer la fameuse continuité pédagogique. Forcément, de telles conditions ça aide et le confinement aurait probablement été différent si nous avions vécu en appartement sans extérieur et dans le Nord!

LES LOISIRS : SOYEZ CRÉATIFS!

Au cours de ce confinement, certains d’entre nous se sont découvert de nouvelles passions. 

En effet, nous possédons un véritable bric-à-brac dans le garage et le bureau n’est pas en reste : matériel de sport en tous genres, de quoi bricoler, peindre, dessiner, coudre, des jeux de société en veux-tu en voilà… Bref, de quoi tenir un véritable siège.

Privé de mer, Nico a trouvé un moyen de la voir tous les jours : il la dessine! Au début du confinement, j’avais proposé un temps de dessin / zentangle / peinture après le déjeuner, histoire que tout le monde se pose un peu et aussi parce que c’est le genre de chose que nous ne faisons pas / plus. J’avais emporté de quoi dessiner et peindre pendant le voyage et nous avions gribouillé à de multiples reprises mais depuis notre retour à la vie “normale”, nous n’en avons plus pris le temps. Ce confinement forcé fut l’occasion de s’y remettre et pour Nico de se découvrir une véritable passion. Il n’arrête pas. Dès qu’il a une minute, il dessine. Et il organise même des ateliers de dessin avec les enfants! Qui l’eut cru?

Téva, lui, s’est trouvé des talents de réalisateur. Il élabore des scénarios dans lesquels il met en scène ses playmobiles, choisit ses personnages, assemble le décor, prends une tonne de photos puis avec mon aide, il passe à la partie édition sur l’ordinateur avant de mettre son petit film en ligne sur youtube. A ce propos, j’en profite pour faire un peu d’auto-promo et je vous laisse ici le lien de sa chaîne (PLAYMORIDE) : https://www.youtube.com/channel/UCpSeUKecMkU7BtP5abT7VRg

Si vous avez des enfants ou des petits enfants, cela pourrait les intéresser.

Il passe des heures à tout préparer et à shooter! Et ça fait plaisir à voir.

Malie, quant à elle, a retrouvé le plaisir de jouer avec ses jouets. En effet, elle a des centaines de figurines de toutes sortes, des poupées, des bébés, des légos, des playmobiles avec lesquels, en temps normal, elle ne joue JAMAIS! Je suis contente de la voir descendre, toute enthousiaste, pour nous expliquer le concept de l’histoire qu’elle fait vivre à ses jouets ou bien encore ce qu’elle a fabriqué avec ses légos. 

Et bien sûr, tout le monde a pratiqué du sport. Beaucoup de sport : crossfit, vélo, course à pied (en respectant les restrictions bien sûr), fitness (grâce à ma prof qui fait des lives sur facebook tous les soirs), pole dance et, la nouvelle activité qui fait sensation dans notre foyer : le hamac de yoga. Les enfants comme moi sommes absolument fans de cette activité, au point que je suis actuellement en train de passer ma certification pour devenir professeur de yoga aérien! 

Et enfin, nous avons tous retrouvé le plaisir de lire.

Lors de notre grand voyage (et de nos périples en général) nous avons beaucoup lu. Mais, une fois encore, avec la reprise, j’avais peu à peu perdu cette habitude. Trop de choses à faire, pas le temps… Le confinement nous a obligé à appréhender le temps et les loisirs différemment, du coup, qu’est-ce qu’on a lu! A ce sujet, merci à Nina R et Lily G qui ont prêté une tonne de bouquins à Malie et merci à la Kindle (not sponsored!), le meilleur achat de toute ma vie juste après mon thermomix (toujours not sponsored!).

Bref, même si les conditions n’étaient bien sûr pas les mêmes que lors de notre grand voyage, nous avons dû nous adapter, faire avec ce qu’on avait et être créatif pour compenser ce qu’on avait pas.

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ET L’ÉCOLE DANS TOUT ÇA?

Et bien, c’est probablement là que notre expérience nous a le plus servi. Les enfants, habitués à ce que je leur fasse la classe, n’ont pas rechigné à se mettre à la tâche. Il n’y a pas eu de tensions comme il avait pu y en avoir pendant le voyage. En effet, il était difficile pour Téva d’accepter que ce soit moi l’autorité en matière de travail scolaire et de me faire confiance. Je ne suis pas “maîtresse” de primaire et Téva avait peur de prendre du retard, voire même de redoubler. Mais à son retour en classe en septembre, il s’est bien rendu compte que non seulement il n’avait absolument pas pris de retard mais qu’au contraire, il avait même un peu d’avance dans certains domaines.

Du coup, cette fois, la mise au travail a été beaucoup plus facile. J’en donc endossé ma blouse de maîtresse tous les matins avec le plus grand plaisir et tous les trois nous avons fait l’école à la maison. Et cela a été d’autant plus facile que les maîtresses (les vraies) ont mis du travail tous les jours sur l’ENT (Environnement Numérique de Travail pour les non-initiés). Je n’ai même pas eu à chercher des ressources ou faire ma propre progression. Les enfants ont travaillé (et travaillent encore car pour nous, pas de retour à l’école pour l’instant) très sérieusement et ont eu à coeur de montrer à leurs maîtresses qu’elles pouvaient compter sur eux. Ils ont travaillé tous les jours (sauf le week-end et le mercredi qu’ils ont férocement négocié) de 9h à 12h et quand le travail n’était pas fini, ils le terminaient l’après-midi ou le lendemain. Je ne suis vraiment pas commode avec eux et peut-être que parfois ils aimeraient bien que je leur lâche un peu la grappe mais j’espère qu’il ne m’en voudront pas et surtout que cette régularité “forcée” sera bénéfique pour eux.

Et puis, cette fois-ci, tout le monde était logé à la même enseigne et les petits copains de classe soumis au même régime. Ils ont beaucoup communiqué et ils ont ainsi réussi à garder le contact encore plus facilement que pendant le voyage.

CONCLUSION

Au final, même si nous sommes des voyageurs dans l’âme et même si nous avons la bougeotte, nous avons plutôt bien vécu ce confinement forcé. Notre expérience passée a fait que nous nous sommes rapidement adaptés et que nous avons trouvé notre rythme de croisière assez vite.

Et surtout, on se dit tous les jours qu’on a eu beaucoup de chance de partir l’année dernière! On a pu profité de notre voyage et vivre notre rêve jusqu’au bout ce qui n’aurait malheureusement pas été possible si nous étions partis cette année. Donc merci à la petite étoile qui brille au-dessus de nos têtes.

J’espère que le confinement s’est bien passé également de votre côté et que vous allez tous bien. Prenez-soin de vous, respectez les gestes barrières (not sponsored!) et à très bientôt pour de nouvelles aventures.

D’ici là, portez-vous bien.

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LE MEILLEUR RESTE A VENIR

On y est. Aujourd’hui, c’était le dernier jour d’école pour les petits comme pour les grands et c’est toute pétrie d’émotions que j’ai récupéré Malie à la sortie des classes. En effet, sa maîtresse et ses petits camarades lui avaient organisé un goûter surprise et l’ont gâtée de multiples mots et dessins. Mais ce qui l’a encore plus touchée, c’est la « douche de compliments », un moment qu’elle attendait avec impatience depuis longtemps, un moment au chacun vient lui glisser à l’oreille une gentillesse. Elle en avait presque les larmes aux yeux en sortant et les miens n’étaient pas loin de se remplir non plus quand j’ai vu mes deux enfants sortir de l’école, entourés de leurs camarades, chacun se pressant pour avoir le privilège de les tenir par le cou. Au moment des aurevoirs, pas de jalousie, pas d’aigreur. Je n’ai vu que des yeux et des sourires sincères qui disaient « vous avez de la chance, profitez-en bien » et qui souhaitaient « bon voyage » avec une sincérité et une candeur propres aux enfants de leur âge. La veille, c’est Téva qui avait été mis à l’honneur dans sa classe. Pour lui aussi, un goûter surprise avait été organisé et il s’était vu offrir un joli dessin et un marque-page signé de tous ces camarades et de sa maîtresse. Tous deux furent extrêmement touchés et je suis vraiment reconnaissante envers tous les parents, les enseignantes et les camarades de classe qui ont fait de ce départ une véritable fête. Je ne sais pas s’ils liront ces lignes un jour mais je les en remercie chaleureusement. Ce sont des choses qui comptent dans une vie.

Les « grands » aussi ont fait leurs adieux ce soir. Nico a payé un pot à ses collègues et tout le collège était là pour dire au revoir à son surfeur des garrigues. Il était à la fois heureux et surpris de voir autant de monde présent pour lui.

Quant à moi, fidèle à ma sauvagerie légendaire, je me suis contentée de faire la bise aux quelques personnes encore présentes au lycée un vendredi soir. Mais, notez le progrès, j’ai quand même laissé un mot au tableau de la salle des profs (on avance…). Certains, lundi matin, vont se demander « qui c’est celle-là? », d’autres se diront « je ne savais même pas qu’elle partait » et une autre enfin prendra pour poste et mon casier pour le reste de l’année. Et dans mon casier justement, cette petite « boîte aux lettres » souvent à l’image de notre personnalité, j’y ai trouvé une délicate attention qui m’a beaucoup touchée. Une de mes collègues d’anglais, Horia avec un O pour ne pas la citer, y avait glissé un petit cadeau fait maison. En effet, en plus d’être prof d’anglais, Horia  a des talents de couturière et a confectionné une série de 4 étiquettes pour nos bagages. Pratiques, les étiquettes sont également adorables. Et de cette façon, elle sera toujours un peu avec nous.

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Et puis il y a aussi tous nos généreux bienfaiteurs, qui nous ont donné un petit coup de pouce sur le site globe dreamers. Un grand merci à vous tous. Les temps sont durs pour tout le monde et que vous choisissiez de consacrer une partie de votre budget pour nous aider, ben nous on trouve ça formidable et ça nous fait chaud au coeur. Le projet restera sur la plateforme globe dreamers pendant deux mois encore. Alors, si le coeur vous en dit…

En tous les cas, un grand merci à tous pour vos gentils messages, vos retours positifs, vos petites et grandes attentions (merci pour les chocolats et les culottes panda!). Merci d’avoir envie de nous suivre dans cette aventure. C’est important dans un projet comme celui-là de se sentir soutenu.

Alors, préparez vos bagages. Sortez vos passeports. Le décollage est imminent mais …

L’AVENTURE A DEJA COMMENCE…

To be continued…